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samedi, 13 février 2010 07:29

4ème partie

Nous avons expliqué, dans la précédente édition, comment, au VIe siècle avant Jésus-Christ, un prince achéménide, Cyrus, jeta les bases d’un immense empire sur le plateau iranien. Cyrus réunit autour de son trône les ethnies iraniennes, dont les Perses et les Mèdes. Puis, il lança une vaste campagne pour élargir les frontières de son empire, mais il n’oublia pas, aussi, la prospérité du pays. Il appela de partout, en Iran, mais aussi, des autres pays, les architectes et les artisans, pour construire des monuments qui seraient dignes de son empire et en célèbreraient la grandeur. Ces architectes ont su fonder les bases d’un style architectural aux couleurs perses, mais porteur, aussi, d'éléments de l’art des anciens. Les architectes perses utilisaient les matériaux de la plus haute qualité. Pour en avoir une idée, il suffit de mentionner les palais et les pavillons de Persépolis qui étaient couverts de bois de cèdre libanais ou de sandale de Kandahar. Les monuments étaient souvent érigés sur des socles, un élément propre à l’architecture persane. Sur la route actuelle d’Ispahan à Chiraz, 10 km après Ghâder-Abâd, se trouve la vallée de Morghab. A l’époque des Achéménides, cette région s’appelait Pasargades et était la capitale politique de Cyrus. Selon les documents historiques, ce site avait été construit sur le lieu de la défaite du dernier roi des Mèdes. Certains historiens pensent que ce nom vient de l’expression "Parse-gad" qui signifie "le campement des Perses", et qui devait être, à l’époque, entouré de murailles et abriter des vergers, des palais et des temples. Cyrus y fut enterré, après sa mort, sous un édifice, dont les vestiges sont encore visibles de nos jours. __________________________   Avant la fin de la construction du palais de Suse, Cyrus Ier décida de faire construire un autre site impérial en Perse. Pasargades ne servit plus qu’aux cérémonies de couronnement des empereurs achéménides. Darius commença la construction, environ, 515 ans av. J.-C. Persépolis devait servir aux festivités et de centre administratif. La construction exigea une coopération de toutes les régions de l’empire et montre le degré de soumission des lointaines parties ou satrapies de l’empire au roi des Perses. La cité de Persépolis, ancienne résidence « de repos » des souverains achéménides, doit, à l’image de la dynastie, sa puissance et sa beauté à Darius Ier et à son fils Xerxès. On peut, notamment, y voir la porte de Xerxès, ornée de statues colossales de taureaux ailés à tête humaine ; la salle d’audience du palais de Darius, qui pouvait contenir jusqu’à 10.000 personnes ; les célèbres colonnes d'Apadana et l’escalier, dont les bas-reliefs représentent une double procession, dans laquelle, chaque personnage est sculpté avec un luxe de détails. Les travaux furent achevés à l’époque d’Artaxerxés Ier et du roi Xerxès. Le site couvre une superficie de 135.000 mètres carrés, avec des bâtiments d’une hauteur de 12 mètres. Des blocs de pierre ont servi à la construction des escaliers et des voûtes célèbres, comme celle de Xerxès, nommée, aussi, "la voûte des peuples". Le palais d’Apadana, le palais aux trois entrées, le palais réservé à Darius et aux cérémonies officielles, le palais de Xerxès réservé, aussi, aux cérémonies officielles, le palais aux cent entrées, la salle du trône, le salon aux cent colonnes, le salon aux 99 colonnes, construit, sur l’ordre de Darius, pour servir de dépôt central au trésor impérial, les autres dépôts du trésor et la partie sud d’une estrade orientée vers la plaine, au milieu des résidences impériales, comptent parmi les différentes parties du site impérial de Persépolis. Les colonnes en forme de lotus retourné sont une autre particularité de Persépolis. Elles symbolisent la vie et ressemblent fortement aux colonnes de Suse. Le pied de la colonne ressemble à un vase retourné ou à un cube. Elles sont décorées de lignes verticales. La base de certaines colonnes en forme de feuilles de palmiers s’inspire de l’architecture égyptienne, alors que le modèle en spirales rappelle plutôt les colonnes et le symbolisme grecs. De l’avis de certains archéologues, ces formes en spirales s’inspirent de l’architecture mède. Enfin, les têtes de taureaux en haut des colonnes seraient le symbole de la fécondité. ____________________________ Persépolis se distingue par ses nombreuses épigraphes et bas-reliefs qui représentent les gardes, les courtisans, les représentants des peuples de l’empire, Ahourâ Mazdâ, des animaux et des griffons, des sphinx. La violence et la souffrance des reliefs assyriens ne se retrouvent plus dans les représentations perses d’où émane une impression de paix, de simplicité et de sérénité. Les archéologues y admirent, surtout, le réalisme de l’art architectural achéménide, un phénomène que l’on trouve rarement dans l’architecture d’une période historique. L’utilisation de pierres de même taille, la qualité des matériaux et des peintures, les fondations sur socle de pierre, les nombreuses colonnes espacées, les plafonds en poutres de bois, les escaliers tournants, la taille très précise des épigraphes et leur décoration, les décorations intérieures et extérieures et les mosaïques, les carrelages, les jardins et les bassins, les couloirs secrets qui reliaient les différentes parties des palais, les abris pour préserver du soleil, ont fait de l’art achéménide, un art équilibré, puissant et solide. En 331 avant J.-C., Alexandre le macédonien ordonna de brûler Persépolis, mais avant, il fit transférer ses trésors incommensurables en Grèce. Des lingots d’or, des œuvres d’art, des bijoux, des meubles, des tapis et des armes furent tous chargés sur des chameaux et des mulets pour être envoyés au palais d’Alexandre. Mais ce qu’il ne put faire disparaître, ce furent les sublimes sculptures, les majestueuses colonnes de pierre de Persépolis qui, défiant les assauts du temps, le vent et le feu, se dressent toujours sur cette vaste plaine, pour témoigner de l’art des Iraniens, aussi vieux que l’histoire.  
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