This Website is discontinued. We changed to Parstoday French.
mercredi, 04 mars 2015 14:04

L’OTAN envoie des armes en Ukraine via les Emirats arabes unis

L’OTAN envoie des armes en Ukraine via les Emirats arabes unis
IRIB- Le site «Strategic Culture Foundation» a publié un article,

signé par Finian Cunningham, qui décrit comment l’OTAN détourne l’argent du FMI, pour financer un contrat d’armement entre l’Ukraine et les Emirats arabes unis. 

Nous reproduisons ici un extrait de l’article de Finian Cunningham, publié sur le site d’information «Strategic Culture Foundation».

***

Cette semaine, le régime de Kiev a conclu un accord important avec les Emirats arabes unis, pour acheter des armements. L’annonce de cette nouvelle a soulevé de forts soupçons, en ce qui concerne le rôle de l’OTAN, dirigé par les Etats-Unis, afin de trouver un nouveau moyen d'intervenir davantage, dans les affaires ukrainiennes. Il s’agit d’un «nouveau» moyen, parce que les Etats-Unis et leurs alliés, au sein de l'OTAN, comme la Pologne et la Lituanie, fournissent, déjà, secrètement, des armes au régime de Kiev.

Le Président ukrainien, Petro Porochenko, a salué le nouveau partenariat stratégique de son pays avec les Emirats arabes unis, alors qu’il avait visité l'exposition internationale de défense, à Abu-Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis. Porochenko, qui a été reçu, chaleureusement, par le prince héritier, Mohammed ben Zayed al-Nayhan, s’est déclaré «président de la paix», et a annoncé que l'Ukraine a besoin d’armes et d’équipements militaires, face à son «ennemi russe».

A l’occasion de cette exposition internationale et de la présence du Président Porochenko, des réunions spéciales ont été organisées, non sans prudence, en présence de Porochenko, des leaders arabes, des représentants du Pentagone et des dirigeants des usines d’armements des Etats-Unis. Cela indique que Washington était en train de coordonner les transferts d'armes vers l’Ukraine.

Début février, on a vite compris que Washington et ses alliés, au sein de l'OTAN, paieraient un prix politique lourd, pour leur décision audacieuse d'approfondir, ouvertement, leur implication militaire, dans le conflit ukrainien. Quand Washington a annoncé son intention d'aller de l'avant avec l’autorisation du Congrès, pour envoyer des aides militaires à Kiev, nombre d’observateurs internationaux se sont dit étonnés par ce geste des Américains.

Moscou a prévenu Washington que toute nouvelle aide militaire au régime réactionnaire et anti-russe de Kiev, à proximité des frontières occidentales de la Russie, constituerait une «escalade désastreuse» de la crise. Après les avertissements des Russes, le Président américain, Barack Obama, a reculé de sa position d’envoyer des armes et des munitions, en Ukraine.

Même les alliés européens de Washington ont préféré ne pas suivre les Etats-Unis sur ce coup. L’Allemagne, la France et même, la Grande-Bretagne, ont annoncé leur désapprobation, en affirmant qu'elles ne seraient pas prêtes à envoyer des armes à l'Ukraine. La Chancelière allemande, Angela Merkel, était, peut-être, celle qui a exprimé son mécontentement avec plus de franchise. Lors d’une visite officielle, à Washington, elle a réitéré son désaccord, devant les journalistes américains, concernant l’envoi d’armes, en Ukraine.

Cette divergence de vue entre les Etats-Unis et l'Union européenne semble avoir déçu les dirigeants de la Maison Blanche, qui craignaient que leur alliance anti-russes s'effondre. Le Président Obama et son secrétaire d'Etat John Kerry ont, pourtant, essayé de renforcer l’Alliance atlantique, au sujet de la crise ukrainienne, face à l'agression russe».

Washington et ses alliés ont, donc, préféré ne pas accepter le risque de désaccord, au sein de l’OTAN, et ont essayé de trouver une solution innovante, pour envoyer des armes vers l’Ukraine, par l’intermédiaire des Emirats arabes unis, en tant que fournisseurs d’armes à Kiev.

