Chroniques http://french.irib.ir Sun, 27 May 2018 23:33:45 +0000 fr-fr Poutine et le diktat unilatéral occidental http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378234-poutine-et-le-diktat-unilatéral-occidental http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378234-poutine-et-le-diktat-unilatéral-occidental IRIB- Depuis quelques mois, on assiste
à une recomposition lente, mais cohérente, des rapports de force internationaux, où les ennemis d’hier sont les amis de demain, en espérant -pour la paix du monde – qu’ils ne redeviennent pas les ennemis de demain. Dans ce grand échiquier, selon le beau mot de Brezinski, ancien gourou de la politique américaine, Vladimir Poutine apparaît comme un joueur constant, avec un cap, qui est celui-légitime- de faire rejouer à la Russie, au-delà de la parenthèse de l’épopée soviétique, le lustre tsariste de la Grande Catherine de Russie, qui accueillait à sa cour Voltaire, de Pierre le Grand, le tsar de toutes les Russies. Selon l’analyste Mathieu Slama, ce qui se joue entre Vladimir Poutine et les dirigeants européens, ne se situe pas, simplement, autour de la question ukrainienne, mais au niveau des idées, «sur quelque chose de bien plus fondamental et décisif». (…) On peut reprocher beaucoup de choses à Vladimir Poutine, mais il y a une chose qu’il est difficile de lui contester, c’est son intelligence et l’imprégnation qu’il a de la culture et de l’âme russes. En cela, nous dit Hubert Védrine, dans le dernier numéro du magazine "Society", consacré à Poutine, il se distingue, très nettement, de ses homologues européens: «C’est un gars [sic] très méditatif, qui a, énormément, lu. Vous ne pouvez pas dire ça d’un dirigeant européen, aujourd’hui. Il y a une densité chez Poutine, qui n’existe plus chez les hommes politiques». Dans un discours, absolument, fondamental d’octobre 2014, devant le club Valdaï, réunion annuelle, où experts, intellectuels et décideurs viennent parler de sujets liés à la Russie, Poutine a, brillamment, exposé l’essentiel de sa doctrine. Extraits: «La recherche de solutions globales s’est, souvent, transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes. La notion même de souveraineté nationale est devenue une valeur relative, pour la plupart des pays, à la place d’Etats souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos». (1)Le discours culte de Poutine, en octobre 2014. Lors de la rencontre de Valdaï, qui eut lieu, en Russie, en octobre 2014, le président russe  a fait un discours, dont nous reproduisons ici les principaux points : «(…) Nous nous réunissons, pour nous parler, franchement. Les débats d’aujourd’hui se sont tenus, sous le thème: De nouvelles règles ou un jeu sans règles? Tandis que nous analysons la situation d’aujourd’hui, n’oublions pas les leçons de l’histoire. Tout d’abord, les changements, dans l’Ordre mondial – et tout ce que nous voyons, aujourd’hui, constitue des événements de cette ampleur – ont, généralement, été accompagnés, sinon par une guerre et des conflits, à l’échelle mondiale. (…) La politique mondiale est, avant tout, une question de leadership économique, de guerre et de paix, avec une dimension humanitaire, incluant les droits de l’Homme. Ce système a été, sérieusement, affaibli, fragmenté et déformé». (2) «Ce que nous devions faire était de procéder à une reconstruction rationnelle et de l’adapter aux nouvelles réalités du système des relations internationales. (…) La Guerre froide a pris fin, mais elle n’a pas pris fin avec la signature d’un traité de paix comprenant des accords clairs et transparents sur le respect des règles existantes ou la création d’un nouvel ensemble de règles et de normes. (…) Dans une situation, où vous aviez la domination d’un pays et de ses alliés, ou plutôt de ses satellites, la recherche de solutions globales s’est, souvent, transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes universelles. Ils ont présenté les politiques qu’ils concoctaient, dans leurs corridors du pouvoir, comme le point de vue de l’ensemble de la communauté internationale». (2)«(…) Les mesures prises , poursuit le Président Poutine, contre ceux qui refusent de se soumettre, sont bien connues, et ont été essayées et testées de nombreuses fois. Elles comprennent l’usage de la force, la pression économique et la propagande, l’ingérence, dans les affaires intérieures, et les appels à une sorte de légitimité «supra-légale», lorsqu’ils ont besoin de justifier une intervention illégale, dans tel ou tel conflit ou de renverser des régimes qui dérangent. (…) Ce n’est pas pour rien que «Big Brother» dépense des milliards de dollars, pour tenir sous surveillance le monde entier, y compris ses propres alliés les plus proches».(2) Vladimir Poutine passe, ensuite, en revue tous les conflits actuels, qui ont été fabriqués par l’impérialisme occidental: «Au lieu de régler les conflits, cela conduit à leur escalade; à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos; et à la place de la démocratie, il y a un soutien, pour un public très douteux, allant de néofascistes avoués à des islamistes radicaux. Ils ont, jadis, parrainé des mouvements islamistes extrémistes, pour combattre l’Union soviétique. Les sources de financement du terrorisme. Vladimir Poutine montre que le financement est, à la fois, la drogue et le pétrole: «Au cours de mes conversations avec les dirigeants américains et européens, je parlais, toujours, de la nécessité de lutter, ensemble, contre le terrorisme, de le considérer, comme un défi, à l’échelle mondiale. (…) Quant aux sources de financement, aujourd’hui, l’argent ne vient plus, seulement, de la drogue, (…) Les terroristes obtiennent, également, de l’argent, en vendant du pétrole. Le pétrole est produit, dans le territoire contrôlé par les terroristes, qui le vendent à des prix de dumping, le produisent et le transportent. Mais d’autres achètent ce pétrole, le revendent, et font du profit, sans penser au fait qu’ils financent, ainsi, les terroristes, qui pourraient venir, tôt ou tard, sur leur propre sol, et semer la destruction, dans leur propre pays». L’offre  permanente de dialogue «(…) Essentiellement, le monde unipolaire est tout simplement un moyen de justifier la dictature sur les individus et les nations. (….)Aujourd’hui, nous assistons à de nouveaux efforts pour fragmenter le monde, (…) Ces tentatives sont de plus en plus déconnectées de la réalité et sont en contradiction avec la diversité du monde. Des mesures de ce genre créent inévitablement des confrontations et provoquent des contre-mesures, et ont pour résultat l’effet inverse de ce qui était souhaité. Je pense que nos amis américains sont tout simplement en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. On ne peut pas mélanger la politique et l’économie, mais c’est ce qui se passe maintenant. La Russie ne va pas perdre son calme, s’offenser ou venir mendier à la porte de quiconque. La Russie est un pays autosuffisant. (…) Bien sûr, les sanctions constituent un obstacle. Le monde est un endroit très différent aujourd’hui.« Nous sommes toujours ouverts au dialogue y compris au sujet de la normalisation de nos relations économiques et politiques. (…) Nous avons vu que l’Asie joue un rôle de plus en plus important dans le monde, dans l’économie et dans la politique, et nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer ces développements. Le développement des relations économiques avec ces pays et la réalisation de projets d’intégration communs créent aussi de grandes incitations pour notre développement national. Il ne fait aucun doute que des facteurs humanitaires tels que l’éducation, la science, la santé et la culture jouent un rôle plus important dans la concurrence mondiale. (…)» (2)Que sera l’avenir s’il y a la jungle ? «Qu’est-ce que l’avenir nous réserve donc, s’inquiète le président Poutine,  si nous choisissons de ne pas respecter les règles – même si elles peuvent être strictes et peu pratiques, mais plutôt de vivre sans règles du tout? Ce sera la peur et l’équilibre de la destruction mutuelle qui empêcheront les nations de se livrer à un conflit direct. (…) La prochaine menace évidente est l’escalade plus avant de conflits ethniques, religieux et sociaux. (…) Plus nous faisons face à des problèmes communs, plus nous nous trouvons dans le même bateau, pour ainsi dire. Pourquoi ne pouvons-nous pas utiliser cette expérience à l’avenir pour relever les défis locaux et mondiaux? Cependant, il est évident que les succès et les résultats réels ne sont possibles que si les participants clés des affaires internationales peuvent se mettre d’accord sur l’harmonisation des intérêts de base, sur le fait de s’imposer des limites raisonnables, et de donner l’exemple d’un leadership positif et responsable.(…) nous avons besoin d’un nouveau consensus mondial des forces responsables. (…) Nous avons un agenda pacifique et positif tourné vers l’intégration. Nous travaillons avec nos collègues de l’Union économique eurasienne, de l’Organisation de coopération de Shanghai, du Brics (..) Ce programme vise à renforcer les liens entre les gouvernements, pas à les fragiliser.» (2)Pourquoi ne cesse-t-on pas de s’en prendre à la Russie?Parmi toutes les sanctions à l’endroit de la Russie, l’affaire des gazoducs. En plus de ses anciens gazoducs, la Russie a proposé deux autres gazoducs South Stream et North-Stream: les tracés adoptés contournent l’Ukraine. Parallèlement l’Union européenne a proposé de construire le Nabucco. Ces projets s’affrontaient de part et d’autre de la mer Noire pour alimenter l’Europe du Sud. (…) le North Stream est opérationnel il ravitaille l’Allemagne en passant sous la mer Baltique Le South Stream a été abandonné. Karl Muller nous explique pourquoi l’Occident s’en prend à la Russie coupable de «ne pas rentrer dans le rang après la chute de l’empire soviétique». Coupable aussi d’avoir soutenu Assad, coupable aussi d’être contre le bouclier antimissiles à sa porte.:«Les nombreux rapports concernant la situation «tendue» en Asie, actuellement entre la Chine et le Japon, jouent des rôles différents. (..) On ne parle pas, du moins publiquement, de la politique de l’Union européenne, notamment de l’Allemagne, vis-à-vis de l’Europe de l’Est et de la Russie. Et ce alors que les États de l’Otan et l’Union européenne se sont fixés comme objectif – depuis 1990-1991, et malgré leurs promesses au gouvernement soviétique de l’époque – de «s’approprier» l’Est à partir de l’Ouest en incorporant toujours plus d’États de l’Europe de l’Est à l’Alliance atlantique ainsi qu’à l’Union européenne pour affaiblir la Russie et l’asservir petit à petit. On trouve la preuve de toutes ces manoeuvres dans le livre Le grand échiquier. paru en 1997 l’auteur est Zbigniev Brzezinski, conseiller des présidents américains pour la sécurité des Etats Unis» (3)Comment combattre la Russie par les médias?Après avoir tenté de l’asphyxier en vain,nous l’avons vu avec les sanctions européennes – les multinationales américaines ne sont pas concernées, au contraire, elles continuent à faire des affaires-voilà que l’Empire instruit ses vassaux européens de mettre en place une lutte médiatique.«L’automne 2015 lit-on dans la contribution suivante devrait voir l’apparition d’un nouveau projet stratégique initié par l’intelligentsia de Bruxelles visant à lutter contre «le succès des médias russes et notamment celui de Russia Today». Le projet, qui portera le nom de EastStartComTeam devrait être opérationnel dès septembre 2015, disposant d’antennes dans sept pays du bloc postsoviétique (et commençant son travail de propa… (…) Cette guerre médiatique et de communication des grands ensembles devrait s’accentuer alors qu’au sein de l’Organisation de Shanghai, les principaux médias dominants (russes, chinois, indiens, centrasiatiques, iraniens) vont coordonner leur activité pour lutter contre le déséquilibre informationnel régnant et l’hyper-dominance des médias occidentaux.» (4)Arabie Saoudite Russie : Même combat ?On sait que l’Arabie Saoudite est un colosse de pétrodollars avec un sabre nain, elle a pour rôle de porter le chaos en Russie.  De deux façons différentes en noyant le marché avec son pétrole ce qui assèchera les entrées en devises, mais aussi en lançant les meutes terroristes wahabites qu’elle finance contre la RussieA l’époque  les groupes wahhabites contrôlés par Bandar  Ben  Sultan ancien responsable des services secrets, attaquent la Russie avec la complicité de la CIA. L’Arabie Saoudite veut contraindre la Russie à lâcher Assad. Elle crée le chaos sur place avec les groupes et des groupes terroristes d’inspiration wahhabite   Le prince Bandar Bin Sultan, homme lige de la CIA, a été reçu – à sa demande – à deux reprises par le président russe Vladimir Poutine, pour le convaincre, en vain, de lâcher Bachar al-Assad en contrepartie de juteux Quelques semaines avant la deuxième rencontre Poutine-Bandar, du  3 décembre 2013,  un premier attentat a eu lieu le 21 octobre 2013 dans un bus de Volgograd, provoquant la mort de 7 personnes et 30 blessés.  Dans une prise de position sans précédent, le président russe a qualifié de « terroriste » le régime saoudien. Poutine a promis « des représailles » aux attentats de Volgograd.Que s’est il passé depuis  pour que l’Arabie Saoudite qui ne représente rien sur le plan de la puissance militaire technologique ou scientifique, en vienne à prendre langue avec la Russie ?  Une explication serait que l’Arabie Saoudite veut montrer aux Etats Unis son indépendance après  l’accord  entre l’Iran et le groupe 5 +1. Les Saoudiens sont extrêmement mécontents de l’accord iranien, que le Président américain Barack Obama a défendu avec tant de véhémence   Il semble que dans un avenir pas trop lointain, la République islamique pourrait se transformer d’ennemi mortel en allié majeur des États-Unis. Pendant ce temps, les États-Unis ont choisi de se retirer totalement de la lutte contre les Houthis soutenus par l’Iran au Yémen;La signature d’un accord entre la Russie et l’Arabie Saoudite selon lequel Riyad investira $ 10 milliards dans l’économie russe est une preuve : « L’accord avec l’Arabie Saoudite représente le plus grand partenariat et le plus grand appel de capitaux étrangers de ces dernières années, pour la Russie », a déclaré le directeur général de fonds russe d’investissement Direct (RFID), Kirill Dmitriev.   « Les investisseurs arabes viennent à la Russie à un moment où tout le monde lui tourne le dos, » écrit Vedomosti, un quotidien d’affaires respecté ».(5)D’autres experts russes s’accordent à dire que pour les arabes, les arrangements privés entre dirigeants sont extrêmement importantes. D’autant plus que le principal traité d’investissement entre Moscou et Riyad était accompagné de négociations sur les livraisons à l’Arabie saoudite des systèmes de défense anti aérienne de fabrication russe, Iskander.  Ce qui sera un défi lancé à Washington, qui, jusqu’à présent, jouit d’un monopole pour la fourniture d’armes au Royaume.(5)Les intérêts pétroliers de Riyad sont également propices à des liens plus étroits avec la Russie. Le but ici est de résoudre le problème du prix du pétrole bas,  (…)   Dans l’élargissement de la coopération avec la Russie, Riyad, joue aussi un jeu long. Bien sûr, le principal intérêt de Moscou est de briser le carcan de l’isolement global et de trouver de nouveaux partenaires et alliés  Ce n’est pas pour rien, disent les médias, que récemment le Président Poutine lui-même a téléphoné à son homologue américain Barack Obama pour discuter d’abord et avant tout de la Syrie. Non moins remarquable a été la réaction du locataire de la maison blanche, qui a dit qu’il avait été « réconforté » par l’appel. Ces attentes ont été renforcées par les récentes déclarations de politiciens occidentaux (dont Obama lui-même) qui affirment que, sans la participation de la Russie, un accord avec l’Iran aurait été impossible. Néanmoins, l’activation des liens avec une telle puissance régionale clé comme l’Arabie Saoudite devrait être vue comme une évolution positive, surtout si l’on considère le fait que la Russie soutient l’Iran et est prête à coopérer avec les Etats-Unis sur la Syrie, même si son éventuel abandon du régime Assad demeure un point discutable ».  (5)Dans le même ordre on apprend qu’en date du 11 août La Russie et l’Arabie Saoudite sont d’accord pour relancer le dialogue entre Damas et l’opposition  De plus le dialogue constructif entre tous les pays du Golfe, notamment les pays arabes et l’Iran» se mette en place.«Nos approches du règlement de la crise coïncident de manière générale, mais il y aussi des désaccords. L’un d’entre eux concerne le destin du président Al-Assad», a ajouté le ministre russe qui estime en outre qu’il revient aux Syriens de décider du sort de leur président.   Sergueï Lavrov a encore souligné que Bachar Al-Assad ne menaçait aucun pays voisin, alors que Daesh ne menace «pas simplement l’Irak, la Syrie et l’Arabie Saoudite [… mais produit] des cartes qui vont de l’Espagne au Pakistan».