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lundi, 10 août 2015 02:06

Riyad: retour du bâton! par Karim Mohsen

Riyad: retour du bâton!  par Karim Mohsen
IRIB- Un retour de bâton douloureux, pour l'Arabie saoudite,
qui a, longtemps, joué - et continue de jouer - avec le feu. Un boomerang, d'autant plus douloureux, que Riyadh n'était pas étrangère à l'avènement des groupes extrémistes, qui attisent la fitna, parmi les peuples, et les nations arabes. L'attentat de jeudi - immédiatement, revendiqué par Da'esh, (Etat islamique/EI) - contre une mosquée, fréquentée par les militaires, (15 morts), induit une nouvelle donne, dans le Royaume wahhabite. De fait, l'EI promet d'autres attentats et s'engage à instaurer le chaos, dans le royaume des Al-e Saoud, comme en Syrie et en Irak. L'attentat de jeudi est le quatrième, en trois mois - en particulier, contre des mosquées chiites - et le deuxième ciblant des services de sécurité, faisant plus d'une quarantaine de morts. Dès lors, l'Arabie saoudite est, sans doute, un cas d'école, dans les événements, qui marquent, depuis quatre ans, le Moyen-Orient. Poids lourd des monarchies du Golfe, menant, en sous-main, une guerre de leadership contre l'Iran chiite, s'activant, dans un prosélytisme abusif, notamment, dans les pays arabes, africains et asiatiques, finançant des groupes islamistes de tout acabit, l'Arabie saoudite est, également, un allié stratégique des Etats-Unis, et est - avec Israël - le plus farouche adversaire du nucléaire iranien. Donc, l'Arabie saoudite, «bouge» et s'est découvert un destin de puissance régionale, pouvant, à l'occasion, suppléer le grand protecteur états-unien, dans de menus affaires de police. Ainsi, à la tête d'une coalition des monarchies du Golfe, l'Arabie saoudite mène, depuis le 26 mars, des frappes contre la rébellion houthie, (chiite), au Yémen. Dès lors, la carte géopolitique du Moyen-Orient, fortement, brouillée, par ailleurs, est devenue très complexe et le rôle du royaume - même s'il semble évident - n'apparaît pas, clairement, tant Riyadh joue jeu double, voire, triple. En fait, l'Arabie saoudite - la plus acharnée à vouloir la chute du Président syrien, Bachar al-Assad - soutient, de toutes les manières, les groupes rebelles et jihadistes, qui combattent le régime de Damas. Parmi ces groupes, outre le Front islamique [qui regroupe une dizaine de factions islamistes syriennes] et le Front Al-Nosra, [branche locale d'Al-Qaïda], il y a l'autoproclamé «Etat islamique», (Da'esh/EI, Isis, en anglais), qui reçoit des aides substantielles (notamment, financières), de la part du Royaume wahhabite. Aussi, il apparaît singulier et contradictoire que Riyadh, qui contribua à l'essor régional et à l'international des groupes jihadistes, prenne part à la coalition internationale, menée par les Etats-Unis, contre Da'esh, en Irak et en Syrie. En fait, c'est là une position tactique, [même si elle apparaît antinomique, dans les guerres, qui minent le Moyen-Orient], qui justifie, selon Riyadh, ses ambitions géopolitiques. De plus, Riyadh doit bien cela aux Etats-Unis, du fait des liens spécifiques qui les unissent. En effet, la coalition, menée par les Etats-Unis, et regroupant une vingtaine de pays occidentaux, avait mauvaise presse, dans le Monde arabe, et se présentait comme une nouvelle croisade occidentale. L'apport des monarchies du Golfe, outre de cautionner cette intervention étrangère, devait, ainsi, rassurer les «indigènes». En fait, les Al-e Saoud ne pouvaient refuser ce geste à leurs protecteurs états-uniens, qui veillent sur le trône légué par Abdelaziz Al-e Saoud. Ce qu'on peut ne pas comprendre, en revanche, est que l'Arabie saoudite se fasse hara-kiri, en participant au plan américano-israélien de refonte géopolitique du Moyen-Orient - dans lequel le royaume saoudien est inclus - par la déstructuration des nations arabes. Da'esh/EI en est l'un des instruments, qui doit, à terme, induire la disparition des Etats-nations arabes, remplacées par des entités ethniques et confessionnelles, facilement, contrôlables. L'Irak et la Syrie en sont les prolégomènes. Il est, d'ailleurs, surprenant que ledit «Etat islamique» se soit renforcé, depuis le début des frappes de la coalition internationale, gagnant du terrain, en Syrie. Riyadh - conjointement, avec le Qatar - a, de fait, joué un rôle prépondérant, dans la tentative de renversement du régime syrien, par le recrutement et le financement de Jihadistes, qu'elle estimait pouvoir manipuler. Ce que les évènements ont démenti. Entre-temps a surgi «l'Etat islamique», qui avait d'autres missions et objectifs, sous-traitant, pour ses commanditaires, [les véritables maîtres d'oeuvres], le démembrement du Moyen-Orient. Un dépècement, auquel le Royaume wahhabite n'échappera pas. En fait, géant aux pieds d'argile, l'Arabie saoudite - malgré ses prodigieuses dépenses en armement - incapable, militairement, de se prendre en charge, joue, dans ce poker menteur, un jeu dangereux, dont elle ne dispose pas de tous les atouts, qui, à terme, (déja?), se retournera contre elle. Les attentats et le chaos promis par Da'esh n'en sont que les prémices.


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