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mardi, 18 mai 2010 05:02

15ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art d’architecture, remontant loin dans l’histoire. Accompagnez-nous dans ce voyage merveilleux, à travers l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, "l’art de bâtir" et "l’art typographique", mais aussi, un art de vivre.   Dans les précédentes éditions du magazine "Architecture persane", nous avons parlé de l'architecture post-islamique. Aux premiers siècles de l’ère islamique, la situation se prêtait à l’essor des sciences et des arts, faisant du plateau iranien, le berceau d’une renaissance, sur les plans, artistique et littéraire. Il va donc de soi que l’architecture, d’ailleurs, comme tous les autres arts de cette époque, vit, elle aussi, au rythme de cette renaissance. Après le style khorasani de l’ère samanide, ce fut au tour du style architectural razi de faire ériger de prestigieux monuments, partout, en Iran. La dynastie ghaznavide, qui avait étendu son pouvoir sur le Grand Khorasan, le Turkestan occidental, mais aussi, sur l’Inde, accordait un intérêt tout particulier à l’architecture religieuse et palatiale. Et nous vous avons parlé de la grande mosquée de Ghazna, appelée « la Fiancée du Ciel », qui était pourvue d’une féerique décoration de pierre de taille et de marbre, rapportées par le roi ghaznavide de ses incursions en Inde. Aujourd’hui, c’est de l’architecture seldjoukide dont nous vous parlerons.   Les nomades seldjoukides ont déferlé d’Asie centrale et se sont installés sur le plateau iranien ; ils ont aussi réussi à conquérir les pays avoisinants. Les Seldjoukides choisissent pour résidence, après Neyishabour, Merv et Rey, la cité d’Ispahan, que les Iraniens appellent la « moitié du monde » et dont l’aspect féerique devait séduire et enchanter les voyageurs-écrivains, durant des siècles. Ce fut à cette époque que la construction de la madrasa, cet édifice spécialement destiné à la transmission du savoir, connut un grand essor. Pour le plan de cet établissement universitaire ou collège de savants, on s’inspira de l’architecture khorasani, laquelle s’ordonne suivant le schéma des quatre iwans ; ce plan se transmet, aussi, à la mosquée, et s’affirme, en partie, avec des variations dans l’architecture islamique. En Iran, ce schéma se distingue par une régularité classique des quatre iwans entourant une cour centrale et entre lesquels s’inséraient des cellules pour le logement des étudiants, le plus souvent, sur deux étages. L’architecture persane des mosquées à laquelle est transposée ce schéma, opte pour quatre salles voûtées en berceau s’ouvrant par tout un côté sur la cour. L’iwan sud se trouve accentué, non seulement par ses dimensions, sa monumentalité, mais, surtout, par son association avec un pavillon à coupole, une combinaison constructive dans laquelle revit l’architecture palatiale de l’époque sassanide. Simultanément, les iwans latéraux sont réduits. Et dans l’espace entre les iwans apparaît une façade articulée par des niches, derrière laquelle se situent les salles à piliers pour les fidèles.   De même qu’un nouveau plan schématique, dans l’architecture des mosquées, l’Iran de l’époque seldjoukide voit naître un nouveau type de minaret, qui témoigne, à son tour, d’une technique exemplaire de construction en briques. Il se distingue par un fût cylindrique qui s’élève sur une base le plus souvent octogonale, pour se terminer par un couronnement, en forme de pavillon ouvert. Les premiers témoins de cette nouvelle formule architecturale remontent au milieu du XIe siècle. A cette époque, les minarets ne sont pas que, parcimonieusement, décorés de bordures coufiques exécutées en mosaïque de briques, comme le minaret de la Mosquée Pamenar de Zaware, qui date de l’an 461 de l’hégire, 1068 du calendrier chrétien. Au XIIe siècle, la forme et le décor s’enrichissent. S’amincissant vers le haut, le fût est interrompu à plusieurs endroits par des galeries, sous lesquelles se placent des encorbellements de stalactites – ainsi que le minaret de Saraban – et se pare abondamment d’ornements géométriques. Un nouvel effet chromatique est obtenu par l’introduction de frises coufiques en émail turquoise, mode de décoration pour la première fois attesté sur la mosquée de Sin. A côté du minaret monumental édifié isolément, l’architecture persane assiste à la naissance des minarets jumeaux, qui se dressent en couronne au-dessus du portail ou derrière l’iwan principal. Parmi les plus anciens de ces minarets jumeaux, figurent ceux de la madrasa de Tabas. Le minaret cylindrique apparaît dans tout le Moyen-Orient. Souvent élevés sur une base carrée et couronnée d’une demi-coupole, ces minarets ont un effet saisissant par l’impression de puissance qui s’en dégage.   L’architecture à iwan de l’époque seldjoukide a donné naissance à de nombreuses mosquées, dont la Grande Mosquée d’Ispahan, celle de Golpaygan, de Zaware et d’Ardestan. Parmi ces édifices sacrés, celui de Golpaygane étonne par l’aspect intérieur de son dôme assis sur un haut tambour octogonal. Dans la forme aplatie de la calotte, l’articulation nervée et le bandeau décoratif adjacent avec des dessins losangés, cristallisent une réminiscence de la tente circulaire. La Grande Mosquée de Golpaygan intéresse, aussi, sous un autre rapport. Ce sanctuaire a, en effet, conservé le plus ancien mihrab de l’époque seldjoukide, d’un type étonnamment plat. Il est déterminé par un haut cadre rectangulaire, qui enveloppe la niche intérieure, laquelle est déterminée, à son tour, par un étagement de deux niches jumelles superposées. Il s’agit d’un authentique chef-d’œuvre de mosaïques de briques si spécifiquement persanes ; son charme provient essentiellement des bordures coufiques, avec des entrelacs serrés.  
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