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mercredi, 26 mai 2010 09:06

17ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport.
Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Accompagnez-nous dans ce voyage merveilleux, à travers l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre.

 

Dans les précédentes éditions du magazine "Architecture persane", nous avons parlé, dans le chapitre post-islamique, des premiers siècles de l’ère islamique, où la donne fut favorable à l’essor des sciences et des arts, faisant du plateau iranien, le berceau d’une renaissance, sur les plans, artistique et littéraire. Il va donc de soi que l’architecture, d’ailleurs, comme tous les autres arts de cette époque, vit, elle aussi, au rythme de cette renaissance. Nous avons parlé de l’architecture de l’époque seldjoukide, et nous avons dit que de même qu’un nouveau plan schématique, dans l’architecture des mosquées, l’Iran de l’époque seldjoukide voyait naître un nouveau type de minaret, qui témoignait, à son tour, d’une technique exemplaire de construction en briques. Il se distingue par un fût cylindrique qui s’élève sur une base le plus souvent octogonale, pour se terminer par un couronnement, en forme de pavillon ouvert. Les premiers témoins de cette nouvelle formule architecturale remontent au milieu du XIe siècle. L’architecture à iwan de l’époque seldjoukide a, aussi, donné naissance à de nombreuses mosquées, dont la Grande Mosquée d’Ispahan, que nous avons présentée, dans la précédente édition. Nous avons, aussi, dit que l’architecture funéraire avait, aussi, connu un grand essor, à l’époque seldjoukide. Le tombeau monumental construit pour les Sultans et les personnages puissants du pays occupe un rang privilégié dans l’architecture de cette période. Tous ces monuments sépulcraux ont en commun la coupole, mais la forme de soubassement et l’articulation extérieure varient.

 

Au déclin de l’époque seldjoukide, le royaume fut morcelé, et, au fil des années, des gouvernements locaux s’autoproclamèrent. Fondé par Qotb al-din Mohammad, la dynastie des Khârezmshahides en fut un, et elle régna du XIIe au XIIIe siècles, sur la Perse, la Mésopotamie, le Khârezm et une partie du Turkestan et du sous-continent indien. Ce fut une époque de guerres et d’incursions, faisant planer le spectre de la terreur sur ce vaste royaume. Comme si cela ne suffisait pas, l’incompétence du dernier roi de la dynastie, le Sultan Mohammad Khârezm Shah, quoiqu’un grand guerrier, fit déferler l’invasion mongole sur ce territoire, rasant, sur son chemin, tout ce qui se trouvait à sa portée, n’y laissant, dans son sillage, que de la terre brûlée et des monceaux de cadavres. Et le Sultan Mohammad Khârezm Shah, dont le règne fut l’époque de grandes conquêtes et de guerre, n’eut d’autre choix que de s’enfuir et de se réfugier sur une île éloignée de la Caspienne. Il y mourût de chagrin et de maladie.

Quoique l’ère khârezmshahide ait été sous le signe l’Iran préislamique et de Rome, elle parvint, pourtant, à établir un art indépendant et son propre style architectural. Les études du chercheur russe, S.P. Tolstov, font état d’un système d’irrigation et de méthodes architecturales qui se sont formés, tout au long des XII et XIIIe siècles, dans le royaume khârezmshahide. Il faut, cependant, évoquer les découvertes archéologiques et les textes des géographes, qui en donnent une date plus précise des antécédents de ce style architectural, remontant à la période achéménide.

 

L’architecture khârezmshahide se distingue, surtout, dans la construction de citadelles et de fortifications. La citadelle de Toupragh, le siège de cette dynastie, en est la manifestation, par excellence. Les travaux du chercheur russe Tolstov, dont les fouilles archéologiques avaient mis au jour des complexes de bâtiments datant de cette époque, furent couronnés par la découverte de toute une ville avec de nombreux documents sur la sculpture et la peinture. La citadelle de Toupragh est un complexe rectangulaire de 1380 et 1910 pieds, entouré d’un vaste fossé plein d’eau. Un pont jeté sur le fossé relie une petite forteresse à la muraille externe de la citadelle. Cette forteresse constitue l’entrée de la citadelle. Ce monument historique se distingue, surtout, par ses tours, de forme cubique et de différentes tailles qui y sont érigées. Dans les étages supérieurs de la citadelle, on a découvert des pièces frappées aux V et VIe siècles de l’ère chrétienne.

La partie principale de la citadelle, destinée à la résidence des rois khârezmshahides, servant aussi de siège de leur gouvernement, était bâtie sur deux étages avec de nombreuses pièces. Les pièces médianes qui étaient ornées de belles et imposantes statues, ainsi que de fresques, étaient, exclusivement, consacrées aux invités de la cour. Les salles secondaires, les chambres et les couloirs étaient, aussi, embellis, par des fresques en couleur. Parmi les statues, figurent, notamment, celle d’une femme qui porte des fruits, ainsi que deux joueurs de harpe, inspirées de l’art européen.

 

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