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mardi, 07 octobre 2014 10:40

Pourquoi Biden accuse, puis, s'excuse ?

IRIB- Pourquoi faut-il "dénoncer " les alliés?

La question ne cesse de tortiller tous les esprits, depuis que le vice-Président Joe Biden a jugé opportun d'accuser, en plein jour, et devant une assemblée d'intellectuels de Harvard, la Turquie, l'Arabie saoudite et les Emirats d'avoir fabriqué et soutenu Daesch, quitte "à provoquer une guerre chiite et sunnite". Ces propos, évidemment, bien canalisés et orientés ont été suivis d'excuses tactiques, auxquelles personne n'a cru, tant ils étaient timides et formatés. Certains analystes, qui relèvent l'occurrence de ce discours, devant les universitaires, affirme que l'intéressé aurait voulu répondre aux critiques, qui pointent du doigt la défaillance de l'appareil de renseignement US et celui de la sécurité, dans toute cette affaire de Daesh. Mais là ne réside, peut-être, pas le seul motif de cette sortie anti-allié inhabituelle de Joe Biden. Juif, d'origine, et Sioniste convaincu, Biden n'aurait jamais prononcé ces mots, sans prendre en compte, au préalable, les intérêts d'Israël. Pour  certains observateurs, tout renvoie à une affaire de chantage : avoir le culot d'accuser, si ouvertement, les amis, de complicité avec le terrorisme, et ce, au plus fort de la guerre qu'on dit mener contre ce même terrorisme, n'est rien d'autre qu'une manière trop américaine de faire chanter les amis. En ce qui concerne l'Arabie saoudite, Washington semble agir de la sorte, pour pousser droit Riyad dans les bras d'Israël : les flirts ont, certes, commencé, depuis longtemps, entre Riyad et Tel-Aviv, mais les desseins moyen-orientaux de Washington exigent plus que de simple côtoiement. Il est question, désormais, pour Israël et l’Arabie, de forger un front commun contre les derniers bastions de la Résistance à l’Empire, et cet objectif ne peut se réaliser  à travers des rencontres cachés et en catimini, comme celle qui a eu lieu, il y a quelques jours, entre Livni et Fayçal, à New York. Une seconde raison de cet excès d’anti-saoudiisme de Biden : Riyad est sommé de maintenir les cours du pétrole bien bas, avec, en perspective, une guerre des prix entre les membres de l’OPEP  Et partant d'une division de plus entre les pays musulmans. Riyad vient, d’ailleurs, de baisser, anormalement, les prix, alors qu’il est en pleine guerre et a, donc, besoin de plus de liquidités.

L’explication du cas turc appelle davantage de subtilité : certes, Biden aurait voulu, par ses déclarations, convaincre la méfiance turc et obtenir son ralliement à la coalition anti-Daesh, mais la réaction, excessivement, violente d’Ankara l’a contraint à se dépêcher de s’excuser : pourquoi cette hâte ?

1- La Turquie et la Syrie partagent de très longues frontières, ce qui offre un terrain très propice à la création des camps d’entraînement, pour ces rebelles "modérés" sur lesquels la coalition US/arabe compte, pour déloger Assad

2- La Turquie  abrite des bases américaines et celle de l’OTAN, sur son sol

3- Le MIT a agi, depuis le début de la crise syrienne, en une succursale de la CIA

4- La violente réaction turque s’explique, en partie, par l’exigence, désormais, claire d’Ankara, sur le pétrole de Daesh : Ankara veut que la presse occidentale lui lâche le pétrole de contrebande syrien et irakien et que cette question ne figure, absolument, pas, dans le registre anti-terroriste

5- Il existe un certain sens de solidarité arabo-turc : Ankara a les yeux tournés vers ces monarchies golfiennes, qui ont trop perdu, en Syrie, pour ne rien gagner. Il est en train de dessiner le cadre d’une nouvelle stratégie d’influence, au sein du monde arabe après le fiasco Frériste, en Egypte.

Une chose est sûre, néamoins : la stratégie anti-Daesh ou en d’autres termes, anti-Moyen-Orient des Etats Unis est indéfinie. Elle est fluctuante, amorphe et conjoncturelle et change en fonction des situations.  Pour ainsi dire, c’est un amas composé d’improvisations, qui vise à faire éclater tous les Etats de la région, à en tirer une zone de non droit, de non Etat, propre au pillage, au vol en tout genre. Le seul hic : la région est trop complexe, pour naviguer, si bêtement, à vue..

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