(6)Comment l’Occident prépare une guerre perdue d’avance contre ses «barbares» ?Il n’empêche ! il n’y a pas de signe d’accalmie. Tout l’arsenal annonciateur d’une troisième déflagration mondialisée est en effet méthodiquement mis en place par les autorités du «vieux monde» en leur citadelle G7 assiégée: lois d’exception sur le renseignement légalisant l’écoute généralisée de tous les citoyens; accords secrets verrouillant le champ de bataille économique (Tafta, loi sur le secret industriel…); mise sous tutelle des «alliés» récalcitrants (Grèce); persécution contre tout ce qui s’apparente à des migrants, militarisation forcenée des forces dits «de l’ordre» contre la colère montante de la piétaille; ingérences militaires aux quatre coins de la planète et jusqu’aux confins de l’Europe (Ukraine) dérapages colonialistes au Moyen-Orient (Israël), saccage de l’Afrique… Bref, il n’y a plus guère que le choeur affolé des autruches pour s’égosiller à nier la réalité implacable de ces dangereux préparatifs guerriers.» (7) «Tous les fronts ouverts à ce jour en attestent: déconvenues occidentales à répétition sur les sites d’interventions localisées (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie…); piétinements d’Israël développement ultrarapide de l’État islamique; incapacité pour les autorités en place, malgré tous leurs efforts en ce sens, de maîtriser la Toile mouvante des réseaux d’Internet, armes de sabotage massif, mais aussi de mobilisation séditieuse par excellence.» (5) Mais au fait, où sont les ennemis à anéantir? Assurément, la diabolisation de Poutine fait de la Russie une cible quasi idéale pour un bon vieux conflit bien traditionnel à l’ancienne. Aujourd’hui, c’est contre les «barbares» engendrés par lui-même sur ses propres ruines que l’Empire occidental est contraint de se battre. (…) Se heurtant comme mouches contre les vitres aux poudrières par eux semées: la fin de la croissance infinie, l’épuisement des ressources énergétiques, le dérèglement climatique… Les Romains de feu l’Empire romain le savent bien: à la fin, ce sont les «barbares» qui gagnent. Nul ne sait ce que sera demain.» (7)Mistrals russes: le manquement à la parole  donnéeDans le même ordre, il est intéressant de décrire la position erratique de la France dans l’affaire des Mistral payés rubis sur l’ongle par la Russie et que Hollande refuse de livrer. Un ancien diplomate français attaché militaire à Moscou en parle:«Avoir osé casser le contrat Mistral avec la Russie il fallait quand même le faire. François Hollande l’a osé, et l’a fait! Il a tout cassé (…) Entre la France et la Russie, ce sont des siècles de construction et d’élaboration de relations particulières Le pire, ce n’est pas la peine d’en parler, Tolstoï l’a suffisamment bien raconté dans Guerre et Paix, Le meilleur, c’est De Gaulle, qui d’une main, a construit notre force de dissuasion nucléaire, respectée par tous et qui rendait ses dires crédibles, et de l’autre rappelle qu’il ne saurait y avoir de construction européenne garante de la paix dans le monde sans la participation du grand voisin de l’Est. Staline ne s’y était du reste pas trompé: il voulait faire participer De Gaulle à Yalta. Il avait préparé à son intention en cadeau un fusil incrusté d’or et de pierreries que l’on vous montre à Moscou, (…)» (8)C’est un fait depuis l’année dernière  le rapport des forces politiques et économiques a définitivement changé dans le monde, le barycentre s’étant déplacé vers l’Asie. La Russie devient de plus en plus indépendante surtout avec la création de la nouvelle banque Brics. Les changements ont aussi porté sur le rapport des forces sur l’arène économique mondiale. Même l’allié depuis 70 ans, en l’occurrence l’Arabie saoudite, est en train de s’affranchir. L’accord de l’Iran avec les Etats-Unis, l’a amené à se rapprocher de la Russie, un cadeau de 10 milliards de dollars, l’achat de missiles Iskander, seule demande pour que la Russie lâche Assad, ce que la Russie ne veut pas faire. De plus, la Russie a vocation à être intégrée à l’Europe: «De l’Atlantique à l’Oural», selon le mot de De Gaulle, Ce serait alors un ensemble économique important uni par l’Histoire et la civilisation, mais les stratèges atlantistes ont tout fait pour la précipiter dans les bras asiatiques.Professeur Chems  Eddine Chitour
]]>
Chroniques Sat, 15 Aug 2015 16:47:38 +0000
L'hécatombe des Merkawas..... http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378170-l-hécatombe-des-merkawas http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378170-l-hécatombe-des-merkawas IRIB-Le 14 juillet 2006, un jour pas comme les autres.
Après 33 jours d’offensive israélienne des plus féroces dans le but d’éliminer la résistance et ses partisans, le cessez-le-feu est entré en vigueur.L’ampleur des destructions infligées à l’infrastructure du Liban, aux bâtiments résidentiels, aux secteurs vitaux et le nombre élevé des victimes parmi les civils sont désormais connus de tous.Mais comme en toute guerre, des faits cruciaux dans le déroulement de la guerre restent camouflés au profit des  images des massacres et des atrocités.Parmi ces faits majeurs, un événement qui fut décisif dans le déroulement de la guerre, notamment l’incursion sioniste terrestre au Sud Liban.Aux derniers jours de la guerre, le commandement militaire israélien a voulu appliquer sa doctrine militaire basée sur l’incursion blindée et rapide dans des territoires boisés montagneux face à la guerre de guérilla menée par les combattants du Hezbollah.En quête d’un exploit majeur après avoir encaissé une série d’échecs depuis le début de l’offensive contre le Liban, Israël a dépêché le 9 août le bataillon de génie 162 pour avancer vers Wadi Houjeir (vallée de Houjeir) au sud du fleuve Litani afin de recueillir des renseignements sur la nature de l‘endroit et déterminer les axes permettant la progression de la force blindée.Les Israéliens ignoraient ce qu’il les attendait : avec l’avancée du bataillon précité, les combattants du Hezbollah ont pris conscience des déplacements sionistes, ils ont renforcé leur présence sur place en attendant l’arrivée des soldats ennemis.Ils ont déployé les plateformes des missiles antichars. Suite aux bombardements intenses à l’artillerie, la force blindée s’est infiltrée via la vallée proche de Hounine, et a progressé vers les villages d’Odeissah et Reb Tlatine à la localité de Taybeh, pour sécuriser l’axe menant à Wadi Houjeir.Une fois arrivée au passage de Taybeh, et avant l’infiltration dans la vallée de Houjeir, la résistance a bombardé aux missiles antichars huit véhicules blindés (char Merkava, bulldozer CATERPILLAR D9).Les Israéliens ont admis dans leurs communiqués militaires que douze soldats sont morts ou blessés, et que six Merkava sont détruits.Ceci ne fut que le début de la bataille, connue par la suite par "l’hécatombe des Merkava".Juste après l’attaque, les chars sionistes ont tenté de prendre le chemin de l’Est via le village de Qantara. Les combattants du Hezbollah ont alors frappé quatre autres chars freinant l’avancée de la force blindée.Face à ces développements, l’armée israélienne a convoqué ses forces d’infanterie sur l’axe Ouest menant toujours à la vallée Houjeir, du côté du village de Ghandouriyeh. Les soldats d’infanterie étaient chargés de déterminer les positions des embuscades tendues au long de la route. Là encore, les combattants du Hezbollah se sont confrontés directement avec ces derniers. 13 soldats ont été dénombrés parmi les morts et les blessés. Ce qui a poussé la force blindée à avancer pour couvrir l’évacuation des corps des soldats et des blessés.Un convoi de chars a pénétré dans la vallée d’un point de non-retour du village de Ghandouriyeh. De nouveau, les combattants du Hezbollah étaient prêts à la riposte et tiré des roquettes antichars, pulvérisant neuf autres chars de type Merkava.Ensuite, et avec l’entrée du reste de la force à l’intérieur de la vallée, les missiles du Hezbollah se sont abattus de tous les sens sur les chars et les soldats à bord. En quelques minutes, 39 chars ont été également détruits. Les combattants ont empêché les forces israéliennes de protéger leurs véhicules qui ont été exposés au feu direct de la résistance islamique. 12 bulldozers ont été calcinés.Ainsi, sur les 90 chars dépêchés en direction du fleuve de Litani, seuls quatre chars sont arrivés au village de Ghandouriyeh !Les soldats sionistes qui sont rentrés vivants rapportent avoir vu l’enfer de leurs propres yeux.L’enfer israélien, la grande victoire pour la résistanceC’est justement dans cet enfer israélien là, la vallée de Houjeir, que le Hezbollah a décidé de commémorer ce vendredi cette année la victoire de juillet 2006.Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah s’adressera devant des milliers de partisans pour parler de la victoire du Liban.Le message aux Israéliens est clair : l’histoire s’est écrite sur les rochers sur lesquels votre vague s’est brisée !     al manar
]]>
Chroniques Fri, 14 Aug 2015 15:47:34 +0000
L’effondrement de l’économie américaine, par Dr. Paul Craig Roberts http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378098-l’effondrement-de-l’économie-américaine,-par%20dr-paul-craig-roberts http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378098-l’effondrement-de-l’économie-américaine,-par%20dr-paul-craig-roberts IRIB- Vous souvenez-vous de l’époque
où existaient des journalistes réels? C’était avant que le régime Clinton ne concentre les médias, les transformant en un ministère de la Propagande, un outil de Big Brother. La fausse réalité dans laquelle vivent les Américains se prolonge dans la vie économique. Le rapport sur l’emploi de vendredi dernier était la continuation d’une longue série de mauvaises nouvelles, bidouillées en bonnes nouvelles. Les médias répètent deux nombres, comme s’ils signifiaient quelque chose, les gains (ou pertes) mensuels d’emplois salariés et le taux de chômage, et ignorent les chiffres qui montrent la poursuite du déclin, depuis plusieurs années, dans les opportunités d’emploi, alors que l’économie est, prétendument, en convalescence. La prétendue reprise est basée sur la mesure U.3 du taux de chômage. Cette mesure ne comprend pas les personnes sans emploi qui sont découragées d’en trouver un et on cessé d’en chercher, pendant quatre semaines. La mesure U.3 de chômage ne comprend que ceux qui gardent l’espoir de trouver un emploi. Le gouvernement a une deuxième mesure de chômage officiel, U.6. Cette mesure, rarement, évoquée, intègre, parmi les chômeurs, ceux qui ont été découragés, pendant moins d’un an. Cette mesure officielle est le double de la mesure de U.3 de 5,3%. Cela signifie que le taux de chômage est de plus de 10%, après six ans de reprise économique présumée! Taux d’emploi US réel, selon Shadowstats. En 1994, le régime Clinton a arrêté de compter les travailleurs découragés à long terme, comme chômeurs. Clinton voulait que son économie paraisse meilleure à regarder que celle de Reagan, donc, il a cessé de recenser les travailleurs découragés qui faisaient partie du taux de chômage de Reagan. John Williams (shadowstats.com) continue de mesurer le taux de chômage à long terme, selon la méthodologie officielle de cette époque. On peut, ainsi, constater que quand ces chômeurs sont inclus, le taux de chômage des États-Unis, en juillet 2015, est de 23%, plusieurs fois plus élevé que, lors de la récession que le Président de la Fed Paul Volcker avait offerte à la présidence Reagan. Un taux de 23% de chômage donne à la reprise reprise économique un sens nouveau. Quatre-vingt-cinq ans sont passés, depuis la Grande Dépression, et l’économie américaine est en reprise économique, avec un taux de chômage proche de celui de la Grande Dépression. Le taux de participation au marché du travail a diminué, depuis la reprise, qui aurait commencé, en juin 2009, et se poursuit, aujourd’hui. Ceci est très inhabituel. Normalement, lors d’une reprise économique, les emplois rebondissent, et les gens affluent au travail. Basé sur ce qu’il a dit à ses conseillers économiques, le Président Obama a attribué la baisse du taux de participation aux baby-boomers qui prennent leur retraite. En réalité, pendant la prétendue reprise, la croissance de l’emploi a concerné, principalement, les personnes de 55 ans et plus. Par exemple, en juillet, tous les emplois salariés nouveaux concernaient des personnes de 55 ans et plus, alors que la classe d’âge de 25 à 54 ans a perdu 131.000 emplois, en juillet. Au cours de l’année précédente (juillet 2014 – juillet 2015), la tranche d’âge 55 et plus a gagné 1.554.000 emplois et les classes jeunes, 16-18 et 20-24, ont perdu, respectivement, 887.000 et 489.000 emplois.De 2009 à 2013, le nombre d’Américains au travail, dans la classe d’âge de 25 à 54 ans, a diminué de 6.00.000 d'emplois. Ces années de reprise économique présumée ont, apparemment, contourné les Américains de la classe d’âge d’activité maximale. En juillet 2015, les États-Unis avaient 27.265.000 personnes occupant un emploi à temps partiel, dont 6,3 millions, soit 23%, parce qu’ils ne peuvent pas trouver un emploi à temps plein. Il y a 7.124.000 Américains, qui détiennent plusieurs emplois à temps partiel ,pour joindre les deux bouts, soit une augmentation de 337.000, en un an.Les jeunes ne peuvent pas fonder de foyers, sur la base d’emplois à temps partiel, mais les retraités prennent ces emplois, afin de compenser le revenu manquant sur leurs économies, à cause de la politique d’intérêt à taux zéro de la Réserve fédérale, qui a pour but de soutenir les bilans d’une poignée de banques géantes, dont les dirigeants contrôlent le Trésor américain et la Réserve fédérale. Avec un si grand nombre d’emplois industriels et de compétences professionnelles, délocalisé en Chine et en Inde, tels que l’ingénierie logicielle,  les carrières professionnelles disparaissent, aux États-Unis. Les emplois les plus lucratifs, en Amérique, concernent ceux qui fabriquent les escroqueries de Wall Street, ceux qui font du lobbying, pour des groupes d’intérêts privés, où l’on embauche, de préférence, d’anciens membres de la Chambre, du Sénat, et de l’Exécutif, et, enfin, ceux qui montent des programmes, pour aider les donateurs des think tanks à s’enrichir, en faisant passer ces programmes pour des politique publiques, qui peuvent devenir des lois. Les emplois salariés, déclarés pour juillet, sont dans les catégories habituelles qui nous sont familières, mois après mois, et année après année. Ce sont les emplois de services domestiques divers, serveuses et barman, vendeurs au détail, transports, entreposage, finance et assurances, soins de santé et assistance sociale. Rien à l’exportation, afin de payer nos importations massives. Avec une maigre croissance du revenu réel médian des familles, alors que l’épargne dégringole et que le crédit s’épuise, même la partie consommation de l’économie va fléchir. De toute évidence, ce n’est pas une économie qui a de l’avenir. Mais vous ne saurez jamais cela, si vous n’écoutez que les médias financiers ou ne lisez que la section économie-finance du "New York Times" ou du "Wall Street Journal". Si j’étais encore l’éditeur du "Wall Street Journal", que je fus, l’état déplorable de l’économie américaine serait en première page des nouvelles.
Paul Craig Roberts
 
 
]]>
Chroniques Fri, 14 Aug 2015 01:48:07 +0000
La Cinquième colonne de Washington en Russie et en Chine http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378093-la-cinquième-colonne-de-washington-en-russie-et-en-chine http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378093-la-cinquième-colonne-de-washington-en-russie-et-en-chine IRIB- a fallu deux décennies à la Russie et à la Chine
pour comprendre que les organisations pour la démocratie et les droits humains opérant au sein de leurs pays étaient des organisations subversives fondées par le Département d’État et une collection d’institutions américaines privées organisées par Washington. Le but véritable de ces organisations non gouvernementales (ONG) est de faire progresser l’hégémonie de Washington en déstabilisant les deux pays capables de résister à l’hégémonie US.La cinquième colonne de Washington a monté des Révolutions de Couleur dans les anciennes provinces russes, comme la Géorgie, le lieu de naissance de Joseph Staline, et l’Ukraine, une province russe depuis des siècles.Lorsque Vladimir Poutine a été élu la dernière fois, Washington a été en mesure d’utiliser ses cinquièmes colonnes pour déverser des milliers de protestataires dans les rues de Moscou qui affirmaient que Poutine avait volé l’élection. Cette propagande américaine n’a pas eu d’effet sur la Russie, où les citoyens soutiennent leur président à 89%. Les autres 11% consistent presque entièrement en des Russes qui croient que Poutine est trop mou à l’égard de l’agression occidentale. Cette minorité soutient également Poutine. Ils veulent seulement qu’il soit plus rigoureux. Le pourcentage actuel de la population que Washington a été capable de transformer en agents de la trahison est seulement de 2% à 3%. Ces traîtres sont les Occidentaux, les intégrationnistes atlantistes, qui veulent que leur pays devienne un état vassal de l’Amérique en échange d’argent. Argent pour eux, évidemment.Mais la capacité de Washington à mettre sa cinquième colonne dans les rues de Moscou a eu un effet sur les Américains et les Européens insouciants et désinformés. De nombreux Occidentaux croient aujourd’hui que Poutine a volé son élection et a l’intention d’utiliser son mandat pour reconstruire l’Empire soviétique et écraser l’Ouest. Non qu’écraser l’Ouest soit difficile à faire. L’Ouest s’est peu ou prou déjà écrasé lui-même.La Chine, obsédée par le projet de devenir riche, a été une cible facile pour Washington. La Fondation Rockefeller soutient des professeurs chinois pro-américains dans les universités. Des sociétés états-uniennes opérant en Chine créent des Conseils d’administration superflus dans lesquels les membres des familles de la classe politique au pouvoir sont nommés et rémunérés à coups de jetons de présence élevés. Cela compromet la loyauté de la classe dirigeante chinoise.Espérant avoir compromis la classe dirigeante chinoise avec de l’argent, Washington a ensuite lancé ses ONG de Hong-Kong dans des manifestations, espérant que celles-ci gagneraient la Chine et que la classe dominante, achetée avec de l’argent américain, serait lente à voir le danger.La Russie et la Chine ont fini par comprendre. Il est étrange que les gouvernements des deux pays que Washington considère comme des menaces aient été si longtemps tellement tolérants à l’égard d’ONG financées par l’étranger. La tolérance russe et chinoise envers la Cinquième colonne de Washington doit avoir beaucoup encouragé les néoconservateurs américains, poussant ainsi le monde plus près d’un conflit.Mais comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin. Le Saker rapporte que la Chine a fini par agir pour se protéger de la subversion de Washington.Nous, les Américains, avons besoin d’être humbles, et non arrogants. Nous avons besoin de reconnaître que le mode de vie américain, à part pour les 1% privilégiés, décline sur le long terme et cela depuis deux décennies. Si la vie sur la terre doit continuer, les Américains ont besoin de comprendre que ce n’est pas la Russie et la Chine, pas plus que ce n’étaient Saddam Hussein, Kadhafi, Assad, le Yémen, le Pakistan et la Somalie qui sont des menaces pour les États-Unis. La menace réside entièrement dans l’idéologie néoconservatrice complètement dingue de l’hégémonie de Washington sur le monde et sur le peuple américain.Ce but arrogant [le suprématisme fasciste, NdT] pousse les États-Unis et leurs États vassaux à la guerre nucléaire.Si les Américains se réveillaient, seraient-ils en mesure de faire quelque chose à propos de leur gouvernement dévoyé hors-contrôle? Est-ce que les Européens, qui ont expérimenté les résultats dévastateurs de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, sont capables de comprendre que les dommages causés à l’Europe dans ces guerres sont minuscules comparés aux dommages d’une guerre nucléaire?Si l’Union européenne était un gouvernement intelligent et indépendant, elle interdirait absolument à chacun de ses pays membres d’héberger une base anti-missile ou toute autre base militaire n’importe où à proximité des frontières de la Russie.Les groupes de pression d’Europe de l’Est présents à Washington veulent prendre leur revanche sur l’Union soviétique, une entité qui n’existe plus parmi nous. Leur haine s’est déplacée sur la Russie. La Russie n’a rien fait sinon avoir omis de lire la doctrine Wolfowitz et de réaliser que Washington tente de gouverner le monde, ce qui nécessite de l’emporter sur la Russie et la Chine.Par Paul Craig Roberts
