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mardi, 09 juin 2015 01:35

Non au Traité transatlantique !

Non au Traité transatlantique !
IRIB- Le milliardaire américain, Warren Buffett,
déclarait, en 2005, sur la chaîne de télévision CNN : «Il y a une lutte des classes, ma classe la gagne, alors qu’elle ne le devrait pas». En ce début de siècle, où le pouvoir de l’argent peut, désormais, s’exhiber, avec le plus parfait cynisme et un mépris, toujours, plus exacerbé des populations, faut-il s’étonner de voir surgir un nouveau projet de traité, rédigé par les têtes pensantes de l’oligarchie occidentale ? D’abord l’AMI, (Accord multilatéral sur l’investissement), hier, le TAFTA pour Trans-Atlantic Free Trade Agreement, (Traité de libre-échange transatlantique), aujourd’hui, le TTIP pour Transatlantic Trade and Investment Partnership Agreement, (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), les acronymes changent, peu importe, car les objectifs demeurent les mêmes. Quant aux causes de la réactivation actuelle d’un projet, qui remonte aux années 90, elles sont, intimement, liées aux difficultés des États-Unis à imposer leur hégémonie, par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale du commerce. Le TTIP a pour particularité de s’élaborer, dans le secret, afin de créer fait accompli et irréversibilité. Comme le disait un technocrate d’EDF, à l’époque de la montée en puissance du nucléaire français, sans consultation des populations : « On ne prévient pas les grenouilles, quand on assèche les marais». Les décisions sont prises, à huis clos, par des «décideurs» appartenant aux multinationales, aux groupes financiers et bancaires, aux divers groupes de pression, mais aussi, à la technocratie des différents États concernés. Les medias officiels ne vont, donc, pas s’empresser de vous informer de la teneur de ce traité, ni même de son existence. Mais de quoi s’agit-il ? L’Europe persiste à faire respecter, très modestement, un certain nombre de normes de production. C’est, à l’évidence, une anomalie insupportable, pour les détenteurs de capitaux mondialisés, un frein obsolète et ringard à la «libre circulation des marchandises», et, donc, à la nécessaire recherche du profit le plus abject. Dans la religion du libre-échangisme, nos gourous mondialistes ont, donc, l’intention d’y remédier, en réalisant une parfaite harmonisation des réglementations européenne et américaine. C’est, en Europe, que l’œuvre de destruction aura le plus fort impact. Les États-Unis sont, en effet, d’ores et déjà, le lieu d’une protection sociale minimale et de normes de production peu contraignantes, à l’image du fast-food, néo-bouffe synthétique. Ne soyons pas candides, il ne s’agit pas d’une inféodation économique de l’Europe à la puissance américaine, mais d’une parfaite collaboration des pseudo-élites européenne et américaine, dans une même direction, y compris, bien sûr, des personnels politiques nationaux. Bœuf aux hormones, néo-poulet, nettoyé à l’eau de Javel, omniprésence totalitaire des OGM, disparition des AOC, (appellations d’origine contrôlée), sont à l’ordre du jour. L’agriculture française subira l’estocade et les suicides d’agriculteurs vont pouvoir s’accélérer, jusqu’à leur disparition, leur transformation en animateurs culturels de bord d’autoroutes ou au mieux leur reconversion, dans le tourisme rural. Mais c’est, aussi, le sort des salariés ou des professions libérales qui sera fragilisé par la destruction du droit du travail et la déréglementation des conditions d’accès à certaines professions. Les projets de l’insignifiant Macron – petit soldat du Système, fraîchement, sorti des entrailles de Rothschild – participent à l’évidence de cette désagrégation organisée des métiers, dont l’idée saugrenue de transformer des postiers en inspecteurs du permis de conduire est emblématique. Le TTIP organise, aussi, la possibilité de réaliser, «juridiquement», la totale dictature des marchés et du Capital mondialisé sur les hommes et leurs institutions. En effet, au plus grand mépris de notre «démocratie représentative», fiction d’une représentation populaire, il sera possible d’avoir recours à un «mécanisme de règlement des différends» entre États et investisseurs privés : l’Investor-to-State Dispute Settlement, (ISDS). Ainsi, les investisseurs, outrés par le maintien d’une norme ou une quelconque résistance locale à l’invasion de leurs produits ou de leur mode de production, pourront poursuivre en justice l’État signataire récalcitrant, devant un tribunal arbitral international, tel que le CIRDI, (Centre international pour le règlement des différends relatifs à l’investissement), situé à Washington. La signature du Traité impliquera, dès lors, condamnation et peines financières lourdes, jusqu’à assujettissement total. La création d’un grand marché européen, tant vanté par nos pseudo-élites, n’a apporté que dérégulation, régression sociale, chômage, délocalisations, pauvreté, endettement organisé. Le grand marché transatlantique programmé sera un fantastique accélérateur de cette dégradation de nos conditions de vie. Comment expliquer l’apparition de ce funeste projet des mondialistes ? Depuis plus de 30 ans, maintenant, toute critique sociale, un tant soit peu solide et organisée, a disparu du continent européen. Les peuples tétanisés et sans perspective politique subissent et tentent d’ignorer la violence qui leur est faite. Or, le système capitaliste n’a connu de frein à son ignominie intrinsèque que parce que des obstacles à sa toute-puissance s’étaient maintenus. Dès lors que ces obstacles ont disparu, ce système apparaît sans fard, dans sa pure logique d’oppression et d’écrasement des peuples. L’Europe est une anomalie, un reste de frein à l’expansion nihiliste du Capital, du fait de ses particularités historiques, culturelles, un lieu de la conscience et du conflit politique, elle doit donc plier et s’aligner sur le diktat anglo-saxon ultralibéral. Le TTIP, c’est la négation du droit des peuples, la baisse de qualité généralisée, le règne définitif de l’ersatz et de la falsification des produits, sur fond d’esclavage, par la dette. Ce que nos ennemis souhaitent, c’est l’avènement d’un monde d’hommes soumis et corvéables à merci, atomisés, déracinés, acculturés, abêtis, à durée de vie courte, mais producteurs et consommateurs de poisons, à bas coût de production, pour la victoire insensée du profit et de l’accumulation de capital. Le TTIP et l’OTAN constituent les deux faces d’une même pièce, économique, pour la première, militaire, pour la seconde, signifiant la destruction planifiée de toute souveraineté des peuples européens. Il est urgent de comprendre la nature de ce projet mortifère, véritable fosse commune de notre civilisation. Lutter contre le TTIP, c’est s’opposer à la barbarie et à la déshumanisation programmée. Le TTIP est l’aboutissement logique d’une oppression, qui a débuté, au Royaume-Uni, au début du XIXème siècle, instaurant la déraison marchande et la dictature de la marchandise, pour le profit d’une élite nihiliste et débilitante. Ce Système doit être abattu et la dénonciation du TTIP est l’occasion de la prise de conscience de cette nécessité historique.

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