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samedi, 07 septembre 2013 18:22

Bombarder la Syrie ? Hollande n’a plus les moyens de ses ambitions, par Alex Korbel

IRIB-Le G20 ferait bien de se concentrer sur l’économie plutôt que de planifier
une opération militaire en Syrie, explique l’analyste Alex Korbel à RT. Cette recommandation s’applique à la France en particulier, qui a déjà multiplié ses interventions à l’extérieur avec 16 interventions militaires à l’étranger, alors que son économie connait de grosse difficultés.

 

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Soldats français en pleine mission "civilisatrice" en Aghanistan. Nostalgie de l’empire ?

Le conflit syrien a éclipsé la réunion du G20 à Saint -Pétersbourg, bien que la communauté internationale ne parvient pas à se mettre d’accord sur une éventuelle frappe militaire. Washington a proposé un plan d’intervention militaire contre le régime Assad, qui selon lui, est responsable d’une attaque chimique dans une banlieue de Damas , le 21 août dernier .

RT : Si l’équipe d’inspecteurs de l’ONU estime que des armes chimiques ont été utilisées dans l’attaque de Damas, croyez-vous que l’intervention militaire pourrait se justifier ?

Alex Korbel : Je pense qu’il n’est pas question d’une intervention militaire en Syrie pour plusieurs raisons. La première raison est qu’il n’y a pas d’intérêt national pour la France ou les États-Unis à intervenir réellement en Syrie. Le régime de Bachar al Assad n’était pas un problème dans le passé et il n’est pas clair pourquoi il est devenu un problème pour la France et les États-Unis aujourd’hui. Il n’y a pas d’objectif clair dans l’intervention militaire telle qu’elle est maintenant présentée. S’agit-il de maintenir la crédibilité des États-Unis ? Quelle crédibilité exactement ? La crédibilité de se lancer dans des guerres inutiles ? Est-il question d’interdire l’utilisation d’armes chimiques ? Alors pourquoi les États-Unis ont-ils des armes chimiques dans leur arsenal ? Est-ce pour affaiblir le régime de Bashar al-Assad ? Dans ce cas, vous devez envoyer des troupes sur le terrain. Si c’est une volonté humanitaire d’aider les civils, alors envoyer des missiles de croisière n’est pas la bonne solution.

Pour toutes ces raisons, les États-Unis et la France ont décidé d’ aller de l’avant avec une intervention militaire limitée. Mais il existe toujours un risque de chuter sur une pente glissante. Que faire si une intervention militaire n’a aucun effet ? Allons-nous voir une guerre totale ? Quelles seraient les conséquences dans la région ? Je pense à l’Iran et au Liban et je pense à une guerre à moins de 1000 kilomètres au sud de la Russie.

Il n’y a aucun large soutien international pour cette guerre. L’Allemagne est contre, le Royaume-Uni est contre, la Chine et la Russie s’y opposent. Les seuls pays qui sont en faveur sont la France, qui n’a pas encore consulté le Parlement, les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite. Enfin , l’opinion publique est clairement contre, et partout. Nous l’avons vu au Royaume-Uni et les sondages d’opinion aux États-Unis et en France montrent bien que le public est massivement contre l’intervention militaire en Syrie.

RT : Compte tenu du contexte de crise économique dans l’UE , la France a-t-elle les moyens de participer à une autre opération militaire ?

AK : La situation économique des pays de l’UE est vraiment mauvaise. Nous pouvons voir en France que la dette publique est supérieure à 90 pour cent du PIB. Nous voyons que la croissance économique est inférieure à 1%t. Nous voyons à travers les pays du G2 , en moyenne, que le chômage est à 9% et de plus en plus élevé, que la dette publique est de 64% et de plus en plus élevée également, que la croissance économique est de 1% et qu’elle tend à diminuer. Ce n’est vraiment pas le moment d’intervenir militairement dans un autre pays.

La France intervient déjà dans 16 pays à travers le monde. Il est clair que nous n’avons pas d’argent pour financer une 17e opération. Le rôle de la France, des États-Unis et de n’importe quelle puissance occidentale n’est pas de « jouer le flic » dans le monde, mais plutôt et en priorité de maintenir une politique économique saine et ensuite de peut-être donner l’exemple sur la scène internationale.

Propos recueillis par Steven Elliot

 

 

 

6 septembre 2013 - Russia Today

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