Plusieurs médias ont parlé d'une «nouvelle industrie de défense», aux Emirats arabes unis. Mais même si cette industrie est «nouvelle», elle est, en réalité, une plate-forme de valeur ajoutée ou de marketing, pour les fabricants d’armes occidentaux. Le secteur de la défense des Emirats arabes unis est dominé par les importations militaires américaines et des géants d'industrie d’armements, comme Boeing, Lockheed Martin et Raytheon. Les opérations de la revente d’armements, par le gouvernement émirati, sont un moyen, pour camoufler une partie du marché mondial d’armements. Cela servirait de couverture de relations publiques, pour les vendeurs d’armes mondiaux. Les armements américains et européens peuvent, ainsi, être vendus à des pays différents, tandis qu’apparemment, c’est le gouvernement émirati, qui revend ces armes.

Les Emirats arabes unis sont le quatrième grand importateur d'armes, dans le monde, selon l'Institut international des recherches sur la paix, à Stockholm. Ce qui est étonnant, c’est que la population des Emirats arabes unis est de quelque neuf millions d'habitants, avec, seulement, un million de ressortissants de pays arabes, le reste étant composé de travailleurs bon marché, en provenance des pays d’Asie et d’Afrique. Exprimé sur la base, par habitant, les Emirats arabes unis sont, de loin, le plus grand importateur d'armements, dans le monde. Et c’est un pays, qui n'a jamais été en guerre, depuis sa fondation, en 1971, après que la Grande-Bretagne a accordé l'indépendance aux Emirats.

Dans son dernier rapport sur les tendances mondiales, l'Institut international des recherches sur la paix, à Stockholm, note que les Etats arabes du Sud du golfe Persique ont doublé leurs importations d'armements, au cours des dernières années. L'Arabie saoudite est, désormais, le cinquième plus grand importateur d’armements, dans le monde. Le Qatar, Bahreïn et le sultanat d’Oman sont, également, des destinations importantes de vente, pour les industries d'armements des pays occidentaux.

Le marché d’armements, dans les pays arabes du Sud du golfe Persique, est dominé par les Etats-Unis, avec, environ, 40% de toutes les ventes. Les autres grands exportateurs de la région sont l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. La Russie a, également, une forte présence, dans ce marché. Mais la part du lion va aux Etats-Unis et à leurs alliés de l'OTAN. L'Allemagne, en particulier, a augmenté ses exportations d'armements vers les pays arabes du Sud du golfe Persique, ce qui a causé des tensions politiques, en Allemagne, et pour le gouvernement d’Angela Merkel, car elle est accusée de soutenir des régimes autocratiques et répressifs. Cependant, la vente des chars d’assaut Leopard et des transporteurs de troupes blindés est très lucrative, pour Berlin.

Les régimes arabes du Sud du golfe Persique sont, donc, des grands arsenaux de l'OTAN, et les petits Emirats arabes unis, avec un budget militaire de 13 milliards de dollars, par an, possèdent un arsenal aussi grand que celui de l’OTAN. Le nouveau contrat du régime de Kiev avec les Emirats arabes unis, pour la vente d’armements, est, donc, une possibilité, pour l’OTAN, de cacher les aides militaires occidentales au gouvernement ukrainien.

C’est un mauvais signe, pour le cessez le feu fragile, que le Président russe, Vladimir Poutine, a essayé d’établir, au début du mois de mars. Poutine a, déjà, critiqué l'attitude hostile du Président ukrainien, Petro Porochenko, et d'autres dirigeants de Kiev, qui accusent, régulièrement, la Russie d'agression, et parlent d’une «guerre totale».

Washington et l'Union européenne se livrent, aussi, à cette rhétorique provocatrice, et renouvellent les sanctions contre Moscou. Alors que le contribuable occidental aide le régime de Kiev, avec un prêt de 40 milliards de dollars du Fonds monétaire international, (FMI), la junte ukrainienne utilise cet argent, pour acheter des armements. Dans ce contexte, le contrat d’armement avec les Emirats arabes unis est juste une porte cachée, pour l'OTAN, pour s’engager davantage, dans la crise, en Ukraine, afin de défier l’influence des Russes.


Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir