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mardi, 27 avril 2010 18:49

11ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Quels sont les styles architecturaux en Iran antique et Iran postislamique ? Où en est l’architecture moderne iranienne ? Quelles sont les caractéristiques des constructions en Iran ? Ce sont autant de questions, parmi tant d’autres, auxquelles nous essaierons de répondre, à travers les différents chapitres de la série de programmes Architecture persane. C’est donc à un voyage merveilleux que l’Architecture persane vous invite, un voyage, dans l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre. ________________________ « L’architecture est le jeu, savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière. » C’est en ces termes que l’architecte contemporain français, Le Corbusier, définit son métier et pour qui l'art de l’architecture, « c’est formuler les problèmes avec clarté ». En d’autres termes, l’architecture, même pour une modeste maison ou barrière, repose sur la géométrie et les mathématiques ; pourtant, toujours, d’après Le Corbusier, l’architecture est plus que tout art proche de nous, quoique l'on oublie parfois de l’appeler art. A cette réflexion, on peut aussi ajouter ce point que l’architecture cristallise la manifestation de la pensée de l’architecte dans sa vision du monde et de l’homme. Les monuments bâtis par les hommes ont presque tous les mêmes matériaux, à savoir, la terre, l'eau, la pierre, le bois… mais ce qui leur a donné de la forme, ce sont l’esprit et la pensée de l’architecte, ses connaissances et son savoir. C’est dans cette perspective que nous ouvrons une autre édition du magazine "Architecture persane". Nous avons dit, dans les précédents programmes, qu’avec l’avènement de l’Islam, la donne changea, aussi bien, sur l’échiquier politique, que sur la scène des arts. L’Islam et ses enseignements édifiants se répandirent partout dans la péninsule arabique, pour s’universaliser, ensuite, en dépassant les frontières de la péninsule, et se propager dans cette aire aussi vaste que l’on appelle, aujourd’hui, le monde de l’Islam. Nous avons parlé de l’épanouissement d’une grande et brillante civilisation basée sur les principes et les enseignements islamiques. Aujourd’hui, nous vous parlerons des manifestations de l’architecture islamique aux premiers siècles de l’hégire. ________________________ 1400 ans se sont, maintenant, écoulés, depuis l’avènement de l’Islam, en Iran. Dès les premiers siècles, la sainte religion a profondément imprégné ce pays ancien, dans tous ses aspects, notamment, l’architecture. Au premier siècle de l’hégire, VIIe de l’ère chrétienne, le style du Khorasan dominait l’architecture iranienne et cela, jusqu’au 4ème siècle de l’hégire (Xe siècle). En effet, les documents et les textes historiques sont clairs, lorsqu’ils affirment que cette vaste aire qu’on appelait le Grand Khorasan était, à cette époque, le berceau des développements culturels et littéraires. Si l'on examine avec plus d’attention l’architecture des monuments restés de cette époque-là, on pourra y constater des traits communs. L’architecture s’inspirant des valeurs islamiques se consacrait plutôt au peuple et à son quotidien, quoique l’on remarque ce penchant chez l’architecture parthe. Or, ces valeurs se sont plus manifestées à l’époque postislamique. Le style architectural du Khorasan avait presque gelé la construction des édifices somptueux et colossaux; à leur place, les monuments devenaient plus simples et plus austères. ________________________ Le monument phare de l’architecture iranienne est la mosquée. Les premières mosquées bâties, en Iran, étaient calquées sur le plan de la mosquée du Prophète à Médine. Comme nous l’avons dit, dès que le prophète de Dieu s’installa à Médine, sa première démarche fut de désigner un endroit pour ériger la mosquée qui servirait de modèle aux autres dans les pays islamiques. Cette mosquée fut construite sur un terrain que le Prophète avait acheté à son propriétaire. Il bâtit la mosquée avec l’aide du peuple. Ce lieu fut le théâtre d'événements majeurs de l’histoire de l’aube de l’Islam et se transforma en lieu de rassemblement et de culte des Musulmans. La mosquée devint, ainsi, le lieu le plus sacré et le monument le plus important pour les Musulmans. Or, le plan identique des mosquées ne signifiait pas qu’il n’y avait pas de différences dans les détails et les façades des mosquées, dans différents pays islamiques. En substance, quoique de différents aspects, la mosquée, là où elle est érigée, a été bâtie dans un seul et unique objectif et elles se dirigent toutes vers une seule Qibla, la Maison de la Kaaba. Pour bâtir cette mosquée, le prophète fit venir des pierres de la plus proche montagne. On les utilisa dans la construction des murs qui furent élevés en empilant les pierres les unes sur les autres. La hauteur du mur de la mosquée était de la taille de l’homme le plus grand de Médine lorsqu’il levait ses bras vers le ciel. Cette salle de prière à demi couverte était presque un carré dont les ailes étaient de 65 /75m. Ce plan arriva, en Iran, et fut un modèle pour les mosquées que l’on y construisait. Ce plan austère évitait les espaces inutiles et les décorations futiles. Les matériaux étaient fournis du milieu même. ________________________ La mosquée de Fahraj, près de la ville de Yazd, en est un exemple par excellence. Le défunt Mohammad Karim Pirnia, architecte et, surtout, spécialiste de l’architecture islamique, a consacré un livre très documenté et très détaillé à cette mosquée. Il nous décrit, ainsi, la mosquée, lorsqu’il l’a visitée, pour la première fois, il y a cinquante ans : « Il y a longtemps, de retour de Bafq, le minaret de la mosquée de Fahraj qui se dressait au milieu d'un désert aride et immense a retenu mon attention. J’ai changé de route pour le voir de près. Et c’est ainsi que j’arrivai dans une bourgade. Au pied du minaret, les habitants de Fahraj s’étaient rassemblés et lorsqu’ils surent que j’étais un architecte et que je m’intéressais aux monuments anciens, ils me demandèrent de les aider, afin de connaître l’historique de cette mosquée. Il s’agissait d’une œuvre authentique, à la fois simple et belle, avec de grands carrés de pisée. Ses belles plâtreries enchevêtrées les unes dans les autres me firent, au premier abord, penser que ce monument appartenait à l’époque sassanide, mais le mihrab austère, la conception simple du bâtiment, dont on avait pris soin de l’orienter vers la Qibla, éliminèrent mes doutes; j’étais sûr que ce lieu était, dans les temps lointains, une mosquée. » Le plan de la grande mosquée de Fahraj est très simple. La salle de prière a trois portes d’entrée, dont la médiane est plus grande que les deux autres. Au nord de la mosquée, il y a quatre plates-formes qui communiquent les unes avec les autres par des couloirs. La toiture est faite de mi-dômes simples. Une spécificité de la mosquée de Faharj se voit dans les motifs des plâtreries couvrant les murs et qui rappellent ceux de l’époque sassanide.  
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