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mercredi, 24 juin 2015 02:08

Israël et le "diktat" international! par Zouhir Mebarki

Israël et le "diktat" international!  par Zouhir Mebarki
IRIB- Comme à son habitude, la mauvaise foi le dispute
au cynisme, en Israël, qui rejette, sans autre forme de procès, l'initiative française de relance du processus israélo-palestinien. Comme à son habitude, la mauvaise foi le dispute au cynisme, en Israël, qui rejette, sans autre forme de procès, l'initiative française de relance du processus israélo-palestinien. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, - qui s'est acoquiné avec l'extrême droite, les colons et les religieux, pour former un gouvernement hétéroclite - n'a même pas attendu d'écouter le chef de la diplomatie française, en tournée, au Moyen-Orient, pour refuser une idée, qui a le mérite d'apporter des idées à un dossier en suspens. Arc-bouté à une méthode de travail, qui a montré ses limites, Israël s'accroche à un présumé tête-à-tête avec les Palestiniens, plus que jamais, improductif. Nonobstant ce fait, Israël et, faut-il le souligner, les Etats-Unis - ledit «médiateur», dans le processus de paix - s'en tiennent à un procédé, qui n'a induit qu'échec sur échec. Toutes les médiations états-uniennes - dont la dernière en date, celle menée par John Kerry - ont échoué. Il fallait, donc, sortir de ce cercle vicieux, pour redonner au processus de paix du crédit. Or, ni les Etats-Unis - qui, d'ores et déjà, menacent d'user du veto, pour stopper l'initiative française, au Conseil de sécurité - et encore moins, Israël, ne veulent de négociations supervisées par l'ONU et la communauté internationale. Il s'agissait, pour les Français, d'ouvrir le contexte, pour dépasser un tête-à-tête stérile. Expliquant l'initiative, le Chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, indiquait, dimanche, à Amman: «En ce moment il n'y a pas de négociations, pas de résolution, pas d'accompagnement international. La situation peut se dégrader, à chaque instant, et notre rôle, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité et en tant qu'ami des pays de la région c'est d'aider à trouver les solutions, non pas, à la place des parties prenantes, mais avec les parties prenantes». C'est-à-dire, apporter des idées neuves, une assistance intelligente aux parties, pour les aider à aboutir à une solution équilibrée et acceptable. La paix avec les Palestiniens n'étant pas sa priorité, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a, immédiatement, rejeté l'approche française, ratiocinant sur de prétendues «négociations bilatérales» avec les Palestiniens, assurant: «Le seul moyen de parvenir à un accord, c'est à travers des négociations bilatérales, (entre Israéliens et Palestiniens), et nous rejetterons, avec force, toute tentative, qui viserait à nous imposer des diktats internationaux». Diktat? Tiens donc! En fait, ni Israël, ni leur protecteur états-unien, ne souhaitent une intrusion de l'ONU, qui mettrait les deux parties face à leur responsabilité, d'autant plus que les Etats-Unis - par leur position ambiguë d'allié et protecteur d'Israël - font, de fait, partie du problème. En effet, on est en droit de s'interroger sur le fait que les négociations, sous l'égide des Etats-Unis - débutées dans les années 1990 - n'aient avancé, ne serait-ce, que sur un ou deux points du contentieux. Or, à chaque nouvelle relance du processus de paix, les négociations repartent de zéro. Est-ce ordinaire? Est-ce normal que le médiateur états-unien n'exige pas d'Israël l'arrêt total de la colonisation, qui, non seulement, constitue un obstacle insurmontable, mais, singulièrement, rend les négociations de paix sans objet. Que l'on ne nous dise pas que les Etats-Unis, qui arbitrent les négociations israélo-palestiniennes, ne sont pas conscients de ce fait. Un fait rédhibitoire, qui annule toute possibilité d'aboutir, même, à long terme, à une solution à deux Etats, (Palestine et Israël), comme le préconise Washington, lui-même. Or, la persistance de la colonisation, la reconfiguration et la judaïsation de (Qods) Jérusalem-Est et de la Cisjordanie occupées, rendent caducs tous les efforts de trouver une solution juste au conflit israélo-palestinien. En proposant d'élargir les partenaires du trio, (Israël, Palestine, Etats-Unis), la France tente, en fait, de recrédibiliser et de relancer un processus de paix, définitivement, dans l'impasse. Estimant l'urgence de la situation, Paris explique à l'ONU: «La France partage, depuis l'été dernier, (agression israélienne contre la bande de Ghaza, Ndlr) un constat simple: la solution des deux Etats est en passe de disparaître. La poursuite de la colonisation, illégale, obère, jour après jour, la viabilité d'un Etat palestinien, sur le terrain. Le vide politique nourrit le risque d'explosion. En Israël, comme en Palestine, les opinions publiques se radicalisent, et le nombre de partisans de la solution à deux Etats diminue». Aussi, une reprise du dialogue est-elle urgente. Encore faut-il que la donne soit claire, par l'imposition d'une supervision internationale et une date butoir. Ce que, ni Israël, ni les Etats-Unis, ne veulent en entendre parler. Et ce sont eux qui imposent leurs oukases au monde qui parlent de «diktats» internationaux.

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