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samedi, 25 juillet 2015 03:25

Syrie : Qui peut sauver Erdogan?

Syrie : Qui peut sauver Erdogan?
IRIB- Les évolutions de ces dernières semaines, dans les régions méridionales
de la Turquie et dans le Nord de la Syrie, prédisent un tournant, dans la guerre contre l'Etat syrien. Un mois après de premières rumeurs, sur la fin proche d'Assad, les sources, qui ont été à l'origine de ces désinformations, à savoir, Ankara et Daech, en sont venus aux mains. L'attentat kamikaze, qui a frappé, il y a quelques jours, la petite ville frontalière de Suruc , ville, tout près de Kobané, dans le Nord syrien, a tiré, en effet, la sonnette d'alarme : 40 personnes ont été tuées, au cours de cette royale démonstration de force de Daech, en Turquie. Cet attentat s'est produit, sur le sol turc, violant, d'emblée, l'accord tacite, passé entre Erdogan et Daech. Et puisqu'un malheur ne vient jamais seul, les Kurdes de Turquie ont, également, été pris pour cible, ce qui a suscité la suspicion des Partis kurdes, poussant le PKK à rompre la trêve avec Ankara. Le PKK vient de revendiquer le meurtre de deux militaires turcs, en représailles à l'attentat kamikaze de Suruc. Cela fait quatre ans que la Turquie sert de point de passage aux terroristes takfiris et de Daech, en Syrie et en Irak. Dans la foulée du carnage de Suruc, les frontières turques ont été fermées, et Ankara a annoncé l'arrestation de 500 Daechistes, dans les provinces du Sud et la fermeture de leurs bureaux et sites, à travers toute la Turquie. En riposte au meurtre de deux militaires turcs, l'armée turque a, aussi, lancé une vaste offensive contre la province d'Alep, à renfort de chars, de soldats, d'hélicoptères. Quelques remarques s'imposent :
1- L'attentat de Suruc a conduit à de vastes mouvements de protestations des Kurdes, qui peuplent 21 provinces de l'Est et du Sud-Est de la Turquie, totalisant une population de 19 millions d'âmes. Ces protestations ont, aussi, contaminé les régions non kurdes, comme Istanbul. Pour la premùière fois, depuis son arrivée au pouvoir, en 2002, Erdogan a été amené à tenir une réunion sécuritaire, avec comme principales décisions, celles-ci : empêcher toute protestation de rue, l'attaque contre Kobané, entre autre. Quatre ans de coopération étroite avec Daech viennent de porter ses fruits empoisonnés : les régions kurdes et alaouites de Turquie échappent au contrôle.
2- Sous prétexte de venger le sang de ses deux militaires, Erdogan a bombardé, jeudi et vendredi, Kobaéi. Or, s'il avait voulu, vraiment, abattre les Daechistes, il aurait dû attaquer Alep, dont le Nord est entre les mains des Daechistes. Daech est positionné, de part et d'autre d'une autoroute, reliant le centre d'Alep à la Turquie. Et c'est, d'ailleurs, via cette même route, que les terroristes sont approvisionnés. Si la Turquie frappe cette route, les Daechistes n'auront d'autres choix que de fuir vers Alep, Raqqa et Deir ez-Zor.
3- Ces dernières semaines, Daech a senti un certain changement de direction pro-Assad, à Ankara. L'attentat de Suruc a voulu porter un coup dur à Erdogan, en lui mettant sur le dos, la haine et les hostilités réveillées des Kurdes; d'autant plus qu'Erdogan n'a pas réalisé de bons scores, aux parlementaires, et qu'une crise sécuritaire, dans les provinces de l'Est et du Sud va renverser la coalition au pouvoir. L'attentat de Suruc pourrait mettre sens dessus dessous une vingtaine de provinces kurdophones .
La Turquie est au bord du gouffre, puisqu'Erdogan est en train de commettre deux erreurs, la première, historique, et la seconde, stratégique
- Erdogan se trouve, désormais, dans une situation, où il devra faire un choix. Il ne peut continuer à s'allier à Daech, vu que la coalition pro-terroriste contre la Syrie et l'Iran voit ses membres "arabes" partir un à un, et que la Turquie ne peut continuer seul ce chemin périlleux, surtout, que l'AKP n'est plus le parti puissant qu'il était, dans le temps. Erdogan avait compté sur la défaite d'Assad, pendant le mois de Ramadan. Cette défaite n'a pas eu lieu. Si Daech perd, en Syrie et en Irak, ce qui est de plus en plus probable, il y aura quelque 20.000 à 30.000 Daechistes, qui retreront, en Turquie, vue la proximité de la Turquie avec les provinces de Ninive, en Irak, de Raqqa et d'Alep, en Syrie.
- Erdogan vient d'ouvrir les portes de la base aérienne d'Ingirlik aux Américains. Il a, ainsi, cédé à la tentation de créer une zone "no fly", dans le Nord de la Syrie, se laissant berné par des promesses US, dans le cadre de la question kurde. Les F-16 turcs agiront, ainsi, sous la supervision de l'OTAN, pour bombarder la Syrie. Mais Erdogan a-t-il en mémoire le tragique destin de la Libye? L'attaque contre la Syrie est un casus belli, aussi, contre la Résistance. La Turquie est-elle prête à en accepter les conséquences? Pour contrer les risques d'une implosion de la Turquie, Erdogan ne devra pas se fier à l'oncle Sam. Après tout , l'Iran est là, et ses relations excellentes avec les Kurdes sont de notoriété publique. pourquoi ne pas tendre la main à l'Iran?


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