This Website is discontinued. We changed to Parstoday French.
samedi, 22 août 2015 16:31

Le mystère de l'étrange maladie des "villages endormis" au Kazakhstan enfin résolu ?

IRIB-Deux villages kazakhs sont touchés par un mystérieux mal : depuis 2013, 140 personnes ont été frappées par la "maladie du sommeil".

Parfois pris d'hallucinations, les habitants s'endorment soudainement, sans raison apparente. Les autorités locales pensent néanmoins avoir découvert la cause de cet étrange phénomène. On dirait que le marchand de sable a quelques difficultés avec deux petits villages du Kazakhstan... Depuis le mois de mars 2013, plus de 140 habitants de Kalachi et Krasnogorsk ont été touchés par une étrange "maladie du sommeil" : pris d'une fatigue soudaine, ils s'endorment, parfois pour plusieurs jours. Le mal peut frapper les Kazakhs à tout moment : chez eux, à l'école, à la traite des vaches, et même à moto ! Certains sont restés endormis six jours d'affilée et ils étaient incapables de se rappeler de ce qu'il leur était arrivé au réveil. D'autres ont souffert d'hallucinations et de maux de tête. Si l'origine de ce phénomène est longtemps restée mystérieuse, les autorités du pays ont annoncé le 13 juillet dernier avoir identifié le coupable.

Un célèbre récidiviste "Aujourd'hui, la principale cause de la maladie des habitants de ces deux villages est identifiée. [...] Nous avons reçu la confirmation que la cause principale de la maladie dans Kalachi est le monoxyde de carbone", a déclaré le Premier ministre adjoint kazakh, Berdybek Saparbayev, à The Astana Times. Vous avez sans doute déjà entendu parlé de ce gaz. Il apparaît lors d'une combustion imparfaite et il n'est pas rare que les systèmes de chauffage vétustes en produisent. Le ministère de la Santé français a d'ailleurs enregistré 1028 intoxications domestiques à cause du monoxyde de carbone pendant l'hiver 2013-2014. Le problème, c'est qu'il est 200 fois plus efficace que l'oxygène pour rentrer dans notre sang : il prend sa place et tout notre corps étouffe ! Inodore et invisible, ce gaz passe totalement inaperçu. Claude Piantadosi, pneumologue a l'université de Duke, a confirmé à Wired que les symptômes observés chez les Kazakhs correspondaient en effet à ceux d'une intoxication au monoxyde de carbone. Néanmoins, il a noté qu'ils ne sont pas non plus spécifiques à ce gaz : d'autres comme le dioxyde de carbone pourraient avoir les mêmes effets.

Une gigantesque fuite de gaz ? Les autorités locales ont rapporté avoir relevé des fuites de monoxyde de carbone provenant des deux mines d'uranium voisines des villages, aujourd'hui fermées. Wired note pourtant que Robert Ferriter, un expert en sécurité des mines, a "des difficultés" avec cette explication. En janvier, le ministère de la Santé du Kazakhstan avait déclaré que le sang des personnes atteintes ne contenait pas de monoxyde de carbone. Et surtout comment autant de gaz peut-il s'échapper de mines fermées ? Car si les intoxications au gaz sont vite arrivées dans une enceinte fermée, un appartement par exemple, il faut une quantité gigantesque de monoxyde de carbone dans l'air pour que les effets soient ressentis à l'extérieur. Or, la plupart des personnes touchées l'ont été dehors. Il faudrait donc que les fuites des mines soient extrêmement concentrées ! Aucune donnée sur la concentration des fuites n'a pour l'instant été divulguée. En attendant, le gouvernement kazakh a lancé un plan de "sauvetage" des quelque 220 familles de Kalachi et Krasnogorsk : les habitants devraient être déplacés dans une autre ville sûre, plus éloignée des deux mines d'uranium. Pour le moment, seulement 28 familles ont pu être relogées.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir