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mercredi, 26 mai 2010 08:57

16ème partie

16ème partie Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport.
Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Accompagnez-nous dans ce voyage merveilleux, à travers l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre.

Dans les précédentes éditions du magazine "Architecture persane", nous avons parlé de l'architecture postislamique. Aux premiers siècles de l’ère islamique, la donne fut favorable à l’essor des sciences et des arts, faisant du plateau iranien, le berceau d’une renaissance, sur les plans, artistique et littéraire. Il est donc normal que l’architecture, d’ailleurs, comme tous les autres arts de cette époque, vive, elle aussi, au rythme de cette renaissance. Nous avons parlé de l’architecture de l’époque seldjoukide, et nous avons dit que de même qu’un nouveau plan schématique dans l’architecture des mosquées, l’Iran de l’époque seldjoukide voyait naître un nouveau type de minaret, qui témoignait, à son tour, d’une technique exemplaire de construction en briques. Il se distingue par un fût cylindrique qui s’élève sur une base, le plus souvent, octogonale, pour se terminer par un couronnement en forme de pavillon ouvert. Les premiers témoins de cette nouvelle formule architecturale remontent au milieu du XIe siècle. L’architecture à iwan de l’époque seldjoukide a, aussi, donné naissance à de nombreuses mosquées, dont la Grande Mosquée d’Ispahan. Il s’agit de la plus vénérable mosquée de l’époque seldjoukide et c’est de quoi nous allons parler, dans cette édition du magazine "Architecture persane".

 

La Grande Mosquée d’Ispahan a été rebâtie par Malek Chah, en 1088/89, remontant à un sanctuaire du Xe siècle. Elle est construite en briques suivant une technique choisie, un matériau et un procédé qui caractérisent, d’ailleurs, l’architecture persane de cette époque, en général. Malgré les adjonctions et les remaniements, dont le monument fut l’objet, au cours des siècles, et qui bouleversent, en partie, son plan, le corps de bâtiment sud a été conservé, pour l’essentiel, dans l’état ancien, que ce soit dans une grande partie des voûtes, dans l’ensemble monumental des iwans avec le jaillissement vertical des deux minarets, ou dans la salle à coupole qu’on doit à Nezam ol-molk, le célèbre grand vizir du Sultan seldjoukide.

Ce pavillon est d’un effet très important et surprend, principalement, par ses dimensions en hauteur. Il tire sa note plus spécifique de ses puissants piliers tréflés, et s’anime des multiples combinaisons du système de niches – premier exemple conservé d’un parti architectonique devenu typique de l’époque seldjoukide – de la zone de trompes qui assure la transition vers la coupole. Implanté dans le même axe, mais en dehors de l’iwan d’entrée et beaucoup plus au nord, un second pavillon à coupole légèrement plus petit, dit le dôme de terre, appartient, également, à l’époque de Malek Chah. Sa destination première est incertaine et on sait uniquement qu’il a été édifié par Taj ol-Molk, le rival de Nizam ol-Molk, pour concurrencer les fondations de ce dernier. Son exécution témoigne de soins encore plus poussés que la salle à coupole de Nizam ol-Molk, surtout, dans la zone de trompes, qui obéit ici à une ordonnance constructive organiquement cohérente et qui se poursuit dans le soubassement par des niches aveugles richement profilées.

Dans la salle voûtée d’ogives située dans le dos de l’iwan ouest, on remarque une réalisation d’apparat de l’époque post-seldjoukide avec le mihrab de stuc du Sultan mongol Oldjaïtou Khodabandeh, qui remonte à l’année 1310, et dont le décor offre la liaison intime de spirales d’arabesques et d’écriture naskh. L’admiration ira également à l’étincelante polychromie des carreaux de revêtement des iwans, des minarets et des façades sur cour, en mosaïques de faïence émaillée du XVe et du XVIe siècle, lambrissages qui constituent des chefs-d’œuvre exemplaires de l’art des faïences persanes des époques timourides et séfévides.

L’architecture funéraire a, aussi, connu un grand essor, à l’époque seldjoukide. Le tombeau monumental construit pour les sultans et les personnages puissants du pays occupe un rang privilégié dans l’architecture de cette période. Tous ces monuments sépulcraux ont en commun la coupole, mais la forme du soubassement et l’articulation extérieure varient. On peut remarquer des tombeaux à coupole caractérisés, qui se déclarent, aussi, dans leur aspect extérieur, comme des constructions à coupole, et qui remontent, dans leur plan schématique carré, au mausolée samanide de Boukhara, donc, en dernière analyse, à la tradition architecturale sassanide, avec les monuments funéraires de l’Imam Mohammad Ghazali, mort en 1111, à Tous, et du Sultan Sandjar, à Merv, de l’année 1157, le premier avec articulation des façades par niches, entrée en forme d’iwan et tambour octogonal recouvrant la zone de trompes de l’intérieur, le second avec tambour double, c'est-à-dire galerie à jour et zone de niches aveugles sous calotte aplatie.

D’une nature totalement différente sont les tours funéraires, dont la coupole intérieure est masquée extérieurement par un toit conique. Elles se distinguent plus particulièrement par une construction sur deux étages, caractéristique qui est limitée en Perse, où elle se constate, dans l’Ouest du plateau iranien, par exemple, dans les mausolées de Maragha et de Hamadan. Le type de plan carré est, également, représenté parmi ces monuments turriformes, ainsi, avec le « dôme rouge » de Maragha, en Azerbaïdjan, de l’année 1147, édifice qui, à l’exemple du mausolée de Sandjar, offre une articulation de façade par niches, ainsi qu’un tambour octogonal.

Les soubassements de la grande majorité des tombeaux affectent, néanmoins, la forme cylindrique ou polygonale, qui est coiffée de la toiture conique, comme un bonnet. Pour le type cylindrique, on peut citer, parmi les monuments de l’époque d’antan seldjoukide, l’Imamzadeh Abdullah de Ladjim, au Mazandéran, ou le monument funéraire du Pir-e Alamdar de Damghan, à l’est de l’Iran. On peut, aussi, mentionner des exemples des prototypes seldjoukides du XIe siècle, dont le mausolée de Tchehl-Dokhtaran, les quarante filles, de Damghan, qui date de 1056. Toutes ces réalisations sont ornées très parcimonieusement de frises coufiques et de bordures à dessin géométrique. Avec le XIIe siècle s’annonce ici, aussi, comme on l’a déjà dit, dans l’évolution des minarets, un enrichissement des formes et de la décoration. Le type octogonal se manifeste dans un exemple somptueux très analogue de l’ouest de l’Iran : le Gombad-e Kaboud, ou le dôme bleu, de Maragha, bâti, en 1196. Ce monument s’articule par de hautes niches aveugles meublées de stalactites et comprend un couronnement de bordures coufiques avec une frise terminale de stalactites. Il est enveloppé d’un manteau de briques. Son décor d’une exceptionnelle richesse est constitué par un entrelacs géométrique à base de polygones, réseau de briques en relief, dans lequel, sont insérés, selon le mode d’ornementation sur deux plans superposés qu’on a rencontré pour la première fois chez les Ghaznavides, de petits motifs de palmettes en stuc ajouré. Un exemple seldjoukide classique de ce type d’édifice est conservé dans la tour funéraire de Ray, près de Téhéran, érigée, en 1139.

 

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