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mercredi, 01 juillet 2015 01:29

L’armée turque rejette les plans de guerre d’Erdogan

L’armée turque rejette les plans de guerre d’Erdogan
IRIB- La guerre contre la Syrie ne serait pas possible,
sans l’énorme implication de la Turquie, aux côtés des islamistes, qui combattent le gouvernement syrien. Malgré quelques victoires des guérilleros kurdes contre l’État islamique, le long de la frontière avec la Turquie, il y a, encore, des routes ouvertes, qui permettent aux islamistes de circuler et qui sont leurs plus importantes lignes d’approvisionnement. Les succès que les Kurdes ont obtenu contre l’État islamique et d’autres groupes islamistes, soutenus par la Turquie,  grâce au soutien aérien des États-Unis, est considéré comme une menace stratégique, par la Turquie. Les Kurdes ont, déjà, un Etat semi-autonome, dans le Nord de l’Irak. Ils pourraient, désormais, en créer un, en Syrie, le long de la frontière turco-syrienne. Et par la suite, Ils pourraient vouloir y intégrer les zones kurdes de Turquie. «Je m’adresse au monde entier: Nous ne permettrons jamais qu’un Etat se forme, au nord de la Syrie, au Sud de notre frontière», a déclaré Erdogan, lors d’un événement, organisé pour le Ramadan, par le Croissant rouge turc, à Istanbul, le 26 juin. «Nous allons poursuivre notre lutte quel qu’en soit le prix. Ils tentent de modifier l’équilibre démographique de la région. Nous ne le tolèrerons pas», a-t-il dit. La situation économique ne fait qu’empirer, en Turquie. Erdogan et son parti, l’AKP, ont perdu les dernières élections, mais ils veulent éviter un gouvernement de coalition. Erdogan n’est pas fini. Il va convoquer de nouvelles élections, mais il veut, d’abord, créer une situation susceptible de réduire le nombre des votes, en faveur du parti HDP, majoritairement, pro-kurde, afin de récupérer les votes, pour son AKP. La combinaison de ces trois éléments : l’attaque turque, par procuration, contre la Syrie, par l’intermédiaire des forces islamistes, la neutralisation de la menace de la consolidation kurde, en Syrie, et la diminution du soutien, pour le parti pro-kurde, en Turquie, pourraient jouer, en faveur de M. Erdogan, s’il parvenait, aussi, à élargir le conflit avec les Kurdes. Les raids de l’Etat islamique des dernières semaines, sur Kobané, probablement, à partir de la Turquie, ont fait plus de 200 victimes, essentiellement, des civils. Ca a été une attaque terroriste de beaucoup plus grande ampleur que celles de la Tunisie, du Koweït et de la France, qui ont été montées en épingle, dans les médias «occidentaux». Mais avec le soutien des États-Unis aux Kurdes, les forces islamistes, aux ordres des Turcs, ont de la difficulté à vaincre les Kurdes. Il y a une solution aux problèmes de M. Erdogan, ce serait d’envoyer l’armée turque. La tâche de l’armée serait d’empêcher les Kurdes de Syrie d’avancer davantage, et de garder les lignes logistiques vers la Turquie ouvertes à l’Etat islamique. Les combats de l’armée contre les Kurdes, en Syrie, pourraient, également, contribuer à réduire le soutien non-kurde au parti HDP pro-kurde, en Turquie. Mais l’armée turque ne veut pas faire la guerre de M. Erdogan: «Le gouvernement turc veut que l’armée turque soutienne, plus activement, l’Armée syrienne libre, (ASL), contre le régime et les forces kurdes et jihadistes, sur le territoire syrien, mais l’armée est réticente et cherche à gagner du temps, en profitant du fait qu’un nouveau gouvernement de coalition est en train de se constituer, ont expliqué des sources officielles au "Hürriyet Daily News".…Une source a souligné la «nécessité» d’«empêcher de nouveaux affrontements entre ISIL et les forces kurdes, dirigées par le Parti de l’Union démocratique, (PYD), celle d’empêcher le PYD de prendre le contrôle total de la frontière turco-syrienne, et celle de créer une zone de sécurité contre un nouvelle vague de réfugiés, sur le territoire syrien, et non pas, sur le territoire turc». Le chef d’état-major, le général Necdet Özel, a ajourné l’ordre du gouvernement, en s’abritant derrière le droit international et la géopolitique, et en arguant de la difficulté de prévoir les réactions du régime de Bachar al-Assad, en Syrie, de ses soutiens russes et iraniens, ainsi que des Etats-Unis . Depuis lors, le gouvernement essaie de convaincre l’armée du bien-fondé de ses plans». L’armée bloque la décision de M. Erdogan d’envoyer, au moins, une division en Syrie. Elle exige des ordres écrits émanant d’un nouveau gouvernement, qui n’est pas, encore, formé. L’attaque turque ne sera, donc, pas lancée avant l’automne, si elle est lancée. Ce faisant, la direction de l’armée, avec, sûrement, l’accord des Etats-Unis, règle une des trois raisons qu’a Erdogan d’envoyer l’armée: «Le lanceur d’alerte, sur Twitter, Fuat Avni, a révélé, samedi, à l’aube, que le Président Erdogan mènerait ce que le compte anonyme qualifie de transactions secrètes, pour former une coalition entre le Parti de la Justice et du Développement, au pouvoir, (AKP), et le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, et qu’une guerre syrienne semble être la seule façon de créer un chaos susceptible d’augmenter le soutien, pour l’AKP». Comme l’armée refuse d’appliquer le plan de M. Erdogan, il va, peut-être, devoir trouver un autre moyen de créer une situation d’urgence. Des «attaques terroristes», en territoire turc, depuis la Syrie, pourraient-elles être utilisées, pour forcer l’armée à l’action immédiate? Le M.I.T., le service de renseignement turc, est dans la main de M. Erdogan. Les sordides opérations, sous «faux drapeaux» ne lui font pas peur. Le M.I.T. pourrait-il servir à créer la crise dont Erdogan a besoin? Et les néocons libéraux de Washington DC pourraient-ils lui apporter leur concours ?
Source : Moon of Alabama; traduit par Arrêt sur Info

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