]]>
Chroniques Thu, 13 Aug 2015 17:58:56 +0000
Drones US : Les « tueurs » sont fatigués http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378017-drones-us-les-«-tueurs-»-sont-fatigués http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378017-drones-us-les-«-tueurs-»-sont-fatigués IRIB- Le colonel James R. Cluff, commandant la base aérienne de Creech
- située dans le Nevada, à une soixantaine de km de Las Vegas - se plaint des conditions de travail des pilotes de drones-tueurs.Il explique les « erreurs de tirs » et les « dommages collatéraux » par la fatigue des 1 066 « droneurs » sous ses ordres. Ils travaillent 12 heures par jour, dit-il, cinq jours par semaines, sans prendre de repos, alors que par le passé ils n’occupaient le poste que six mois dans l’année. Certains « droneurs» de drones totaliseraient 1 281 heures de vols, quatre fois plus que les pilotes normaux.Il faut savoir qu’un tir de missile, à des centaines de milliers de kilomètres, mobilise des dizaines de personnes - techniciens au sol, informaticiens, analystes – et requiert des centaines d’heures de vol de drones. A titre d’exemple, les tirs de 875 missiles de MQ-1 Predator et de MQ-9 Reaper sur des cibles en Irak et en Syrie, ont nécessité 3 300 vols. Or, de Creech, les “droneurs” pilotent tous les jours, une centaine de drones vers l’Irak, la Syrie, le Yémen, le Pakistan, l’Afghanistan et la Somalie, décollant des bases américaines au Proche-Orient ou ailleurs.…Pour remplir le nombre toujours plus important de missions demandées aux « droneurs » par Barack Obama, l’US Air Force recrute maintenant des « contractors » - généralement des pilotes de chasse retraités -, au double du salaire perçu par les militaires, et alloue des primes mensuelles de 650 à 1 500 $ aux « droneurs » engagés pour des durées dépassant 6 ans.Ombre au tableau : le taux de suicides du au stress, aux remords, à la vue en direct des massacres provoqués par les missiles, est plus élevé que dans les bases aériennes militaires traditionnelles.Aux Etats-Unis, les manifestations pour interdire l’utilisation de drones-tueurs se font plus nombreuses. En mars 2015, des militants se sont réunis devant la base de Creech pour réclamer sa fermeture. Dernièrement, une organisation de vétérans a demandé aux « droneurs » de refuser d’accomplir leurs missions.Gilles Munier
]]>
Chroniques Thu, 13 Aug 2015 01:38:15 +0000
Le plan de l’Institut Brookings pour liquider la Syrie http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378002-le-plan-de-l’institut-brookings-pour-liquider-la-syrie http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/378002-le-plan-de-l’institut-brookings-pour-liquider-la-syrie IRIB-Voici votre devinette du jour sur la politique étrangère
états-unienne : quand un changement de régime n’est-il pas un changement de régime?Quand le régime reste au pouvoir mais perd sa capacité de gouverner. C’est l’objectif actuel de la politique des États-Unis en Syrie, détruire la capacité du président syrien Bachar al-Assad à gouverner le pays sans le chasser physiquement de son poste. L’idée est simple : déployer des intermédiaires djihadistes soutenus par les États-Unis pour prendre et tenir de vastes régions du pays et, par là, mettre le gouvernement central dans l’impossibilité de contrôler le pays. C’est la façon dont l’administration Obama projette d’agir avec Assad, en le rendant superflu. La stratégie est expliquée très en détail dans un document établi par Michael E. O’Hanlon pour l’Institut Brookings et intitulé Déconstruire la Syrie: une nouvelle stratégie pour la guerre la plus désespérée de l’Amérique. En voici un extrait :« … la seule voie réaliste pour avancer peut résider en un plan qui déconstruit effectivement la Syrie […] la communauté internationale devrait œuvrer à créer au fil du temps des poches plus viables en termes de sécurité et de gouvernance. […] L’idée serait d’aider des éléments modérés à établir des zones sûres et fiables à l’intérieur de la Syrie une fois qu’elles en seraient capables. Les Américains, tout comme les Saoudiens, les Turcs, les Britanniques, les Jordaniens et les autres forces arabes, agiraient en soutien, pas seulement aérien mais pour finir au sol via des forces spéciales. Cette approche bénéficierait du terrain désertique ouvert de la Syrie, qui permettrait de créer des zones tampons susceptibles d’être surveillées pour capter d’éventuels signes d’attaque ennemie. Les forces occidentales elles-mêmes resteraient généralement dans des positions plus sûres – à l’intérieur des zones sécurisées mais à l’arrière des lignes de front – au moins jusqu’à ce que la fiabilité de telles défenses, ainsi que les forces alliées locales, aient rendu possible de se déployer et de vivre dans davantage d’endroits avancés. La création de ces sanctuaires donnerait naissance à des zones autonomes qui ne devraient plus jamais être confrontées à la perspective d’être gouvernées ni par Assad ni par État islamique. […] L’objectif intermédiaire pourrait être une Syrie confédérale, avec plusieurs zones très autonomes. […] La confédération nécessiterait probablement le soutien d’une force internationale de maintien de la paix […] pour rendre ces zones défendables et gouvernables, pour aider à l’approvisionnement des populations qui y vivent et pour entraîner et équiper davantage de recrues de manière à ce que ces zones puissent être stabilisées puis graduellement étendues.»(Deconstructing Syria: A new strategy for America’s most hopeless war, Michael E. O’Hanlon, Brookings Institute)N’est-ce pas la tactique de base qui se déroule aujourd’hui en Syrie?Remarquez comment O’ Hanlon ne considère jamais les implications morales de l’anéantissement d’une nation souveraine, qui tue des dizaines de milliers de civils et en déplace des millions d’autres. Ce genre de choses ne compte tout simplement pas pour les experts qui concoctent ces stratégies impériales. C’est seulement du grain à moudre. Notez aussi comment l’auteur se réfère à des zones tampons et à des zones de sécurité, les mêmes termes qui avaient été employés à plusieurs reprises dans l’accord entre la Turquie et les États-Unis pour utiliser la base aérienne turque d’Incirlik. La Turquie veut que les États-Unis aident à la création de ces zones de sécurité le long de la frontière nord de la Syrie pour la protéger d’une attaque et créer un sanctuaire pour entraîner de prétendus militants modérés qui seraient utilisés dans la guerre contre État islamique. En l’occurrence, ces zones de sécurité projetées sont une partie vitale du plan plus vaste de O’Hanlon pour briser l’État en un million d’enclaves séparées gouvernées par des mercenaires armés, des affiliés d’al-Qaïda et des seigneurs de guerre locaux. C’est le rêve d’Obama d’une Syrie libérée, un État failli anarchique parsemé de bases militaires US où l’extraction massive des ressources peut se pratiquer sans entraves. Ce qu’Obama veut éviter à tout prix est un nouvel embarras comme l’Irak, où l’élimination de Saddam a créé un vide sécuritaire qui a conduit à une révolte violente et prolongée qui coûte cher aux États-Unis en termes de sang versé, d’argent et de crédibilité internationale. C’est pourquoi il maintient la stratégie actuelle dont il pense qu’elle est une manière plus intelligente d’atteindre les mêmes objectifs. En d’autres termes, les buts n’ont pas changé. La seule différence est la méthode. Ci-dessous, un peu plus de O’Hanlon :«… Le plan ne serait pas seulement dirigé contre EI mais en partie également contre Assad. Dans la réalité, toutefois, il ne chercherait pas explicitement à le renverser, plutôt à lui dénier le contrôle du territoire qu’il aspire encore à gouverner de nouveau. Les zones autonomes seraient libérées avec la claire compréhension qu’il n’y aura pas de retour au gouvernement