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lundi, 15 mars 2010 03:41

6ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Quels sont les styles architecturaux en Iran antique et Iran postislamique ? Où en est l’architecture moderne iranienne ? Quelles sont les caractéristiques des constructions en Iran ? Ce sont autant de questions, parmi tant d’autres, auxquelles nous essaierons de répondre, à travers les différents chapitres de notre nouvelle série de programmes Architecture persane. C’est donc à un voyage merveilleux que l’Architecture persane vous invite, un voyage, dans l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, l’art de vivre. ______________________________ Sur les traces de l’histoire de l’architecture persane, nous vous avons parlé, dans la précédente édition, de l’art achéménide, séleucide et parthe, qui constitue les premiers piliers de l’art de l’ère sassanide. Nous avons dit que l’architecture parthe se distinguait, surtout, par l’emploi a maxima des matériaux de construction locaux, les techniques développées de construction de voûtes, la variété extraordinaire des motifs et des plans. Le temple d’Anahita, à Kangavar, à l’ouest de l’Iran, et l’immense palais du Mont Khajeh, au Sistan, érigé sur une île, au milieu du lac Hamoun, en sont les spécimens qui nous sont restés. Et nous avons, aussi, expliqué que les matériaux de construction de l’architecture de cette époque se résument en des cloisons en pisée ou de brique crue et de pierre. Les villes bâties, à l’époque parthe, étaient de forme circulaire, entourées de hautes fortifications. Ce style d’architecture, qui donnait une forme circulaire aux villes et cités, n’avait pas d'antécédents historiques déterminés, mais il facilitait la défense de la ville et réduisait, dans une large mesure, les matériaux de construction. Ce récapitulatif nous a permis de donner un aperçu de ce qui serait les premières bases de l’architecture sassanide, le thème de cette édition. ______________________________ L’architecture de l’ère sassanide se distingue par ses propres caractéristiques, surtout, par l’engouement pour l’art rupestre et la sculpture. Les artistes de cette époque taillaient dans la roche même, ne craignant pas de créer leurs œuvres sur les hauteurs presque inaccessibles des montagnes. Les scènes d’investiture royale, des cérémonies de la cour, des banquets et de la chasse étaient les thèmes à haute fréquence de ces bas-reliefs. Le réalisme, un design précis, aux dimensions nature caractérisent l’art sassanide. Les bas-reliefs peuplaient, désormais, différentes régions du vaste empire des Sassanides, notamment, le Fars, Khermanshah et l’Azerbaïdjan. Heureusement, l’identité des personnages des bas-reliefs nous est connue. Ce que nous devons aux inscriptions qui couronnent les bas-reliefs, dévoilant en deux langues, le persan médian et le grec, le nom et le rang des protagonistes. ______________________________Situé au pied d’une montagne de la chaîne de Zagros, à la sortie de Kermanshah, le site sassanide de Taq-e Bostan date du IVe siècle ; il comprend deux grottes sculptées et un bas-relief, à côté d’une source. La première sculpture, un bas-relief d’investiture conventionnel, a été réalisée, sous le règne d’Ardéchir II (379-383). C’est à partir de son successeur Shapour II que le programme architectural innove avec la construction de la petite grotte. Mais la réalisation majeure, la grotte principale, est datée de la fin des Sassanides, sous le règne de Khosrow II (590-628). Deux arbres de vie et deux figures ailées féminines flanquent l'entrée de la grotte principale. Dans la mythologie zoroastrienne, l'arbre de vie représente l'Arbre de toutes les semences. Ils sont ici représentés sous forme de feuilles d'acanthe. Les figures ailées tiennent l'anneau du pouvoir auquel est attaché le diadème royal. Au dessus de l'arche se trouve un croissant d'où s'échappe un autre diadème, qui redescend des deux côtés de l'entrée. La statue équestre, au milieu, représente l'un des deux seuls exemples d'une statue en quasi ronde-bosse, l'autre étant la statue de Shapur Ier, et elle est la seule représentation d'un roi sassanide en cataphracte, c’est-à-dire vêtu à la manière parthe d'une armure complète avec casque et côte de maille. Les ornementations de la tunique du roi et du caparaçon du cheval sont rendus avec un rare souci du détail. Il s'agit de Khosrow II et de son célèbre cheval Shabdiz. Khosrow fut un grand conquérant, et il était particulièrement réputé pour ses talents de chasseur, ce qui justifierait les bas-reliefs des parois latérales représentant des scènes de chasse. Le visage du roi est couvert par la côte de maille finement détaillée, seuls, ses yeux sont visibles. La finition de la statue est mise en valeur par la simplicité du large panneau du fond, simplement encadré de deux pilastres au chapiteau chargé, et d'une guirlande. Le grand panneau occupant le mur gauche de la grotte principale est peut-être le plus saisissant bas-relief sassanide encore visible aujourd'hui, tant par l'originalité de son sujet, que par la dynamique de sa composition et la finesse de son exécution. Selon un procédé narratif traditionnel remontant à la plus haute antiquité du Moyen-Orient, comme les bas-reliefs assyriens de chasse au lion d'Assourbanipal, la scène figurée dans un lieu unique décrit, en fait, trois moments successifs. Le lieu est un enclos pour la chasse royale: les quatre côtés sont délimités par des barrières de branchages noués, de piquets et de corde. Le terrain est un marais envahi de roseaux, avec un lac en son milieu. La scène se lit de gauche à droite : des rabatteurs juchés sur des éléphants dirigent une harde de sangliers vers le lac où les attend le roi sur sa barque, représenté sans sa couronne de cérémonie, ce qui rend son identification difficile. Il est bien plus grand que tous les autres personnages. Tout autour, d'autres barques sont chargées de musiciens et de chanteurs. La cour n'est pas présente, ni l'armée : il s'agit uniquement d'une scène de chasse. Sur le mur de droite est représentée une chasse aux cerfs. Bien que plus complexe, elle est de moindre qualité que la chasse aux sangliers, n'ayant pas son dynamisme ; de plus, elle est inachevée, de nombreux personnages n'ayant pas reçu leur modelé définitif. L'action se lit ici de droite à gauche et de haut en bas. Dans un enclos délimité par une sorte de treille, on retrouve, à droite, les rabatteurs sur des éléphants. En haut, le roi arrive sur son cheval abrité par une ombrelle et entouré des gens de sa cour, qui sont à pied ; comme dans la chasse aux sangliers, le roi est beaucoup plus grand que les autres personnages. En haut, à droite, les cerfs sont maintenus dans des cages, puis libérés dans l'enclos principal où ils déferlent. Au milieu du panneau, le roi monté à cheval les pourchasse, suivi de sa cour. Sur la gauche, les cerfs sont dépecés et des chameaux emportent le butin de la chasse.
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