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dimanche, 21 mars 2010 10:45

7ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution à l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Quels sont les styles architecturaux en Iran antique et Iran postislamique ? Où en est l’architecture moderne iranienne ? Quelles sont les caractéristiques des constructions en Iran ? Ce sont autant de questions, parmi tant d’autres, auxquelles nous essaierons de répondre, à travers les différents chapitres de notre nouvelle série de programmes Architecture persane. C’est donc à un voyage merveilleux que l’Architecture persane vous invite, un voyage, dans l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, un art de vivre. ____________________ Notre itinéraire dans l’espace et le temps nous a, déjà, conduit à l’ère sassanide. Nous avons dit que l’architecture de l’ère sassanide se distinguait par ses propres caractéristiques, surtout, par l’engouement pour l’art rupestre et la sculpture. Les artistes de cette époque taillaient dans la roche même, ne craignant pas de réaliser leurs œuvres sur les hauteurs presque inaccessibles des montagnes. Les scènes d’investiture royale, des cérémonies de la cour, des banquets et de chasse étaient les thèmes à haute fréquence de ces bas-reliefs. Le réalisme, un design précis, aux dimensions nature caractérisent l’art sassanide. Les bas-reliefs peuplaient, désormais, différentes régions du vaste empire des Sassanides, notamment, le Fars, Kermanshah et l’Azerbaïdjan. Heureusement, l’identité des personnages des bas-reliefs nous est connue; ce que nous devons aux inscriptions qui couronnent les bas-reliefs, dévoilant en deux langues, le persan médian et le grec, le nom et le rang des protagonistes. &&&&&&&& Or, l’architecture sassanide ne se résumait pas aux seuls palais et bas-reliefs. Maison, temple du feu, caravansérail et citadelle représentent, pour les architectes de cette époque, de vastes chantiers, pour mettre à l’épreuve leur savoir-faire et leur art. Les temples du feu ont, après les palais, monopolisé, plus que tout autre édifice, l’intérêt des architectes sassanides. Ces monuments étaient voués aux cérémonies rituelles des Zoroastriens, le Zoroastrisme étant la religion officielle des Iraniens de cette époque. Le plan architectural des temples du feu se basait sur des principes spéciaux : il y a un foyer de feu toujours allumé et les cérémonies de culte y étaient célébrées, selon un code spécial. Le plan des temples du feu n’a presque pas changé, depuis l’antiquité. Même de nos jours, les Zoroastriens les bâtissent en toute conformité avec des principes anciens. Le plan des temples du feu de l’ère moderne est calqué sur celui qui est hérité de l’époque antique. ____________________ L'architecture sassanide comporte quelques éléments architecturaux remarquables. Les voûtes paraboliques sont typiques de l’architecture sassanide. Elles sont assez peu conformes aux idéaux antiques de symétrie, et, donc, employées presque uniquement, dans les salles utilitaires ou dans des pièces où elles ne sont pas perceptibles. Les iwans sont des halls voûtés ouverts, sur un côté, seulement, par une grande arcade. Ils utilisent la même technique de voûtement que les voûtes paraboliques. Les iwans étaient, déjà, utilisés, à l'époque parthe, et ils sont devenus un élément majeur de l'architecture sassanide. La coupole sur trompe constitue une grande avancée dans l'architecture sassanide. En effet, la coupole circulaire était, déjà, connue des Parthes et des Romains (rotondes), mais le passage du plan carré au plan circulaire n’est maîtrisé, pour la première fois, que chez les Sassanides. Ces coupoles sont souvent d’un diamètre élevé, atteignant 14 m, dès le règne d’Ardashir, dans son temple du feu. Le plan cruciforme est aussi un élément courant dans les constructions sassanides. Il existe, depuis le Ier millénaire av. J.-C., en Orient; sa provenance n'est pas encore connue. Les constructions à colonnes jouent un rôle secondaire dans l’architecture sassanide. Les minces colonnes de bois qui peuvent être enrobées de stuc sont une reprise des Achéménides. À partir du IVe siècle apparaissent des piliers carrés ou circulaires compacts et souvent cannelés. Les villes sassanides sont souvent fortifiées avec des murs et des bastions circulaires en argile ou en brique, tandis que les forteresses ont plutôt des murs de pierres. Les Sassanides développent un système assez typique de murs en forme de passage : les murs corridors, qui existaient, déjà, en Asie centrale, depuis l’âge du bronze. Ainsi, à Dastagird, sous Khosrow II, on trouve des murs de 16 m d’épaisseur, avec, à l'intérieur, un chemin de ronde et des meurtrières très profondes, ce qui les rend quasi inutilisables. Dans les sites montagneux, les accidents de terrain sont mis à profit, pour renforcer les murailles, mais dans les châteaux de plaine, remparts et fossés sont de mise, comme à Khandak-i Shapur. Les murs de briques sont recouverts de stuc, de peintures murales ou de bas-reliefs. La brique est aussi utilisée pour créer des éléments architecturaux ou décoratifs, tels les escaliers, frises à festons, rosettes, faux arcs, linteaux avec armature de bois… ____________________ Les décors de stuc ne sont connus que, depuis le début du XXe siècle, et leur étude présente de grandes lacunes, en raison de la multiplicité des décors et des nombreuses disparitions, notamment. Le plus ancien décor de stuc conservé de l’époque sassanide est celui du complexe de Shapur Ier, à Bishapur, qui contient des méandres, des rinceaux, des feuilles d'acanthe... Un peu plus tard, apparaissent des bustes de rois, dans le palais de Kish. Les décors de stuc sont très différents, selon les endroits : dans les palais, on trouvera, le plus souvent, de grandes compositions figurées et des bustes de rois, tandis que les maisons d'habitations seront plutôt revêtues de bustes ou encore de petites plaques animales, comme c'est le cas dans les découvertes de Ctésiphon. De même, ces ornementations ne se trouvent pas dans toutes les parties des bâtiments, mais, principalement, dans les iwans, les maisons d’habitation et les halls à piliers. La technique du stuc sassanide innove par rapport à la technique gréco-romaine : les artisans iraniens utilisent des moules pour l'élaboration de pièces, ensuite, mises côte à côte, et revêtent leur décor d'une polychromie non-naturaliste (couleur de fond bleu, motifs en rouge le plus souvent). On peut classer les motifs en trois grandes catégories : Primo, des enchevêtrements de rinceaux géométriques et floraux, s’entremêlant de manière de plus en plus complexe, au fil du temps, avec une diversification des motifs. Secundo, un répertoire figuré : bustes de rois, figures féminines (nombreuses) en pied ou en petits bustes et qui peuvent correspondre à des déesses. Tertio, des animaux, réels (oiseaux, chiens, lions, sangliers, éléphants, béliers, bouquetins, cerfs) et légendaires (griffons, chevaux ailés) ____________________ En substance, l’architecture sassanide est caractérisée par la construction de somptueux palais et de nombreux temples du feu. Les villes sassanides se sont développées suivant deux plans totalement différents : les villes rondes, que l’on dit orientales, comme Firuzabad, et les villes rectangulaires à quadrillage orthogonal, dites occidentales, comme Bishahpur. L’architecture sassanide a beaucoup contribué au développement de l’art de bâtir, et a influencé, non seulement, l’architecture de l’Islam, mais également, l’art chrétien. Son apport le plus marquant réside dans la construction d’une salle à coupole sur plan carré et de sa liaison avec l’iwan. L’emploi des arcs et des voûtes en berceau, typiques de l’époque parthe, se généralise.  
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