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lundi, 03 mai 2010 03:59

12ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Quels sont les styles architecturaux, en Iran antique et Iran postislamique ? Où en est l’architecture moderne iranienne ? Quelles sont les caractéristiques des constructions en Iran ? Ce sont autant de questions, parmi tant d’autres, auxquelles nous essaierons de répondre, à travers les différents chapitres de la série de programmes Architecture persane. C’est donc à un voyage merveilleux que l’Architecture persane vous invite, un voyage, dans l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre. Nous avons dit, dans les précédents programmes, qu’avec l’avènement de l’Islam, la donne changea, aussi bien, sur l’échiquier politique, que sur la scène des arts. L’Islam et ses enseignements édifiants se répandirent, partout, dans la péninsule arabique, pour s’universaliser, ensuite, dépassant les frontières de la péninsule, et se propager dans cette aire aussi vaste que l’on appelle, aujourd’hui, le monde de l’Islam. Et nous avons parlé de l’épanouissement d’une grande et brillante civilisation basée sur les principes et les enseignements islamiques. 1.400 ans se sont, maintenant, écoulés, depuis l’avènement de l’Islam, en Iran. Dès les premiers siècles, la sainte religion a profondément imprégné ce pays ancien, dans tous ses aspects, notamment, l’architecture. Au premier siècle de l’hégire, VIIe de l’ère chrétienne, le style du Khorasan dominait l’architecture iranienne et cela, jusqu’au 4ème siècle de l’hégire (Xe siècle). En effet, les documents et les textes historiques sont clairs, lorsqu’ils affirment que cette vaste aire qu’on appelait le Grand Khorasan était, à cette époque, le berceau des développements culturels et littéraires. Si l'on examine avec plus d’attention l’architecture des monuments restés de cette époque-là, on pourra y constater des traits communs. L’architecture s’inspirant des valeurs islamiques se consacrait plutôt au peuple et à son quotidien, quoique l’on remarque ce penchant chez l’architecture parthe. Or, ces valeurs se sont davantage manifestées, à l’époque postislamique. Le style architectural du Khorasan avait presque gelé la construction des édifices somptueux et colossaux; à leur place, les monuments devenaient plus simples et plus austères. Le monument phare de l’architecture iranienne est la mosquée. Les premières mosquées bâties, en Iran, étaient calquées sur le plan de la mosquée du Prophète à Médine. Nous vous avons parlé des manifestations de l’architecture islamique, aux premiers siècles de l’hégire, dont la mosquée de Fahraj, près de Yazd. Aujourd’hui, nous vous présenterons une autre mosquée très ancienne du style architectural dit Khorasani. Mais avant, quelques repères, pour mieux situer cet art, dans son contexte géographique, et, surtout, historique. Ce fut, en 874, que la famille Saman, les futurs Samanides, ont constitué leur royaume englobant l’Iran oriental, le Khorasan et la Transoxiane, avec pour résidences, Boukhara, Samarkand et Neychabour. Les Samanides, qui affirmaient, nominalement, leur allégeance au Califat de Bagdad, gouvernaient, en fait, de manière autonome. Indubitablement, l’ère samanide ouvre l’une des plus brillantes époques de l’histoire politique et culturelle de l’Iran. De grands savants et hommes de lettres érudits, tels que Abou Nasr Farabi, Abou Nasr Eraki , Rudaki (père de la poésie persane), Ferdowsi (chantre de la poésie épique persane)… y ont vu le jour ; de grands hommes, dont chacun a sa part, dans la fondation de cet immense monument de sciences et de la littérature qui s’est érigé en Iran, voire, dans le monde, mais qui ont aussi su revivifier la culture et la civilisation de l’Iran ancien et les développer dans le cadre des bases de la pensée islamique. A 340 km, à l’est de Téhéran, dans la ville ancienne de Damghan, se dresse une très ancienne mosquée qu’on appelle Târîkhaneh Damghan. Elle s’érige sur un plan simple et austère de salle de prière carrée. Le plafond est plus bas que celui de la mosquée de Fahraj, mais les traits caractéristiques de l’architecture sassanide y sont plus manifestes. A titre d’exemple, on peut mentionner le revêtement du plafond, les petits écoinçons dans les murs et certaines représentations que l’on retrouve dans les créneaux de Persépolis. Il est relaté, dans les textes historiques, qu’il y avait des catacombes sous la mosquée permettant à la population de s’y abriter en temps de guerre et des invasions. Mais, aujourd’hui, les traces de ces catacombes sont presque perdues. De tels indices montrent que l’appellation arabe attribuée par certains orientalistes à l’architecture persane n’est pas juste. En fait, l’architecture persane de ces premiers siècles, après l’avènement de l’Islam, était alimentée par les idées islamiques, tout en restant imprégnée par le style architectural sassanide; d’autant plus que les peuples avoisinants, dont les Turcs et les Arabes, qui n’avaient pas, à cette époque, de très longs antécédents, dans le domaine de l’architecture, n’étaient pas en mesure d’influer profondément sur l’architecture d’un pays de plusieurs millénaires. Le style architectural dit Khorsani resta en vogue, jusqu’à la fin du règne des Samanides, 999 de l’ère chrétienne, en Iran, notamment, au Khorasan et dans le centre iranien. Les grandes mosquées d’Ispahan, de Naïn, d’Ardestan et de Tabriz sont des exemples, par excellence, de monuments bâtis dans le style Khorasani. Avec le déclin du style architectural khorasani, quel sera donc le style qui saura intéresser les architectes iraniens ? C’est de quoi nous vous parlerons, dans la prochaine édition du magazine consacré à l’architecture persane.
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