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samedi, 05 juin 2010 05:26

18ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Accompagnez-nous dans ce voyage merveilleux, à travers l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre.
Dans le chapitre de l’architecture postislamique, nous avons fait connaissance avec les différents styles architecturaux qui furent en vogue, dès les premiers siècles de l’avènement de l’Islam, sur le plateau iranien. Nous avons passé en revue diverses époques, les Samanides, les Bûyides, les Ghaznavides, les Seldjoukides et les kharazamshahides. Quoique l’ère khârezmshahide ait été sous le signe l’Iran préislamique et de Rome, elle parvint, pourtant, à établir un art indépendant et son propre style architectural. L’architecture, sous le règne des Sultans khârezmshahides, se distinguait, surtout, dans la construction de citadelles et de fortifications, dont la citadelle de Toupragh, qui servait de siège à cette dynastie qui régna, du XIIe au XIIIe siècles, sur la Perse, la Mésopotamie, le Khârezm et une partie du Turkestan et du sous-continent indien.

Ce fut une époque de guerres et d’incursions, faisant planer le spectre de la terreur sur ce vaste royaume. Comme si cela ne suffisait pas, l’incompétence du dernier roi de la dynastie, le Sultan Mohammad Khârezm Shah, quoiqu’un grand guerrier, fit déferler l’invasion mongole sur ce territoire, rasant sur son chemin tout ce qui se trouvait à sa portée, n’y laissant, dans son sillage, que de la terre brûlée et des monceaux de cadavres. Et le Sultan Mohammad Khârezm Shah, dont le règne fut l’époque de grandes conquêtes et de guerres, n’eut d’autre choix que de s’enfuir et de se réfugier sur une île éloignée de la Caspienne. Il y mourût de chagrin et de maladie.

 

Ce fut donc au 7ème siècle de l’hégire, le XIIIe de l’ère chrétienne, que le royaume kharazmshahide s’effondra sous les sabots des chevaux des Mongols. On demanda à un derviche de Boukhara qui avait pu s’enfuir de raconter ce qu’il avait vu. Le derviche fut laconique : ils arrivèrent, ils brûlèrent, ils massacrèrent et ils s’en allèrent. Or, contrairement à ce qu’a dit ce derviche, ils ne s’en allèrent pas. Et ils fondèrent, sur le plateau iranien, une nouvelle dynastie, les Ilkhanides. En fait, ils se convertirent à l’Islam et embrassèrent la culture et les traditions iraniennes. Ils abandonnèrent leur tente et la vie nomade, pour s’installer dans des palais somptueux. Les Ilkhanides se révélèrent de véritables mécènes, contribuant à la floraison des arts sur le plateau iranien, surtout, dans le grand Khorasan, qui devint, encore une fois, le berceau de la culture et de l’art iraniens.

 

Holaku, fondateur des Ilkhanides, attaqua Bagdad et renversa le califat. Il fit de Maragha sa capitale et sous l’égide de son grand et érudit vizir iranien, Khajeh Nassir al-Din Tûsî, il fit revivifier l’art et la culture iraniens. Ce fut ainsi qu’avec la fusion des styles architecturaux anciens associés à ceux du sud et de l’ouest d’Iran, avec la prédominance de l’architecture de l’Azerbaïdjan, que naquit un nouveau style architectural, à cette époque, le style azéri.

Le style azéri a connu deux périodes :

La première période a vu le jour, lorsque Holaku choisit Maragha, pour la capitale des Ilkhanides, tandis que la seconde appartient aux Timourides, les descendants de Tamerlan.

A l’époque ilkhanide, tandis que l’architecture des mosquées et des madrasa perpétue la tradition seldjoukide, la construction funéraire assiste à une accentuation de la coupole, qui détermine, maintenant, l’extérieur même des édifices, qui affichent, surtout, une tendance prononcée à la verticalité. Des formes nettement baroques sont données aux tours funéraires. La diversité de plans et l’abondance de l’ornementation stuquée augmentent, également, ainsi, dans le monument de Pir-e Bahram, construit, en 1303. Mais il faut aussi noter le commencement de l’afflux d’éléments chinois, de motifs floraux, de rubans de nuages, qui naissent d’un ornement chinois spongieux et de figures zoomorphes empruntées au bestiaire chinois. Le nouveau style est lisible sur les produits des potiers, par exemple, sur la céramique à reliefs lustrée de Kachan, qui prend un nouvel essor, alors que le vieux centre de production de Rey ne se relève pas des suites des incursions mongoles. Les motifs zoomorphes de l’Extrême-Orient particulièrement appréciés sont le dragon et le phénix, qui surgissent, partout, aussi, dans les arts du métal.

 

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