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vendredi, 11 juin 2010 16:39

Programme 21

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport.
Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Accompagnez-nous dans ce voyage merveilleux, à travers l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre.

 

Au fil des pages du chapitre de l’architecture postislamique, nous étions arrivés à l’époque des Ilkhanides, les successeurs de Gengis Khan et de Holâkû Khan, qui avaient dévasté sur leur chemin le plateau iranien, n’y laissant, dans leur sillage, que des monceaux de cadavres et de ruines. Or, les Ilkhanides se révélèrent de véritables mécènes, contribuant, largement, à la floraison des arts, notamment, l’architecture. A cette époque, tandis que l’architecture des mosquées et de madrasa perpétue la tradition seldjoukide, la construction funéraire, elle, assiste à une accentuation de la coupole, qui détermine, maintenant, l’extérieur même des édifices, qui affichent, surtout, une tendance prononcée à la verticalité. Des formes nettement baroques sont données aux tours funéraires. Le majestueux et imposant dôme de Soltanieh, à Zanjan, cristallise à lui seul, la quintessence de cette architecture sublime et raffinée.

Or, le plateau iranien et ses villes s’étaient à peine redresser de l’invasion de Gengis Khan, et les stigmates s’étaient à peine cicatrisés, qu’une autre incursion mongole déferla, rasant tout ce qui se trouvait sur son chemin. Le sang coulait à flot, au Khorasan, au Fars, en Transoxiane, dans les régions centrales et septentrionales du plateau iranien. Il s’agissait de Tamerlan et de son armée innombrable qui semaient, là où ils faisaient irruption, la terreur, n’y laissant qu’un paysage de désolation, l’horreur à perte de vue ! Après avoir conquis différentes villes iraniennes, Tamerlan fonda son royaume, avec pour capitale, Herat, en Transoxiane. Quoiqu’un farouche guerrier, Tamerlan manifestait de l’engouement pour les arts. Il fit immigrer, en Transoxiane, toute une foule d’artistes et d’artisans les plus chevronnés, avec toute leur famille, et transforma Herat en foyer des arts, notamment, l’architecture.

Nonobstant, les annales de l’histoire relatent de terribles récits sur ceux qui avaient reçu des commandes de la part de Tamerlan. A titre d’exemple, relatons-en une anecdote : lorsque Tamerlan visita une mosquée, bâtie, sur son ordre, à Samarkand, il constata que la porte d’entrée était très basse. Sur son ordre, on rasa la mosquée et tua son architecte, et en une semaine, on rebâtit une autre à sa place. Néanmoins, ce climat de terreur n’intimida pas les artistes et les architectes qui créèrent des chefs-d’œuvre.

 

Ce fut dans une telle ambiance que le nouveau style mongol vit le jour et arriva à sa pleine apogée, à l’époque des successeurs de Tamerlan, les monarques timourides. Mosquées et madrasa continuent à s’inspirer du schéma traditionnel à quatre iwans. Mais des formes nouvelles s’annoncent. A titre d'exemple, citons un édifice datant de l’apogée de l’architecture timouride, la mosquée de Gohar Shad, dans le sanctuaire de l’Imam Reza – béni soit-il – à Machhad, qui fut érigé, en 1418, et construite par l’architecte de la cour du roi timouride Chahrokh Qawameddin de Chiraz. Cette mosquée séduit par l’harmonie de ses proportions et par la mosaïque de carreaux d’une splendeur chromatique raffinée, faisant atteindre l’art du lambrissage à sa plus haute perfection. Parmi les innovations offertes par ce majestueux monument, il convient de mentionner le porche en saillie, exceptionnellement haut.

La madrasa timouride la mieux conservée est celle de Khargerd, bâtie, en 1414, par le même architecte. L’édifice montre des modifications du schéma de base, ainsi qu'un iwan principal en avancée, tenant de l’abside, des pièces à coupole dans les angles, et un vestibule avec trois pièces à coupole, cantonné par deux minarets. Les murs, la cour, la façade du porche et les iwans sont intégralement revêtus de carreaux de céramique émaillée, d’un minutieux décor, et la salle monumentale à coupole garnie de stalactites peintes.

 

Parallèlement au schéma à quatre iwans, s’affirme, aussi, une innovation technique, la pure ordonnance à coupole centrale, cependant, sans cour, dont l’exemple le plus célèbre est la mosquée bleue de Tabriz du milieu du XVe siècle, un édifice qui doit son nom au fond brillant, couleur bleu cobalt, de sa splendide chape de mosaïque de faïence, assemblée avec une exceptionnelle maîtrise. La salle à coupole centrale était contrebutée par des pièces à coupole de dimensions plus modestes, et se prolongeait par une chambre sépulcrale pareillement voûtée.

Toute la splendeur de l’empire timouride était rassemblée à Samarkand, la nouvelle métropole qui avait relayé Tabriz. Par sa seule position géographique, au point d’intersection des principales voies de communication vers l’Inde, la Perse et les territoires sous domination turque, elle était prédestinée au rôle de capitale mondiale et devint sous Tamerlan la place de commerce la plus importante du continent. De plus, l’extraordinaire fertilité du sol, encore augmentée par un système d’irrigation des plus savants, monté par les ingénieux architectes iraniens, permettait le ravitaillement d’une énorme population. Les arts s’épanouirent, ainsi, au fil des années. Or, la réalisation culturelle la plus éblouissante de l’époque timouride est dans ses édifices. C’est de quoi nous vous parlerons, justement, dans la prochaine édition de l’Architecture persane.

 

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