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mardi, 15 juin 2010 05:20

Programme 22

Au fil de ces vingt programmes du magazine « Architecture persane », nous avons traversé les dédales de l’histoire, nous nous sommes plongés dans ces temps immémoriaux, nous avons voyagé dans l’espace et le temps,
pour vivre les instants précieux que les ingénieux architectes iraniens ont figé dans la pierre et le rocher, dans la brique et le pisée, dans la céramique et la mosaïque, pour ériger les majestueux édifices que les aléas du temps n’ont pas pu faire plier, quoiqu’ils portent sur leur visage les stigmates qu’ont leur infligés les éléments naturels, mais aussi, la main humaine.

Nous avons revu ensemble les différents styles architecturaux iraniens. Selon le professeur Mohammad Karim Pirnia, le dernier et sixième style architectural iranien est celui d’Ispahan, qui a été en vogue, du 10ème au 13ème siècles de l’hégire (XVIe au XIXe siècles de l’ère chrétienne). Contrairement à son nom, ce style n’a pas pour berceau Ispahan, étant né en Azerbaïdjan, mais sa floraison fut à Ispahan où se trouvent ses plus beaux chefs-d’œuvre. C’est aux Safavides que nous sommes redevables du style d’Ispahan.

Les Safavides étaient d’origine azérie; leur ancêtre Cheik Saffi al-din d’Ardabil vivait au nord-ouest de l’Azerbaïdjan. Il était un grand mystique avec de nombreux disciples. Le roi Ismaël, un de ses petits-fils, mena de nombreuses incursions et jeta les bases du gouvernement de la dynastie safavide qui régna de 1502 à 1736 sur un vaste royaume. Ce fut à son époque, que le Chiisme, une grande école islamique, fut proclamé la religion officielle de l’Iran.

Les Safavides ont su conforter, en Iran, les bases d’un gouvernement national ; ils ont propagé le Chiisme et sont à l’origine d’un essor économique, commercial, artistique et culturel dans tout le pays. Tabriz fut leur première résidence; plus tard, ils choisirent Qazvin, et, enfin, vers la fin du XVIe siècle, Ispahan, qui deviendra, sous Chah Abbas, une des métropoles les plus brillantes de l’Orient, sur laquelle vont se concentrer, une fois encore, au XVIIe siècle, toutes les énergies créatrices. La nouvelle dynastie entretient d’étroites relations avec la Chine, mais aussi, avec les cours princières d’Europe, rapports qui influeront nécessairement sur le développement artistique.

 

Le point d’orgue de l’art safavide, l’architecture suit le schéma et les règles anciens. Le plan à quatre iwans avec au milieu une cour centrale s’appliquait sur de grandes surfaces, pour ainsi permettre aux architectes de figer dans la pierre, la brique et la mosaïque, toute leur fantaisie, leurs innovations et leur créativité. La fréquence des éléments, comme des arcs brisés, est remarquable dans les œuvres du style d’Ispahan. Les architectes manifestaient un grand engouement pour l’alternance des espaces pleins et vides, ce qui caressait l’œil tout en préservant proportion et symétrie. Les bassins, les jardins et les cours plates insérées au milieu des bâtiments étaient les espaces vides que les architectes de cette époque utilisaient avec art pour aérer la masse des constructions. Ce plan leur servait aussi bien dans l’architecture funéraire que palatiale.

La distance entre le plafond et le sol était envisagée, dans le style d’Ispahan, de sorte que les espaces vides, dont les fenêtres et les décorations internes, renforcent l’harmonie du monument. Les architectes favorisaient à travers des jeux de lumière, un éclairage tamisé et des clair-obscur qui inondaient l’ambiance d’une sérénité indescriptible. Ali Kapou cristallise cette manifestation de l’heureux mariage de l’art et de l’industrie de l’époque safavide. Dans ce Ali Kapou qui tient de palais, s’est conservé un de ces gracieux pavillons typiques de l’architecture palatiale safavide ; avec l’aérienne légèreté de son étage supérieur reposant sur de minces colonnes de bois, et sa fameuse décoration intérieure, ce monument subjugue le spectateur. Du haut de cette élégante tribune, le roi assistait, avec sa suite, aux jeux de polo, aux courses et aux autres divertissements de cour qui se déroulaient sur la vaste esplanade. Dès que le visiteur pénètre dans le vestibule, il reste saisi par l’abondance et la diversité des fresques, qui recouvrent tout l’intérieur jusqu’aux combles. D'une manière impressionnante et à la façon d’un décor disséminé de tapis, une peinture de « mille fleurs » et de graciles figures zoomorphes, avec des vases et des médaillons centraux, est distribuée sur la surface à décorer, alors que dans les étages supérieurs dominaient des personnages de cour, figures, qui, si elles sont partiellement détruites, témoignent, néanmoins, de l’élégance de style des miniatures safavides. Les murs étaient, aussi, revêtus, en partie, d’un échafaudage de bois avec des niches en forme de vases, appareil destiné à recevoir des récipients de toute sorte.

 

L’architecture safavide ne se limitant pas à ce gracieux pavillon, nous vous en parlerons, dans la prochaine édition de l’Architecture persane. Merci de votre fidélité.

 

 

 

 

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