mardi, 08 juin 2010 16:39

La conférence de presse d’Ahmadinejad à Istanbul

IRIB - Comment ruiner une belle et bonne cause ? Dans quelques décennies, quand les souffles de l’actualité seront retombés, les historiens auront, pour répondre à cette question, un cas d’école, une référence emblématique, celle du Conseil de sécurité des Nations unies, car voici une instance, à vocation internationale, et définie, à l’origine, comme étant garante du maintien de la sécurité planétaire, qui se transforme, au fil des ans, en caisse de résonance des vélléités dominatrices des grandes puissances, et qui, plus est, semble en être fière.
A Istanbul, où se tenait, aujourd’hui, la première journée de la Conférence de la CICA, Ahmadinejad n’a pas eu de mots assez durs, pour dénoncer ce caractère pervers, qui fait du Conseil de sécurité, « l’institution la moins démocratique au monde ». Une institution aux mille et un détours, qui « se croit au-dessus de toute autre instance internationale, y compris, l’Assemblée générale » ; car, comment expliquer, sinon par une indéfectible tendance à institutionaliser la "discrimination", le fait qu’une entité composée de 15 membres, dont cinq trainent un passé et un présent lourds d’ingérences, de lutte d’influence, puisse décider du sort du reste de la planète. Le cas du Traité de non prolifération et des mesures destinées à son recadrage demeure, à cet égard, fort éloquent. On se rappelle, en effet, avec quelle insistance, les Américains ont cherché, tout au long de la Conférence sur la révision du TNP, à en tourner, sous le vernis de prétendues réformes, le contenu à leur propre avantage et à celui des détenteurs de l’arme suprême. Mais on se rappelle, aussi, comment cet accès de fièvre hégémonique a été stoppé net, à la faveur d’un élan indépendantiste engageant tous les Etats et nations, pour qui, il est insensé que l’Amérique mène le monde, à sa guise. La question du nucléaire iranien s’inscrit, elle-aussi, dans ce même cadre. Cette fausse crise montée de toutes pièces en vient à connaître un début de solution, à travers un texte baptisé "Déclaration de Téhéran". Cette déclaration, qui met l’accent sur le droit égalitaire de tous les pays à avoir accès au nucléaire civil, a reçu, ainsi que l’a indiqué Ahmadinejad, "l’accueil enthousiaste de dizaines de gouvernements". En d’autres termes, c’est une majorité d’Etats qui en a souhaité la mise en application. Mais ce caractère majoritaire a-t-il suffi pour que l’Amérique et ses acolytes acceptent de s’y incliner ? Bien sûr que non. Peu importe si ce "refus" complique davantage la donne et s’il conduit le monde et la région vers une période de crise, à l’issue incertaine. Les choses vont à peu près de la même manière, dès qu’il s’agit de mettre le doigt sur la politique de la Maison Blanche, à l’égard d’Israël. L’assaut de lundi dernier de la marine sioniste contre une flottile civile d’aides humanitaires pour Gaza a bouleversé les consciences. D’Asie à l’Afrique, en passant par l’Amérique latine, nul n’a pu dénier la férocité de cet acte, sa perversité, son atrocité primaire, à l’exception notable, des Etats-Unis, qui se sont très "protocolairement" contentés d’exprimer "leurs regrets". Mais la duplicité latente de ces pseudo-regrets ne peut rien changer à la réalité, et la réalité est telle que l’a décrite Ahmadinejad: "L’incident tragique de lundi dernier vient de sonner le glas d’un régime, dont le tissu est tramé d’injustices, un régime qui n’a plus aucune place dans la région et qui va droit au déclin."

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