par Assad ou un de ses successeurs. En tout cas, Assad ne serait pas une cible militaire dans ce concept, mais les zones qu’il contrôle actuellement (et bombarde avec cruauté) le seraient. Et si Assad tardait trop longtemps à accepter un accord pour son exil, il pourrait inévitablement être confronté à des dangers concernant son pouvoir et même sa personne.» (Deconstructing Syria: A new strategy for America’s most hopeless war, Michael E. O’Hanlon, Brookings Institute)Qu’est-ce que cela signifie?Cela signifie que la Syrie est en train de devenir le nouveau terrain d’exercice pour la nouvelle stratégie de changement de régime [Regime Change] d’O’Hanlon, une stratégie dans laquelle Assad devient le cobaye numéro un. Et juste pour qu’il n’y ait pas de malentendu sur le but réel de l’opération, O’Hanlon fait cet aveu plutôt surprenant :«…Ce plan diffère de la stratégie actuelle sur trois points principaux. Premièrement, l’idée serait clairement énoncée comme l’objectif avoué des États-Unis. […] Cela aiderait aussi à dissiper le soupçon qui rôde que Washington se contentait de tolérer le gouvernement Assad comme le moindre de deux maux.» (Deconstructing Syria: A new strategy for America’s most hopeless war, Michael E. O’Hanlon, Brookings Institute)Donc l’administration pourrait abandonner la prétention que les États-Unis mènent une guerre contre État islamique et se contenter d’admettre ouvertement que Assad doit partir. Selon O’Hanlon cela aiderait à arranger les choses avec d’autres membres de la coalition qui sont dans la confusion au sujet des intentions réelles de Washington. O’Hanlon, encore :« … des équipes de soutien multilatérales, consistant en détachements de forces spéciales et de capacités de défense aériennes si nécessaire, seraient préparées pour un déploiement dans diverses parties de la Syrie une fois que les éléments de l’opposition seraient capables de prendre et de tenir de manière sûre des points forts. […] Cette dernière partie serait bien sûr le plus grand défi et le déploiement effectif de telles équipes le plus problématique. […] Mais c’est une partie nécessaire de l’effort.» (Deconstructing Syria: A new strategy for America’s most hopeless war, Michael E. O’Hanlon, Brookings Institute)Traduction : il y aura des bruits de bottes américaines sur le terrain en Syrie. Vous pouvez parier. Tandis qu’il est bon de déployer la chair à canon djihadiste pour mener la charge et assouplir l’ennemi, pour finir, vous devrez envoyer le 7e de cavalerie pour conclure l’affaire. Cela signifie des forces spéciales, une zone d’exclusion aérienne à l’échelle du pays, des bases d’opération avancées et une propagande mensongère destinée à convaincre le troupeau que la Syrie doit être détruite dans le but de défendre la sécurité nationale des États-Unis. Tout cela interviendra dans la phase 2 du fiasco de la guerre en Syrie, qui est sur le point de s’intensifier de plusieurs degrés de magnitude.Enfin, voici O’ Hanlon qui jette un dernier fougueux argument en faveur de sa stratégie flambant neuve de changement de régime :«…Ce type de plan peut être la seule manière réaliste pour avancer. […] De plus, bien qu’il ne soit pas sans risques pour les États-Unis, le degré d’engagement militaire envisagé n’est pas substantiellement plus grand que ce que nous avons accompli l’an dernier, ou à peu près, en Afghanistan. Le président Obama […] ne devrait pas voir la Syrie comme un problème à transmettre à son successeur, mais plutôt comme une crise qui requiert son attention et, maintenant, une nouvelle stratégie.»Donc là vous l’avez ; le plan pour mettre en lambeaux la Syrie, précipiter une crise humanitaire encore plus grande et renverser Assad sans lui retirer physiquement son mandat. Tout ce carnage et cette destruction dans un bref essai de 1 100 mots. N’est-ce pas là de la concision ?Vous êtes-vous jamais demandé si ces grosses têtes politiques, comme O’Hanlon, ont jamais pensé aux souffrances qu’ils causent avec leurs grandes stratégies, ou si même cela compte pour eux ?
]]>
Chroniques Wed, 12 Aug 2015 16:49:34 +0000
Après la Syrie, le tour de la Turquie? http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377945-après-la-syrie,-le-tour-de-la-turquie http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377945-après-la-syrie,-le-tour-de-la-turquie IRIB-Le quotidien de l'économie, "Les Echos" marque en première page...
...le recul économique et touristique de la Turquie, après les efforts conjugués des combattants du PKK et de la nébuleuse armée EL, véritable orage, pour filer la métaphore, qui semble obéir aux directions marquées par une sorte de système HAARP, comme physiquement ce dernier est mis en oeuvre en Alaska pour perturber climat et atmosphère, en créant des séismes artificiels avérés. Pareil tremblement atteint le pays, comme l'indique le tire du quotidien: "L'économie turque ruinée par la poussée terroriste".Le terme paraîtrait exagéré dans un contexte politique, mais les arguments avancés sont des chiffres irréfutables. Un pays, qui ne se confond pas avec tel ou tel dirigeant, et pouvait espérer faire progresser un  pourcentage de plus de 9%  par an de croissance en 2010-2011 "la croissance la plus forte au monde après la Chine", précise ce numéro du Mardi 11 août des Echos(p.04) , tombé à 2,9 %, l'an dernier,  avec le déclenchement, on le notera, de la dite crise syrienne ou, en termes clairs, de l'offensive wahhabite appuyée sur des aides que l'on sait, est définitivement à l'écart de toute capacité d'entrer dans une Europe ouverte, sans frontières. Le terrorisme implanté en Syrie a débordé et éclabousse le pays fort de l'Orient;ce scénario était redouté de nombreux experts militaires que le système personnel,arbitraire,  mot plus exact que celui d''autoritaire, de M. Erdogana présenté comme un complot politique. Après son échec constitutionnel qui aurait permis, par l'addition de pouvoirs exceptionnels, de se tenir au-dessus de tout contrôle national, de de répondre ainsi à des sollicitations qui ont pour effet l'anarchie croissante dans le pays, M. Erdogan s'en prend à l'Assemblée nationale, qu'il veut dissoudre. En réalité, toute proportion gardée, la Turquie subit les effets d'une déliquescence ou paralysie de son Etat, toujours prestigieux au cours de son histoire connue, tout comme la Syrie a été menacée d'être divisée, paralysée, et gangrenée par la paupérisation, ne laissant à ses citoyens que l'espoir dans leur courage, l'avenir restant menaçant.
  Sur ce plan Syrie et Turquie connaissent le même sort, car ils ont le même adversaire  "le vieil ennemi" pour employer un vocabulaire religieux désignant le Malin ou son auxiliaire principal. Un peu de recul devrait permettre une synthèse suffisante, à défaut de pouvoir tout éclairer dans le détail! "L'insécurité dans le pays et à ses frontières, menace la prévision de croissance de 4% fixée par le gouvernement cette année, analyse certain économiste juif cité par le quotidien, et il faut bien diagnostiquer un enlisement inévitable du pays qui tomberait dans un Chaos d'autant plus grave que la tête de l'Etat se bat contre ses propres institutions, les paralyse, alors que la Syrie martyre est au contraire galvanisée par une personnalité hors pair, efficace et modeste ou humble,populaire, le contraire de son voisin turc! "Même si elle a ralenti en juillet pour se fixer à 6,8%, l'inflation dans ce pays", écrivent Les Echos de la Turquie en lutte intestine, "reste également élevée, tout comme le taux de chômage (9,6% en avril).Quant à la lira, la monnaie turque,elle pourrait continuer à se déprécier.Rien que depuis l début de l'année 2015, elle a perdu environ 25% de sa valeur par rapport au dollar, et 8% par rapport à l'euro, se retrouvant ainsi non loin de son plancher historique".
 Faut-il dire qu'après la Syrie, la Turquie se découvrirait victime de la même subversion? Pareille assertion n'eût point été entendue en 2011, mais elle s'impose aujourd'hui, et si, pour le dire en un mot, la Providence divine exposait le Président Bachar aux coups de ses adversaires, ce que Dieu ne veuille, le courage et le patriotisme serait reconnu de ses adversaires ou jaloux, mais en serait-il de même du Président Erdogan?  A-t-il dans cette destinée de la Turquie fait preuve de discernement, ou serait-il non pas lié, ce qui serait injurieux et aventureux de dire, mais entraîné par des causes encore peu éclaircies, par un courant étranger aux intérêts et de l'alliance entre la Turquie et l'Europe, pont économique vers l'Iran, et  un courant dévastateur occupé d'une idée fixe: plonger les nations musulmanes et chrétiennes dans un désarroi tel qu'elles appelleraient à leur secours, pour les sortir d'une lutte fratricide, et d'invasions de mercenaires, un certain nombre de Grandes Puissances qui n'ont eu de cesse justement, depuis un siècle que de briser et la Communauté ottomane  et les lien de celle-ci avec ses voisins européens, bref de poursuivre l'abaissement de l'Eurasie?
En tout cas l'étoile de M.Erdogan ne peut qu'en pâlir et celle du lion Bachar de briller plus encore dans le coeur de tous les patriotes et hommes de bien?
