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mardi, 08 juin 2010 19:44

Programme 19

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire.
Accompagnez-nous dans ce voyage merveilleux, à travers l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre.

Le chapitre consacré aux styles architecturaux postislamiques, en Iran, nous a parlé du style azéri dans l’architecture persane. La haute importance de l’architecture, dans la région de l'Azerbaïdjan, s’explique par la simple raison qu’elle a alimenté les styles architecturaux en vogue dans différentes parties du plateau iranien. Lorsque les Aryens sont descendus vers le plateau iranien et ont dépassé les massifs d’Aran, ils traversèrent, sur leur chemin, l’Azerbaïdjan, où ils purent admirer la finesse des colonnes en bois des iwans, les immenses souterrains et la splendeur des pavillons. Et lorsqu’ils se dispersèrent dans les différentes régions du plateau et s’installèrent pour de bon, ils appliquèrent ce mode de travail dans leurs constructions. L’architecture achéménide en est un exemple par excellence.

A l’époque ilkhanide, tandis que l’architecture des mosquées et des madrasa perpétue la tradition seldjoukide, la construction funéraire assiste à une accentuation de la coupole, qui détermine, maintenant, l’extérieur même des édifices, qui affichent, surtout, une tendance prononcée à la verticalité. Des formes nettement baroques sont données aux tours funéraires. La diversité de plans et l’abondance de l’ornementation stuquée augmentent, également, ainsi, dans le monument de Pir-e Bahram, construit, en 1303. Mais il faut aussi noter le commencement de l’afflux d’éléments chinois, de motifs floraux, de rubans de nuages, qui naissent d’un ornement chinois spongieux et de figures zoomorphes empruntées au bestiaire chinois. Le nouveau style est lisible sur les produits des potiers, par exemple, sur la céramique à reliefs lustrée de Kachan, qui prend un nouvel essor, alors que le vieux centre de production de Rey ne se relève pas des suites des incursions mongoles. Les motifs zoomorphes de l’Extrême-Orient, particulièrement, appréciés, sont le dragon et le phénix, qui surgissent partout, aussi, dans les arts du métal.

Au fil de l’histoire de l’architecture, les chercheurs ont montré comment l’architecture de l’Azerbaïdjan a influé sur l’architecture d’Ispahan. Les édifices bâtis, à l’époque, safavide traduisent cette influence. On pourrait y trouver les traces de l’architecture en bois et en colonne en vogue dans les villes azerbaïdjanaises, comme Bonab et Maraghah, dans les monuments d’Ispahan, transformant cette ville en un musée à ciel ouvert de ce style si raffiné. Le style architectural azéri représente un chantier approprié pour la manifestation de l’ingéniosité des architectes de cette région, notamment, la construction des dômes avec intrados et extrados. Le chercheur italien et ancien doyen de la faculté d’Architecture de Florence, Piero Sanpaolesi, qui avait mené de vastes recherches sur l’architecture iranienne, et, bien entendu, italienne, a écrit, notamment, un ouvrage sur l’influence du dôme de Soltanieh sur l’architecture italienne. A l’appui de ses recherches, le professeur Sanpaolesi développe, dans son livre, cette idée que le dôme de Soltanieh a inspiré les architectes italiens, dans la construction de la coupole de la cathédrale de Santa Maria del Fiore de Florence. Reprenons un extrait du livre du professeur Sanpaeloesi où il décrit comment l’art iranien s’est propagé partout dans le monde. « Grâce à leur persévérance, et à l’appui de leur foi et de leur grand talent, les Iraniens ont divulgué, dans le monde, des formes particulières, littéraires, poétiques, artistiques, notamment, les styles architecturaux classiques, ainsi que les techniques innovantes dans leur genre. A titre d’exemple, cette initiative dans la construction des coupoles en deux croûtes, l’extrados et l’intrados, avec des couches de briques en parallèle, et sans armature. Ce style a voyagé des milliers de kilomètres, depuis la ville de Soltanieh, pour débarquer, un siècle plus tard, en Florence, et se cristalliser dans la coupole de la cathédrale de Santa Maria del Fiore. Un véritable événement de déplacement dans les formes et techniques artistiques a, ainsi, été réalisé. » Toujours, d’après le professeur Sanpaolesi, on ne peut constater, avant la cathédrale de Santa Maria del Fiore, cette technique de construction, dans aucun lieu, en Italie.

Quels sont donc les traits saillants du dôme de Soltanieh ?

Octogonal, ce monument de 26 mètres de diamètre interne est couronné d’un majestueux dôme d’une base circulaire de 54 mètres de hauteur. L’intrados est couvert de mosaïques et de briques, tandis que l’extrados est couvert d’un manteau de céramiques et de briques. La couronne composée de huit petits minarets qui entourent l’imposant dôme, concrétise une initiative audacieuse, de la part de ses ingénieux architectes. Ce fut, en 1311, que Soltanieh bâti, par ordre de Oljaïtu, roi ilkhanide, fut inauguré, lors de cérémonies fastueuses. Ce monument funéraire où repose la dépouille du roi ilkhanide, se trouve à 30 km, à l’est de Zanjan.

Classé à l’UNESCO, il est, depuis plusieurs années, l’objet de restaurations importantes visant, notamment, à redonner son revêtement de faïence azurée à la coupole, tout en rajeunissant l’intérieur, d’ailleurs, occupé, par une forêt d’échafaudages qui n’enlève toutefois rien aux dimensions surprenantes du monument. Le monument comprend huit hauts iwans et une cinquantaine de pièces. La terrasse au deuxième étage avec ses plafonds magnifiquement décorés offre aux visiteurs un panorama à perte de vue.

 

 

 

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