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mardi, 31 juillet 2007 16:07

Interview 4

Entretien avec M.

Thierry Meyssan, écrivain et journaliste français et Président fondateur du Réseau Voltaire, au sujet du premier tour des législatives de France

 

Quel est, d’après-vous le sens des résultats du premier tour des élections législatives de France ?

Il y a plusieurs aspects. La première chose est la très faible de participation. Il y a eu près de 40% d’abstention. Et ceci contraste avec ce qui s’était présenté, lors de l’élection présidentielle, le mois précédent. Pour moi, cet aspect s’explique de la manière suivante : Pour l’élection présidentielle, le débat qui aurait dû porter sur la politique étrangère et de défense, a été, en réalité, porté sur les compétences du parlement et du gouvernement. Et don, le débat de la présidentielle, c’était le débat de législatives et quand, il y a des législatives, il n’y a plus de débats possibles, puisque tout a été, déjà, discuté. La deuxième remarque, c’est que les électeurs français ont, massivement, soutenu, le nouveau Président de la République. On pouvait s’y attendre. C’est ce qu’on appelle, ici, l’état de grâce, c'est-à-dire, les gens essayent de donner, au Président, nouvellement, élu, les moyens de sa politique. Cependant, compte tenu du mode du scrutin très particulier, en France, les petits partis sont éliminés et on peut s’attendre, à l’issue du second tour, la semaine prochaine, à ce que certains partis disparaissent du parlement et que le nombre des groupes parlementaires soit, extrêmement, réduit. Il n’y aurait, très probablement, que trois groupes, deux pour la majorité et un pour l’opposition. Donc, ceci va modifier, en profondeur, les pratiques politiques du pays et concoure à une bipolarisation à l’américaine telle que souhaite, précisément, nos cousins d’outre atlantique.

Donc, il y aura le risque l’absence d’un débat démocratique au sein de l’Assemblée nationale ?

Il n’y aura pas du tout un débat au sein de l’Assemblée nationale, car le déséquilibre tel qu’il s’annonce sera, tellement, immense. C’est, toujours, un risque dans un pays, quand on ne débat dans l’Assemblée, on risque de débattre dans la rue, ce qui est, toujours, très violent.

Est-ce que vous êtes d’accord avec François Bayrou qui dit la France regrettera ce choix ?

J’en suis certain. Je pense que, d’abord, la France n’a pas fait ce choix. C’est le système déformant du scrutin qui conduit à ce résultat. Oui, le pays va regretter les conséquences de cette élection. En plus, je pense que nous avons, aujourd’hui, une grande incertitude quant à la politique qui va être menée. Puisque le Président de la République, au cours de sa campagne électorale, a, à plusieurs reprises, changé d’avis sur des sujets des plus importants.

De quels sujets ?

Par exemple, les relations avec les Etats-Unis, la politique au Moyen-Orient, les relations avec l’Iran. Au cours de sa campagne, le Président de la République s’est montré, extrêmement, dur vis-à-vis de l’Iran, accusant ce pays de vouloir se doter de l’arme nucléaire et l’accusant de vouloir détruire la population d’Israël. Mais, aujourd’hui, à peine élu, il a désigné, M. Couserans, ancien Ambassadeur de France, à Téhéran, pour une mission diplomatique spéciale au Proche-Orient et pour renouer des contacts avec toutes sortes de groupes et de personnalités avec lesquels le Président Chirac avaient rompu. Donc, il y a, une très contradiction très nette entre ce qui a été, dit, au cours de cette campagne et ce qui se fait, actuellement et nous ne savons pas ce qui se fera, demain.

Quels seront, d’après vous, les projets prioritaires du Président de la République ?

Je n’en sais rien. Je n’en sais rien, puisque le Président de la République a fait une telle liste de choses, prétendument, prioritaires. Pour moi, il y a beaucoup d’incertitudes sur la politique qui va être conduite.   

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