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mardi, 10 décembre 2013 18:52

La méditation agit directement sur l'expression des gènes

IRIB- Plusieurs études ont démontré que la méditation peut avoir des effets bénéfiques sur la santé. Une équipe internationale de scientifiques a mené une nouvelle étude afin de mieux comprendre comment cette pratique spirituelle peut agir au niveau physique.

Largement inspirée du bouddhisme, la méditation en "pleine conscience" consiste à focaliser pleinement son attention sur le moment présent et les sensations ressenties. Si elle souffre encore de certains clichés, cette pratique rencontre aujourd'hui de plus en plus de succès, à tel point qu'elle est même utilisée par certains dans le milieu médical. Il n'a donc pas fallu attendre longtemps pour que les chercheurs se penchent sur son efficacité et les bienfaits qu'elle peut avoir.

Plusieurs études ont ainsi démontré que la méditation était pleinement efficace contre le stress et pouvait par là même éviter certains troubles comme l'hypertension artérielle. D'autres recherches ont également montré qu'elle avait des effets anti-inflammatoires évidents. Des résultats qui ont poussé l'American Heart Association à l'approuver en tant que pratique préventive. Mais comment la méditation agit-elle sur notre organisme ? C'est la question à laquelle ont voulu répondre des chercheurs américains, espagnols et français qui ont pour cela, mené une nouvelle étude. Publiée dans la revue Psychoneuroendocrinology, ces travaux conclut que pratiquer de façon intense, la méditation aurait le pouvoir d'agir directement sur les gènes.

Des modifications génétiques et moléculaires L'étude a été menée auprès de deux groupes, l'un comprenant des volontaires habitués à réaliser de longues périodes de méditation et l'autre des sujets n'ayant jamais pratiqué la discipline. Tandis que le premier groupe passait une journée (8 heures) de "méditation intensive", le second a réalisé des activités tranquilles mais non-méditatives. Avant et après la journée d'étude, les chercheurs ont observé plusieurs facteurs génétiques et moléculaires. Alors qu'ils n'avaient pas noté de différences au niveau des gènes testés entre les deux groupes avant l'étude, les chercheurs ont relevé de nettes différences après huit heures d'activités. Ils ont observé une variation génétique et moléculaire chez les personnes qui avaient médité et pas chez les autres. Les changements concernaient entre autres la machinerie de régulation génétique et le système inflammatoire. Combinés, ces deux mécanismes biologiques entrainent un rétablissement physique plus rapide après une situation stressante. "Il s'agit du premier article qui montre de rapides changements de l'expression génétique en lien avec une pratique de la méditation en "pleine conscience"", indique un des co-auteurs de l'étude, le Pr Richard J. Davidson repris par Science Daily.

Moins d'inflammation, une meilleure récupération

"Plus intéressant encore, les changements ont été observés dans les gènes qui sont des cibles fréquentes de médicaments anti-inflammatoires et analgésiques", relève le principal auteur de l'étude, Perla Kaliman, chercheur à l'Institut de recherche biomédicale de Barcelone où ce sont déroulées les analyses moléculaires. Concrètement, les scientifiques ont constaté que l'entraînement à la méditation en "pleine conscience" affecte les gènes pro-inflammatoires RIPK2 et COX2 ainsi que d'autres produisant l'enzyme, histone deacetylase (HDAC). Cela s'associe à la réduction de l'expression de certains gènes permettant une meilleure récupération en cortisol suite à un stress, en l'occurrence dans l'étude, un discours et des tâches nécessitant du calcul mental réalisés devant un public et une caméra. Ces observations n'ont été faites que chez les sujets pratiquant la méditation et pas chez les autres. De plus, la pratiqué n'a semblé agir que sur certains gènes régulateurs et pas sur tous, les autres étant apparus semblables chez tous les sujets.

La méditation pour traiter les maladies inflammatoires ?

Néanmoins, les chercheurs ont tenu à préciser que l'étude n'a pas été conçue pour repérer les effets à long terme de la méditation chez ceux qui la pratiquent quotidiennement. Or, toutes sortes de pratiques sont également capables de s'exprimer au niveau génétique dans les heures qui suivent leur mise en œuvre. C'est par exemple le cas d'un stress, d'un jeûne ou de la pratique sportive intense par exemple. Reste que les changements génétiques observés chez ceux qui méditaient n'ont pas été mis en évidence chez les autres. "Nos gènes s'expriment de façon assez dynamique et ces résultats suggèrent que le calme de notre esprit peut avoir une influence sur cette expression", résume le Pr Davidson. Selon Perla Kaliman, cette étude jette les bases de futures recherches plus poussées sur les stratégies de méditation dans la prise en charge des inflammations chroniques.

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