Imprimer cette page
samedi, 27 février 2010 09:12

5ème partie

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art de l’architecture, remontant loin dans l’histoire. Quels sont les styles architecturaux en Iran antique et Iran postislamique ? Où en est l’architecture moderne iranienne ? Quelles sont les caractéristiques des constructions en Iran ? Par exemple, quel est le rôle de la lumière, dans l’espace architectural persan ? Quelles sont les matières de construction préférées des architectes iraniens ? Dans quelle mesure les besoins des habitants de ces constructions sont pris en compte ? Ce sont autant de questions, parmi tant d’autres, auxquelles nous essaierons de répondre, à travers les différents chapitres de notre nouvelle série de programmes Architecture persane. C’est donc à un voyage merveilleux que l’Architecture persane vous invite, un voyage, dans l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, l’art de vivre. ____________________________ Dans les dédales de l’histoire de l’architecture persane, nous étions arrivés, dans la précédente édition, à la fin de la dynastie achéménide dont les rois avaient fait ériger Persépolis mais qui fut incendié par Alexandre. Nous remontons, cette fois-ci, au IIIe avant Jésus-Christ, et nous vous parlerons de l’architecture de cette période et des œuvres qui nous restaient en héritage. ____________________________ L’invasion d’Alexandre laissa dans son sillage ruine et désolation et le vaste empire achéménide fut partagé entre ses généraux. Alexandre ne parvint, cependant, qu’à conquérir le territoire iranien, mais jamais la culture et la civilisation iraniennes ne capitulèrent devant les Grecs, puisque ces derniers adoraient de nombreux dieux, avec des aspects et conduites humains, alors que les Iraniens avaient une toute autre conception de la croyance en le créateur de l’univers ; pour eux, le Seigneur incarnait l’intellect et le pouvoir. Ces divergences confessionnelles, avec, en toile de fond, des différences culturelles qui rendaient impossible tout rapprochement entre les deux cultures, d’autant plus que les Grecs étaient des étrangers conquérants impitoyables massacrant les gens et pillant leurs biens. La première manifestation de cet antagonisme fut la construction de forteresses et de citadelles hors des villes iraniennes pour y installer les gouverneurs grecs qui avaient jeté les bases du gouvernement séleucide. Ces citadelles étaient l'équivalent des cités de notre époque qui sont construites dans les banlieues des villes. Les Grecs y résidaient et y accomplissaient leurs us et coutumes et leurs rituels religieux. Les vestiges et les statues des divinités grecques datant de cette époque qui ont été découverts au centre et à l’ouest de l’Iran en témoignent. ____________________________ Les Séleucides furent renversés par les Parthes qui jetèrent, à leur tour, les bases d’une dynastie régnant sur un vaste territoire. L’architecture grecque céda, donc, la place à de nouveaux styles architecturaux avec les Arsacides. La ville de Nissa, près de l’actuel Achkhabad, capitale du Turkménistan, fut la première capitale des Arsacides. Issus de tribus d'éleveurs et d'agriculteurs, les Parthes avaient recours, au début de leur règne, à une architecture rudimentaire. Leurs plans architecturaux étaient tous réalisés de la même façon : une cour carrée au centre du bâtiment avec des iwans sur les ailes. Au fil des années, avec l’apogée de l’ère arsacide, les architectes s’intéressèrent davantage à la façade des édifices, mais aussi, à l’intérieur des monuments qu’ils couvrirent d'œuvres d’art, notamment, des fresques, qui étaient un heureux mariage de peinture et de plâtrerie dont un très beau spécimen a été découvert dans le temple du Mont Khaje, à l’est de l’Iran. Des plafonds en arcs, des arcs, et, parfois, des colonnes, constituaient les principaux éléments de l’architecture arsacide. Le temple d’Anahita, à Kangavar, à l’ouest de l’Iran, est un des chefs-d’œuvre de l’architecture des Parthes. Les matériaux de construction de l’architecture de cette époque se résument en des cloisons en pisée ou de brique en terre et de pierre. Les villes bâties à l’époque parthe étaient de forme circulaire, entourées de hautes fortifications. Ce style d’architecture qui donnait une forme circulaire aux villes et cités n’avait pas d'antécédents historiques déterminés, mais il facilitait la défense de la ville et réduisait, dans une large mesure, les matériaux de construction. L’immense palais du Mont Khajeh, au Sistan, qui a, plutôt, une allure de temple, est érigé sur une île au milieu du lac de Hamoun. Avec ses belles portes en bois, ses vastes terrasses et son grand temple du feu, le palais du Mont Khajeh, embelli, par des fresques de couleurs, jaune, vert, rouge, brun et bleu, est un exemple inédit de l’art arsacide. En substance, l’architecture parthe se distingue, surtout, par l’emploi, a maxima, de matériaux de construction locaux, de techniques développées de construction de voûtes, par une variété extraordinaire de motifs et de plans. Les fresques et les sculptures de cette époque ont souvent pour thème la femme. Les femmes y sont montrées habillées d'une longue tunique qui les couvre jusqu’aux chevilles; elles portent, parfois, un manteau. Elles sont parées d’une couronne rehaussée d’un long turban. Ce point digne d’intérêt témoigne de l’existence du voile en Iran ancien, mais des siècles avant l’avènement de l’Islam.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir