IRIB- Les relations américano-afghanes, les négociations avec les Talibans et la récente réunion Iran/Afghanistan/Pakistan, voilà les trois axes de l'entretien téléphonique de mardi soir entre le président afghan et son homologue américain.
Hamid Karzaï a jugé positive la réunion tripartite, à Islamabad, rappelant avoir procédé à des négociations globales et précises avec toutes les parties importantes pakistanaises, au sujet du processus de paix, en Afghanistan. Pour sa part, Barack Obama a considéré la visite, au Pakistan, du président afghan, comme un pas positif, en faveur de l'établissement de la paix, en Afghanistan. Le contact téléphonique des présidents américain et afghan a eu lieu, dans les circonstances où les négociations bilatérales Talibans/Washington, au Qatar, se sont heurtées aux critiques implicites des responsables afghans, négociations qui contredisent, selon Karzaï, les intérêts nationaux des Afghans. Il est vrai qu'après la révélation de ces négociations, le président afghan a annoncé qu'il soutiendrait, néanmoins, ces dialogues, avec l'objectif de mettre fin à la violence, en Afghanistan, tout en ne cachant pas sa volonté de faire entrer Kaboul, dans ces négociations. Le gouvernement afghan, qui estime que le compromis avec les Talibans, est une affaire afghane, à régler dans le domaine géographique du pays même, qualifie de son droit légal, la gestion de ce processus et n'accepte l’ingérence des autres, dans cette entreprise, qu'en tant qu'aide ou soutien. Kaboul s'inquiète de voir les négociations bilatérales Washington/Talibans mettre en danger les intérêts nationaux et affaiblir le droit à la souveraineté nationale afghane. Pourtant, la politique américaine a, à son ordre du jour, des négociations avec les Talibans, sans les représentants afghans, alors que les Talibans ont, clairement, fait savoir qu’ils ne voulaient pas d’un dialogue avec les responsables du gouvernement. N'oublions pas, en effet, qu'il y a quelque temps, le président afghan a fait part au journaliste du "Wall Street Journal", des négociations tripartites Kaboul/Washington/Talibans, ce qui a, aussitôt, fait bondir le porte-parole de ce groupe, qui a rejeté toute négociation avec Kaboul, rappelant que les déclarations de Karzaï sont médiatiques et que l’engagement de négociations avec le gouvernement afghan ne serait que faux et mensonger. En tout état de cause, les deux présidents afghan et américain, arriveront-ils, au téléphone, à une littérature diplomatique censée régler les problèmes des deux pays?