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samedi, 29 septembre 2012 11:18

Algérie : Abadou dame le pion à Fabius, par Zouhir Mebarki

IRIB- S'il y a quelqu'un qui doit indemniser l'autre, c'est bien la France et non l'Algérie.

Le secrétaire général de l'Organisation nationale des Moudjahidine (ONM), Saïd Abadou, a très bien fait de le rappeler, hier, dans les colonnes du quotidien El Khabar. Il répondait, en fait, à ce rusé Laurent Fabius en charge de la diplomatie française qui, devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, a évoqué, entre autres, les anciens biens immobiliers en Algérie des Français durant la colonisation. Il a même eu le culot d'évoquer «trois propriétés achetées en Algérie 1963 (une année après l'Indépendance) par l'Etat français» en insistant sur le caractère «incontestable de leurs titres de propriété». Rusé et culotté car il fait abstraction de la «propriété incontestablement illégale» de la France sur tout le territoire algérien durant un siècle et demi. En s'emparant de notre pays, la France a une énorme dette envers les Algériens. En 132 ans d'occupation, il faudra bien évaluer les expropriations des Algériens qui ont permis ces «incontestables titres de propriété» aux pieds-noirs dont parle Fabius. Il faudra bien aussi évaluer le nombre de victimes réelles de la colonisation. On ne cite que le million et demi de nos martyrs de la guerre de Libération nationale mais qu'en est-il des autres millions d'Algériens tués de 1830 à 1954 durant la guerre de conquête que les historiens français appellent cyniquement «la pacification». Auxquels il faudra bien ajouter nos victimes des enfumades, ceux qui sont morts en déportation, ceux de la «punition collective» du code de l'indigénat, ceux des successives famines et autres épidémies comme la peste et le choléra, ceux des essais nucléaires à Reggane et bien d'autres.

Il faudra bien évaluer nos richesses volées par la France en minerai de fer, en phosphates, en produits agricoles, en vins, etc. Et si l'on devait rafraîchir la mémoire à Laurent Fabius, ou même l'instruire, disons-lui que 90% de la population algérienne a été déplacée vers l'arrière-pays et y a vécu dans des conditions inhumaines. Non, monsieur Fabius, on ne vole pas la maison d'autrui et arguer avoir «d'incontestables titres de propriété» sur cette même maison! Quant à votre chantage d'ouvrir en Algérie trois écoles françaises en insinuant que dans le cas contraire que vous fermeriez en rappelant (sur le ton de l'innocence) l'existence de l'école algérienne ouverte en France «qui n'a pas un statut clair», disons qu'il n'est pas très subtil pour un chef de la diplomatie. Un chantage auquel Fabius n'hésite pas à y joindre un ultimatum pour une solution «d'ici à octobre». Rusé et culotté le Fabius car c'est bien lui qui tente de torpiller les efforts de son président de la République, François Hollande, pour faire aboutir son projet de «partenariat nouveau de très haut niveau» avec l'Algérie. Ici en Algérie nous ne faisons que répondre à ces attaques sournoises qui nous visent également. Ces attaques nous rappellent celles de la Knesset et sa fameuse loi qui voudrait que l'Algérie «paie des réparations pour les biens des juifs qui ont rejoint Israël après sa création». L'argument ne pouvait tenir pour au moins deux raisons. De 1948 à 1962 c'est à la France que les réparations devraient être demandées. Même après 1962 c'est toujours la France qui est concernée car les juifs d'Algérie sont des citoyens français depuis 1870. En plus clair, la Knesset devrait s'adresser à Laurent Fabius pour toutes réclamations concernant ces réparations. Enfin, et c'est plus grave, Fabius n'hésite pas, en agitant ces quelques «propriétés» à mettre en jeu ce «relais de croissance» (dixit Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur français) qu'est l'Algérie pour la France en grande récession économique. Comme on peut le constater, Fabius fait plus de mal à la France qu'à l'Algérie!

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