   Quel régime local a -t-il intérêt, peut se demander le lecteur des Echos, le quotidien parisien, à ruiner successivement l'un et l'autre de ces grands peuples, à coup de PKK et d'EL mêlés?Poser la question est y répondre, et nul doute que la société authentiquement turque, c'est-à-dire attachée à l'authenticité et à la grandeur de sa civilisation bénéfique, et qui trouve une sympathie immédiate dans les turcophones d'Iran, n'y réponde un jour pas très lointain par une gifle à Erdogan, assez forte pour faire trembler les bases américano-sionistes. Nul doute alors que la résistance syrienne aura aidé cette conscience patriote turque.
]]>
Chroniques Wed, 12 Aug 2015 05:14:23 +0000
Erdogan,... un supplément d’échec, par Akil Ch. Hussein http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377876-erdogan,-un-supplément-d’échec,%20par-akil-ch-hussein http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377876-erdogan,-un-supplément-d’échec,%20par-akil-ch-hussein IRIB-Il parait que les projets d'Erdogan sont d'ores et déjà dans l'impasse.
Sa guerre contre les kurdes et les partis d'opposition commence à pousser la Turquie vers une étape d'instabilité ouverte à plus de malheur.Dans les élections législatives qui ont eu lieu le 7 juin dernier, le parti turc de la Justice et du développement (AKP) n'a pas gagné la majorité absolue. Il n'est donc plus possible pour Erdogan de gouverner la Turquie tout seul et de la manière digne d'un homme dont le plus grand souci est de ressusciter la Turquie ottomane  et de s'asseoir personnellement sur le trône qui fut celui de ses premiers grands sultans.Erdogan s'efforce donc d'agir pour créer une situation dans laquelle il serait possible de considérer que les décevantes élections n'ont pas du tout eu lieu. Mais comme la formation d'un gouvernement d'union nationale ne peut exclure des opposants capables de contrer les principales orientations intérieures et extérieures de la politique de l'AKP, le fait d'entraver la constitution d'un tel gouvernement devient une priorité absolue pour Erdogan. Et c'est la raison pour laquelle il existe tant d'entraves qui ont jusqu'à maintenant empêché sa formation.Une solution ratée: La guerrePour pouvoir récréer la situation d'avant juin, le pari d'Erdogan est centré, dans un premier temps, sur la carte des élections anticipées et, dans un second temps, sur la mise à l'écart de cette carte et son remplacement par celle de la guerre.Cependant, le sentiment qu'a probablement Erdogan (et c'est un sentiment justifié et pertinent car il s'appuie sur des données extrêmement réalistes)  de la prépondérance pour les élections anticipées d'avoir des résultats encore plus dramatiques que les législatives, l'a encouragé à hâter l'utilisation de la seconde carte, à savoir celle de la guerre.Et quelle guerre ? Une guerre où s'est réuni un grand ensemble d'éléments comme le mensonge, l'opportunisme et le recours à tout ce qui favorise le fanatisme chauvin et religieux. A ne pas négliger que la stupidité politique prime nettement sur le reste de ces éléments.Erdogan a profité de l'attentat qui a eu lieu à Suruc -ville située au sud de la Turquie, et a fait des dizaines de morts et de blessés kurdes (certaines sources affirment que cet attentat est téléguidé par les services de renseignement turcs- pour accuser «Daech» d'y être responsable, bien que, contrairement à son habitude dans les situations analogues, celle-ci ne l'a pas revendiqué.Par conséquent, Erdogan a fait semblant de croire au mensonge de Washington et de ses alliés selon lequel ils sont en guerre contre «Daech» et a présenté sa guerre comme étant, elle aussi, une guerre contre cette organisation terroriste. Des avions turcs ont lancé un raid avec des bombes sans explosifs contre l'une de ses positions. En lançant cette guerre fallacieuse contre «Daech», Erdogan s'est trompé en pensant que cela lui procura la satisfaction des Américains et leur soutien à son projet relatif à la création d'une zone d'exclusion aérienne au nord de la Syrie.Il n'est pas facile de trouver un nom qui convient à ce comportement à un moment où les camps d'entrainement de «Daech» en Turquie, les ventes en Turquie et à la Turquie du pétrole syrien et irakien volé par «Daech», et les activités de centaines voire de milliers de prédicateurs et d'agents qui recrutent pour «Daech» en Turquie et par l'intermédiaire de la Turquie, n'ont aucunement été inquiétés.Un Etat kurdeMais il y a eu un véritable bombardement. Il est celui qui a visé et qui vise toujours des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Syrie, en Irak et en Turquie. Il a également visé les populations civiles et a fait beaucoup de victimes.De plus, Erdogan ne s'est pas contenté de reprendre la guerre contre les Kurdes, guerre qui -avant d'arriver à une trêve en 2013- a fait plus de 50 mille morts et qui a fait beaucoup de dégâts à la Turquie dans plus d'un domaine. Il l'a fait accompagner d'une campagne d'arrestation qui a touché des centaines d'activistes kurdes et de gauche partout en Turquie. Des poursuites judiciaires ont été également effectuées contre plusieurs des chefs de l'opposition turque.Mais pourquoi cette volte-face contre les Kurdes et ce renoncement aux accords et traités signés avec eux ? Deux raisons sont plausibles: La première est en rapport avec l'opposition qui a gagné du terrain dans la rue et dans les élections. Pour parer à cette situation, Erdogan cherche à renouer avec les militaires qu'il avait tant et tant marginalisés ces dernières années. Il est clair ici qu'il essaye de profiter du mécontentement de ces derniers face à l'obtention par les Kurdes de certains de leurs droits sur le plan administratif et culturel.La seconde est en rapport avec les efforts visant à créer un Etat kurde indépendant ou une entité kurde autonome dans les régions frontalières entre la Turquie et la Syrie. Ces régions communiquent avec celles du nord irakien où un Etat kurde est déjà créé. Ces évolutions bloquent les ambitions d'expansion d'Erdogan en Irak et en Syrie comme un premier pas vers le recouvrement des «possessions» ottomanes dans la région.A ce propos, ce qui, le plus, inquiète Erdogan, est que les  Kurdes sont directement soutenus par les Etats-Unis qui sont l'allié de la Turquie dans la région et leur partenaire à l'Otan  et qui paraissent satisfaits des crises qui rampent  vers et à l'intérieur de la Turquie qui fait partie des pays de la région menacés, à l'exception de l'entité sioniste, d'être démantelés après un passage forcé dans des bains de sangs.Source: french.alahednews
]]>
Chroniques Mon, 10 Aug 2015 18:26:04 +0000
Riyad: retour du bâton! par Karim Mohsen http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377804-riyad-retour-du-bâton-par%20karim-mohsen http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377804-riyad-retour-du-bâton-par%20karim-mohsen IRIB- Un retour de bâton douloureux, pour l'Arabie saoudite,
qui a, longtemps, joué - et continue de jouer - avec le feu. Un boomerang, d'autant plus douloureux, que Riyadh n'était pas étrangère à l'avènement des groupes extrémistes, qui attisent la fitna, parmi les peuples, et les nations arabes. L'attentat de jeudi - immédiatement, revendiqué par Da'esh, (Etat islamique/EI) - contre une mosquée, fréquentée par les militaires, (15 morts), induit une nouvelle donne, dans le Royaume wahhabite. De fait, l'EI promet d'autres attentats et s'engage à instaurer le chaos, dans le royaume des Al-e Saoud, comme en Syrie et en Irak. L'attentat de jeudi est le quatrième, en trois mois - en particulier, contre des mosquées chiites - et le deuxième ciblant des services de sécurité, faisant plus d'une quarantaine de morts. Dès lors, l'Arabie saoudite est, sans doute, un cas d'école, dans les événements, qui marquent, depuis quatre ans, le Moyen-Orient. Poids lourd des monarchies du Golfe, menant, en sous-main, une guerre de leadership contre l'Iran chiite, s'activant, dans un prosélytisme abusif, notamment, dans les pays arabes, africains et asiatiques, finançant des groupes islamistes de tout acabit, l'Arabie saoudite est, également, un allié stratégique des Etats-Unis, et est - avec Israël - le plus farouche adversaire du nucléaire iranien. Donc, l'Arabie saoudite, «bouge» et s'est découvert un destin de puissance régionale, pouvant, à l'occasion, suppléer le grand protecteur états-unien, dans de menus affaires de police. Ainsi, à la tête d'une coalition des monarchies du Golfe, l'Arabie saoudite mène, depuis le 26 mars, des frappes contre la rébellion houthie, (chiite), au Yémen. Dès lors, la carte géopolitique du Moyen-Orient, fortement, brouillée, par ailleurs, est devenue très complexe et le rôle du royaume - même s'il semble évident - n'apparaît pas, clairement, tant Riyadh joue jeu double, voire, triple. En fait, l'Arabie saoudite - la plus acharnée à vouloir la chute du Président syrien, Bachar al-Assad - soutient, de toutes les manières, les groupes rebelles et jihadistes, qui