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mardi, 15 juin 2010 05:31

Programme 23

Au fil des programmes du magazine « Architecture persane », nous avons traversé les dédales de l’histoire, nous nous sommes plongés dans ces temps immémoriaux, nous avons voyagé dans l’espace et le temps, pour vivre les instants précieux que les ingénieux architectes iraniens ont figé dans la pierre et le rocher, dans la brique et le pisée, dans la céramique et la mosaïque, pour ériger les majestueux édifices que les aléas du temps n’ont pas pu faire disparaître, quoiqu’ils portent sur leur corps les stigmates que l’ont leur infligés les éléments naturels, mais aussi, la main humaine. Nous avons revu, dans nos précédents programmes, les différents styles architecturaux iraniens. Selon le professeur Mohammad Karim Pirnia, le dernier et sixième style architectural iranien est celui d’Ispahan, qui a été en vogue du 10ème au 13ème siècles de l’hégire (XVIe au XIXe siècles de l’ère chrétienne). Contrairement à son nom, ce style n’a pas pour berceau Ispahan, étant né, en Azerbaïdjan, mais sa floraison se fit à Ispahan où se trouvent ses plus beaux chefs-d’œuvre. C’est aux Safavides que nous sommes redevables du style d’Ispahan. Les Safavides étaient d’origine azérie, leur ancêtre Cheikh Saffi al-din d’Ardabil vivait au nord-ouest de l’Azerbaïdjan. Les Safavides ont su conforter, en Iran, les bases d’un gouvernement national ; ils ont propagé le Chiisme et sont à l’origine d’un essor économique, commercial, artistique et culturel, dans tout le pays. Tabriz fut leur première résidence; plus tard, ils choisirent Qazvin, et, enfin, vers la fin du XVIe siècle, Ispahan, qui deviendra, sous Chah Abbas, une des métropoles les plus brillantes de l’Orient, où vont, une fois encore, se mobiliser, au XVIIe siècle, toutes les énergies créatrices. La nouvelle dynastie entretient d’étroites relations avec la Chine, mais aussi, avec les cours princières d’Europe, rapports qui influeront, nécessairement, sur le développement artistique. Le point d’orgue de l’art safavide, l’architecture, suit le schéma et les règles anciens. Le plan à quatre iwans avec au milieu une cour centrale s’appliquait sur de grandes surfaces, pour, ainsi, permettre aux architectes de figer dans la pierre, la brique et la mosaïque, toute leur fantaisie, leurs innovations et leur créativité. La fréquence des éléments comme des arcs brisés est remarquable dans les œuvres du style d’Ispahan. Le mausolée du Cheikh Safi, le fondateur de la dynastie safavide, à Ardabil, est un des monuments funéraires les plus originaux de cette ère. Commencé au XVIe siècle, le mausolée du Cheikh Safi a été achevé vers le milieu du XVIIe siècle. Ce complexe architectural est accessible par une vaste esplanade et une longue cour-jardin. Il comprend la mosquée ancienne, une construction octogonale sur seize colonnes de bois, le mausolée, situé à angle droit de l’oratoire, la chambre sépulcrale, ainsi qu’une salle de prière, enfin, un édifice à coupole centrale, la Maison de Porcelaines, où était conservée la vaisselle d’apparat du sanctuaire. Les pièces étaient exposées dans des niches alignées sur un échafaudage de bois appliqué contre les murs sous forme de revêtement, un système de décorations, qui, en raison de la passion grandissante pour les collections, jouissait, aussi, d’une grande faveur dans les palais. La mosquée safavide la plus grandiose est indéniablement la Grande Mosquée d’Ispahan, située sur la célèbre place Naqsh-e Jahan, à Ispahan. Conformément à l’esthétique constructive régnant dans cette période tardive, la structure architectonique est très déliée, et les quatre iwans, entre lesquels sont implantées des cours rectangulaires étirées dans le sens de la longueur, sont devenus des bâtiments à coupole autonomes. D’une splendeur inouïe et d’une abondance variée de décors presque déroutante est la mosaïque de faïence, principalement, dans la décoration de l’iwan d’entrée, sur les puissantes façades du porche et sur les voûtes de l’intérieur, où domine le bleu. La grande madrasa du Chah Sultan Hossein, bâtie, en 1710, est implantée sur le Tchahar Bagh, les Quatre Jardins, une gigantesque promenade bordée de platanes et agrémentée d’un canal. Le Tchahar Bagh est relié à un grand caravansérail. Il suit, également, le schéma typique de la madrasa à deux étages de cellules reliant les quatre iwans, mais adopte, en même temps, de la mosquée à iwan, la grande salle à coupole disposée derrière l’iwan principal. Simultanément, des passages partant des angles de la cour conduisent à quatre courettes, entourées, de leur côté, de cellules d’habitation. Dans les proportions, les formes particulières et la décoration de carreaux de faïence, ce monument se classe encore avec les sommets de l’architecture safavide. L’admiration est, surtout, éveillée par le revêtement de carreaux, sur fond turquoise du dôme, dont le tambour, percé de claires-voies de faïence, est décoré d’une monumentale écriture coufique, alors que l’extrados de la coupole même est recouvert d’un décor de rinceaux en forme spirale d’arabesques, en blanc avec des lignes de contour bleu foncé, d’où se détachent avec une rare puissance d’effet des motifs floraux et foliacés jaune d’or. Entre les deux zones, la transition est assurée par une frise épigraphique, qui place, de manière extrêmement décorative, plusieurs rangées d’écriture tholth en blanc sur fond bleu. D’un point de vue d’urbanisme, un charme unique se détache de l’imposante place Naqsh-e Jahan, dans le centre de la ville, place qui s’entoure d’une suite ininterrompue d’arcades à deux étages, et dont les quatre côtés reçoivent les puissants accents des impressionnantes architectures de porches de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Cheikh Lotfollah, du bazar et de Ali Kapou. Au sud de la grande place Naqsh-e Jahan s’étendent les jardins du palais, dans lesquels, sont situés d’autres pavillons. Le plus célèbre est la monumentale salle du trône de Chah Abbas 1er, appelé Tchehel Sotoun, les quarante colonnes, détruite par un incendie, mais reconstruite au XVIIIe siècle. Tenant de l’iwan, la salle d’audience de jour est flanquée, de part et d’autre, d’une pièce close et prolongée par une salle transversale à triple coupole, une distribution qui est une réminiscence des palais sassanides. La salle du trône est précédée d’un vestibule à colonnade, lequel donna son nom à l’édifice. Ses quarante colonnes sont, toutefois, un savant trompe-l’œil de l’architecture, qui en éleva, en réalité, vingt, mais les fit se refléter dans la longue pièce d’eau aménagée devant l’ensemble.  
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