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samedi, 11 juillet 2015 15:04

Massacre de Srebrenica : vingt ans après, la douleur est la même

IRIB- Des milliers des personnes se sont présentées, samedi, à Srebrenica, pour participer aux cérémonies marquant le 20e anniversaire du massacre de 8.000 hommes et garçons musulmans. Une tuerie, qualifiée de génocide, par la justice internationale, mais, toujours, pas, par la Serbie.,
En juillet 1995, les forces serbes bosniennes massacrent 8.000 hommes et garçons musulmans, à Srebrenica, alors que la région était déclarée "zone protégée" par l'Organisation des Nations unies. Ce samedi, 20 ans plus tard, la Bosnie commémore la pire tuerie, en Europe, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qualifiée de génocide, par la justice internationale.
Environ, 50.000 personnes, dont des proches des victimes et des survivants, sont attendues, à Srebrenica, pour participer aux cérémonies marquant le 20e anniversaire du massacre. A cette occasion, les cercueils de 136 victimes identifiées ont été mis en terre. A ce jour, 6.241 victimes retrouvées et identifiées ont été enterrées, au mémorial de Srebrenica, et 230 autres, dans d'autres cimetières.
La Serbie refuse d'évoquer un «génocide». La guerre intercommunautaire de Bosnie, de 1992 à 1995, a fait 100.000 morts, et, environ, 2 millions de réfugiés, soit près de la moitié de la population de la Bosnie, à l'époque. La Serbie refuse, obstinément, d'accepter qu'un génocide a été perpétré. A son arrivée, à Srebrenica, le Premier ministre serbe, Aleksandar Vucic, a été, brièvement, conspué par un groupe de participants aux cérémonies, avant d'entrer dans un hangar, où il a signé le livre de condoléances. Il s'est entretenu avec des mères de victimes, dont une lui a donné une longue accolade.
A Belgrade, juste avant son départ, pour Srebrenica, Aleksandar Vucic a publié une lettre ouverte, dans laquelle il dénonce un «crime monstrueux». «Il n'y a pas de mots que l'on puisse prononcer, pour exprimer sa tristesse et ses regrets, pour les victimes, ni sa colère, à l'égard de ceux qui ont commis ce crime monstrueux», a écrit Aleksandar Vucic, ancien faucon ultranationaliste, devenu pro-européen convaincu, qui n'a, toutefois, pas employé le mot «génocide».
Les leaders politiques et militaires des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, accusés d'être les éminences grises du massacre de Srebrenica, sont, aujourd'hui, jugés, pour génocide, par le Tribunal pénal international, pour l'ex-Yougoslavie. En 2001, un commandant serbe de Bosnie, Radislav Krstic, a été le premier condamné, pour un génocide en Europe. Quatre autres condamnations, pour génocide, ont suivi.
Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas de résolution, à l'ONU, pour condamner le génocide de Srebrenica. Le sujet anime, toujours, les débats, sur la scène politique internationale, et reste une question, qui empoisonne les relations entre la Serbie et la Bosnie. Mercredi, la Russie a, d'ailleurs, opposé son veto à un projet de résolution de l'ONU, sur Srebrenica, une décision, dont Belgrade s'est félicité, et que les familles des victimes ont déplorée, estimant qu'elle «rendait la réconciliation impossible». Nombre de responsables internationaux, parmi lesquels le président des États-Unis, à l'époque, Bill Clinton, dont le gouvernement a été l'architecte des accords de paix de Dayton, qui ont mis fin au conflit bosnien, étaient présents, à Srebrenica. Le président serbe, à l'époque, le pro-européen Boris Tadic, était, lui aussi, présent, en 2005, de même qu'en 2010, à l'occasion du 15e anniversaire de la tuerie.

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