combattent le régime de Damas. Parmi ces groupes, outre le Front islamique [qui regroupe une dizaine de factions islamistes syriennes] et le Front Al-Nosra, [branche locale d'Al-Qaïda], il y a l'autoproclamé «Etat islamique», (Da'esh/EI, Isis, en anglais), qui reçoit des aides substantielles (notamment, financières), de la part du Royaume wahhabite. Aussi, il apparaît singulier et contradictoire que Riyadh, qui contribua à l'essor régional et à l'international des groupes jihadistes, prenne part à la coalition internationale, menée par les Etats-Unis, contre Da'esh, en Irak et en Syrie. En fait, c'est là une position tactique, [même si elle apparaît antinomique, dans les guerres, qui minent le Moyen-Orient], qui justifie, selon Riyadh, ses ambitions géopolitiques. De plus, Riyadh doit bien cela aux Etats-Unis, du fait des liens spécifiques qui les unissent. En effet, la coalition, menée par les Etats-Unis, et regroupant une vingtaine de pays occidentaux, avait mauvaise presse, dans le Monde arabe, et se présentait comme une nouvelle croisade occidentale. L'apport des monarchies du Golfe, outre de cautionner cette intervention étrangère, devait, ainsi, rassurer les «indigènes». En fait, les Al-e Saoud ne pouvaient refuser ce geste à leurs protecteurs états-uniens, qui veillent sur le trône légué par Abdelaziz Al-e Saoud. Ce qu'on peut ne pas comprendre, en revanche, est que l'Arabie saoudite se fasse hara-kiri, en participant au plan américano-israélien de refonte géopolitique du Moyen-Orient - dans lequel le royaume saoudien est inclus - par la déstructuration des nations arabes. Da'esh/EI en est l'un des instruments, qui doit, à terme, induire la disparition des Etats-nations arabes, remplacées par des entités ethniques et confessionnelles, facilement, contrôlables. L'Irak et la Syrie en sont les prolégomènes. Il est, d'ailleurs, surprenant que ledit «Etat islamique» se soit renforcé, depuis le début des frappes de la coalition internationale, gagnant du terrain, en Syrie. Riyadh - conjointement, avec le Qatar - a, de fait, joué un rôle prépondérant, dans la tentative de renversement du régime syrien, par le recrutement et le financement de Jihadistes, qu'elle estimait pouvoir manipuler. Ce que les évènements ont démenti. Entre-temps a surgi «l'Etat islamique», qui avait d'autres missions et objectifs, sous-traitant, pour ses commanditaires, [les véritables maîtres d'oeuvres], le démembrement du Moyen-Orient. Un dépècement, auquel le Royaume wahhabite n'échappera pas. En fait, géant aux pieds d'argile, l'Arabie saoudite - malgré ses prodigieuses dépenses en armement - incapable, militairement, de se prendre en charge, joue, dans ce poker menteur, un jeu dangereux, dont elle ne dispose pas de tous les atouts, qui, à terme, (déja?), se retournera contre elle. Les attentats et le chaos promis par Da'esh n'en sont que les prémices.


]]>
Chroniques Mon, 10 Aug 2015 02:06:41 +0000
Le dialogue Riyad/Téhéran est-il possible? http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377761-le-dialogue-riyad-téhéran-est-il-possible http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/377761-le-dialogue-riyad-téhéran-est-il-possible IRIB- « L’Arabie saoudite et l’Iran feraient mieux d’emprunter le chemin..
... des négociations et de renoncer aux autres options coûteuses », a déclaré un analyste influent saoudien, tout en appelant les Ale Saoud à oublier leurs trois légendes imaginaires vis-à-vis de l’Iran.Tarad Ben Saïd Al-Amari, analyste de renom saoudien, a rédigé un article, ayant paru dans le journal Enha : « L’Iran et l’Arabie saoudite n’ont que trois options à choisir : la paix et le dialogue, la course aux armements et la guerre dévastatrice ! Etant donnée l’accord nucléaire qu’ont signé l’Iran et l’Occident à Vienne et la volonté de l’Iran de respecter les principes de bon voisinage, une volonté qui se manifeste à travers les propos des responsables de Téhéran, Riyad aura les chances de lancer l’initiative de la paix au golfe Persique afin de raffermir les piliers de la coexistence pacifique ». Dans une autre partie de son article, Tarad Ben Saïd Al-Amari a fermé les yeux sur l’agression flagrante de l’Arabie saoudite contre le Yémen, en accusant l’Iran d'ingérance dans les affaires intérieures du Yémen. Il a ensuite reconnu que l’Arabie saoudite est engagée dans une question importante et compliquée qu’est « le plan de la paix arabo-israélienne ».
« L’Iran a pour objectif principal d’être reconnu en tant qu’un ordre politique ayant une nouvelle idéologie, au Moyen-Orient, voire dans le monde entier et pour ce faire, il n’a que deux solutions : s’approcher des Etats-Unis ou s’approcher de l’Arabie saoudite », a prétendu l’analyste saoudien avant d’ajouter : « Les émirats arabes du golfe Persique, dominés par l’Arabie saoudite, ont, pour leur part, trois chemins à emprunter après la conclusion des négociations nucléaires : le chemin de la paix, de l’épanouissement et de la stabilité qui est un chemin logique mais difficile à parcourir, le chemin de la course aux armements qui est un chemin prévisible mais marqué par peines et difficultés et finalement le chemin de la guerre, de la destruction et du massacre, une option peu probable mais possible ».
« Voici le troisième choix, peu probable mais possible : les émirats du golfe Persique, épaulés par leurs alliés régionaux, lancent une agression militaire contre le pouvoir nucléaire iranien dans l’espoir de l’éradiquer totalement, ce qui signifie un suicide pour les émirats du golfe Persique, l’Iran et toute la région même. Militairement, politiquement et stratégiquement parlant, le déclenchement d’une telle guerre est peu probable mais pas impossible. Le deuxième choix, prévisible mais difficile : une course aux armements sera déclenchée pour saisir les armes épouvantables et terrifiantes qui relèvent d’une crainte réelle ou imaginaire. C’est une idée, soutenue par l’Occident, qui ferait basculer la région dans une insécurité absolue et qui pousserait les émirats arabes vers une course aux armements bien coûteuse. Et le premier choix, logique mais accablant : les voisins du golfe Persique se livreront à une vie pacifique, prendront en compte des points communs et aussi des intérêts des peuples de la région. Ça, c’est un chemin périlleux malgré la logique puissante qui l’accompagne car il nécessite d’inlassables efforts politiques et culturels afin de redéfinir les intérêts stratégiques, délicats et vitaux. Pour réaliser cet objectif, il faut que l’Arabie saoudite se débarrasse de trois légendes : la légende nucléaire, la légende tribale et la légende communautaire car aucune d’entre eux ne lui offre la sécurité ni la stabilité.
La légende nucléaire : « Avoir une bombe atomique, cela garantit la sécurité de son possesseur », ça, ce n’est qu’une légende. L’arme atomique est loin d’apporter la sécurité. L’exemple ? Israël en possède depuis 1960 sans pouvoir jamais assurer sa propre sécurité. En plus, l’arme atomique apporte des aubaines de la paix plutôt que celles de la guerre. L’exemple ? L’Union Soviétique et les Etats-Unis ainsi que l’Inde et le Pakistan ont signé des accords de paix. Une arme atomique fragilise, au contraire de ce qu’on pense, son détenteur car il ne cesse de craindre une attaque d’ennemi. Un pays détenteur d’arme atomique craint toujours qu’elle ne tombe entre les mains des terroristes. Etant bien conscient des dangers et des problèmes d’une arme atomique, le pays qui la possède, fait tout pour la protéger. Au cas où l’Iran se rapprocherait d’une arme atomique, l’équilibre serait établie au Moyen-Orient, estime l'analyste, parce qu’Israël resterait réticent à s’assoir à la table du dialogue avec les Palestiniens, tant qu’il serait le seul détenteur d’arme nucléaire dans la région. Pour plus de détails, je vous invite à lire l’article du professeur Kenneth Waltz, paru en août 2012, dans la revue « Foreign Policy », « Why Iran Should Get the Bomb ? ». La légende communautaire : un facteur qui rend de plus en plus compliquée la situation au Moyen-Orient, c'est que l’Arabie saoudite et les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe Persique voient en Iran un Etat qui veut faire assoir son influence par une Constitution chiite et qui entend aussi inciter les Chiites des différents pays à s’insurger contre leurs gouvernements sunnites. Mais en vérité, c’est le contraire ! Jetant un coup d’œil à l’Histoire, les pays et les groupes sunnites ont toujours représenté les dangers les plus sérieux pour l’Arabie saoudite et les pays riverains du golfe Persique. La légende ethnique : les Arabes ou les pays arabes veulent profiter de l’ethnicisme et de l’unité interarabe, quel qu'elle soit dans les pays du golfe Persique ou dans les autres pays. Tous les 22 membres de la Ligue arabe crient le slogan de l’unité tandis qu’ils sont tous en litige. Le printemps arabe a mis en évidence la nature imaginaire du nationalisme arabe.


]]>
Chroniques Sun, 09 Aug 2015 11:55:44 +0000