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mardi, 17 juin 2014 06:01

Irak : Sistani, l'éternel trouble-jeu !!

IRIB- Ce qui se passe en Irak en ce juin 2014 n'est pas à proprement parler,
comme le prétend à souhait l’effervescence médiatique ambiante, une offensive "takfirie".  Car qui croirait une obscure milice fabriquée en 2013 sur les ruines d'Alep et de Deir Ezzour grâce aux pétrodollars saoudo qatari, être à même de défaire en moins de dix jours une armée nationale, une force et une police certes détruits en 2003 par l'occupant Yankée mais reconstruits depuis,  tant bien que mal ... Cet avatar d'Al Qaida dans les rangs duquel  les médias « mainstream » voient de tout , ex soufis reconvertis  en guérilla, des baathis en mal de dictature saddamiste, des officiers déserteurs , des occidentaux absorbés par le jihad pour fuir le en chômage ... n'est en réalité que le cash-misère d'un Empire US finissant qui , à défaut d'une stratégie digne de ce nom ,  s'amuse commettre toujours les mêmes erreurs ... Le plan de démembrement de la Syrie a bouté au terme de trois ans d'acharnement us sur le mur de la vaillante résistance de son armée et de son allié hezbollahi, il fallait donc trouver une victime de substitution de la taille et de l’importance géostratégique de la Syrie. Or , de toute évidence, cette nouvelle victime  n'en est pas à sa première épreuve. Entre 2003 et 2010, soit cette calamiteuse période d'invasion et d’occupation us de l’Irak où des milliers d'irakiens ont passé au trépas  dans les attentats, sous la torture,  ou sous le feu de soldats US, les Etats Unis d'Amérique ont  bien tracé les contours d'une désintégration de facto de la Mésopotamie, en plantant les germes d'un « fédéralisme confessionaliste » au cœur de la Constitution. Mais le projet d'une balkanisation de l'Irak n'a pas abouti et l'occupant a fini par déguerpir en 2010.  le revoilà le vieux projet sorti des placards et qui avance, à l’heure qu’il est,  à une extraordinaire vitesse : l'offensive de Daesh a aidé les kurdes à s'emparer de Kirkuk, dépouillé à l'occasion de sa composante de défense nationale.  Elle a lâché dans l'escarcelle des Takfiris les provinces sunnites d’ Al Anbar , de Ninive et  de Salahhedin tandis que le sud reste pour l'instant, aux main de la majorité chiite . A Ninive, les mercenaires de l'Empire ont conquis plus de 400 millions de dollars de deniers publics, accumulés bizarrement dans les banques de Mossoul , de quoi payer  au moins pendant un an le salaire de leurs "combattants" . Mais est-ce la fin de l'Irak ?  Non  car les éléments qui ont conduit en 2010 à l’échec du projet américain de bankanisation de l’Irak sont toujours là et ils empêcheront le mécanisme divisionniste de fonctionner  . En 2010, ce fut Sistani qui de part ses conseils, ses concertations, son poids , et son influence  a aidé à désamorcer une crise confessionaliste similaire, en mettant en place le triangle étatique Talibani (président kurde)/ Maliki

(premier ministre chiite)/Nujaifi (président du parlement sunnite).  … en 2014, ce  même Sistani a encore agi à temps. L’ordre de mobilisation général  lancé à l’adresse de tous les irakiens, sunnites , chiites , kurdes … a pour le moment  contribué à remplir le vide terrifiant laissé par le putsch militaire au sein de l’armée nationale , une armée qui se ressaisit et qui commence à reprendre la poile de la bête.  L’Irak n’est pas perdu  car l’une de ses composantes essentielles ,  à savoir la référence religieuse porte un regard rassembleur , non clanique, dés-ethnicisé sur la réalité qu’est l’Etat-nation . Pour Sistani, peu importe qui est le premier ministre, s’il est chiite ou sunnite, plus d’une fois d’ailleurs la gestion de Maliki a passé sous le feu de ses acerbes critiques.  C’est en sens qu’il s’est bien gardé au cours des récentes législative de prendre partie pour tel ou tel groupe. C’est cette qualité que le peuple irakien chérit et apprécie .  A preuve : autant de chiites que de sunnites ont répondu « oui » à l’appel de Sistani pour repousser Daesh hors des frontières d’Irak et pour  prouver encore une fois aux grandes puissances que les peuples du Moyen Orient sont loin d’être des troupeaux à envoyer aux abattoirs. Le sentiment d’appartenir à une nation est aussi vieux que l’humanité , de côté-ci de la planète et ce ne sont pas des yankées , nés de la dernière pluie qui pourront le mettre en défi ….

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