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samedi, 06 juin 2015 17:13

Yémen : les USA comptent utiliser des armes nucléaires, au Moyen-Orient

Yémen : les USA comptent utiliser des armes nucléaires, au Moyen-Orient
IRIB- Des rapports non confirmés, qui se fondent sur une vidéo, datée du 20 mai 2015, attirent l’attention sur une explosion massive, sans précédent, au Yémen. 
Les rapports avancent, sans preuve corroborante, que l’ explosion pourrait être le résultat d’une frappe nucléaire, au moyen d’une arme nucléaire tactique. Il n’y a pas de preuve allant dans ce sens. Mais peu importe la nature de cette explosion, il s’agit, tout de même, d’un crime contre l’humanité. Malgré l’absence de preuve concrète que l’alliance dirigée par les USA utilise des armes nucléaires contre le Yémen, ce qui s’est passé rend la question plus globale d’une guerre nucléaire, au Moyen-Orient, plus pertinente que jamais. Le programme nucléaire de Washington, tel que défini, dans le «bilan de posture nucléaire de 2001», consiste à se doter d’un arsenal nucléaire tactique, en vue de son utilisation contre des États non dotés d’armes nucléaires. Depuis 2002, des armes nucléaires tactiques, ayant pour cible le Moyen-Orient, sont, entièrement, déployées, par les USA et l’OTAN. Les armes nucléaires tactiques, les soi-disant «mini-nukes» ou bombes nucléaires miniaturisées, sont des bombes anti-bunker, munies d’une ogive nucléaire. Leur capacité explosive, (par exemple, la bombe B61-11) va du tiers de la puissance de la bombe d’Hiroshima à six fois cette puissance. La photo à droite montre une bombe nucléaire tactique B61-11, qui peut être larguée d’un bombardier B-2 ou d’un F-16.  La bombe B61-11 est une véritable bombe thermonucléaire, une arme de destruction massive, dans le vrai sens du terme. Jusqu’à maintenant, nous disposons de preuves bien minces. Il n’y a pas eu de rapport sur les conséquences de la frappe présumée, au Yémen, qui aurait pu nous éclairer davantage. Les médias institutionnels n’ont pas rapporté la nouvelle. La question nécessite une enquête plus approfondie, dans le contexte de l’existence d’un programme de longue date, aux USA, qui prévoit l’utilisation d’armes nucléaires contre des cibles, au Moyen-Orient. Vidéo : Explosion de la bombe, au Yémen.  L’utilisation présumée, mais pas encore confirmée, d’armes nucléaires miniaturisées, («mini-nukes»), au Yémen, soulève la question plus large de la doctrine nucléaire des USA : Des armes nucléaires tactiques ou «mini-nukes» font partie de l’arsenal des USA et de l’OTAN. En 2002, le Sénat des USA a autorisé leur utilisation, dans un théâtre d’opérations militaires conventionnelles. Elles peuvent être utilisées, sans l’autorisation du commandant en chef. Les militaires étasuniens soutiennent que les «mini-nukes» sont des «bombes humanitaires», qui réduisent au minimum les «dommages collatéraux». Sur la base d’avis de scientifiques travaillant, à forfait, au Pentagone, elles sont «inoffensives, pour la population civile, à proximité, parce que l’explosion est souterraine». Bien que la preuve, (qui est bien mince), d’une attaque nucléaire contre le Yémen ne soit pas, encore, confirmée, l’utilisation de «mini-nukes» contre des pays du Moyen-Orient, est sur la table à dessin du Pentagone, depuis, au moins, 20 ans. En 1996, sous l’administration Clinton, les USA étaient prêts à recourir à l’arme nucléaire tactique B61-11, dans une attaque contre la Libye. B61-11. L’homme derrière ce projet diabolique de lancer une bombe nucléaire contre la Libye était le secrétaire adjoint à la Défense, Harold Palmer Smith Junior. «Avant même que la bombe B61 ne soit prête, la Libye était considérée comme une cible potentielle». (Bulletin of the Atomic Scientists, septembre-octobre 1997, p. 27, caractères gras ajoutés). Harold Palmer Smith a été nommé par le Président Bill Clinton, pour superviser les programmes de défense nucléaire, chimique et biologique, en privilégiant «la réduction et l’entretien de l’arsenal d’armes nucléaires des USA». Dès le départ, son véritable mandat n’était pas de «réduire», mais bien «d’augmenter» l’arsenal nucléaire, en favorisant la mise au point d’une nouvelle génération de bombes nucléaires miniaturisées «inoffensives», en vue de leur utilisation, sur un théâtre d’opérations militaires, au Moyen-Orient. L’objectif du département de la Défense, sous les conseils d’Harold Smith, était d’accélérer la «mise à l’essai» de la bombe nucléaire tactique B61-11, dans un pays du Moyen-Orient. «Cinq mois après que [le secrétaire adjoint à la Défense], Harold Smith, eut appelé à une accélération de l’échéancier de production de la [bombe nucléaire] B61-11, il a annoncé, publiquement, que l’armée de l’air utiliserait la bombe B61-11 contre la Libye…» (http://www.nukestrat.com/us/afn/B61-11.htm,). Bien que le Pentagone ait nié, par la suite, son intention de bombarder l’usine de Tarhunah, en Libye, il n’en a pas moins confirmé que «Washington n’écartait pas l’utilisation d’armes nucléaires [contre la Libye]». (ibid., caractères gras ajoutés.) Quelle est la pertinence de cette histoire concernant la bombe nucléaire tactique B61-11 et les menaces proférées, alors, par l’administration Clinton contre la Libye? Le projet de frappe nucléaire contre la Libye a-t-il été mis au rancart? Des pays du Moyen-Orient sont-ils pris pour cibles potentielles d’une attaque nucléaire? (pour en savoir plus, lire l’article de Michel Chossudovsky, intitulé Dangerous Crossroads: Is America Considering the Use of Nuclear Weapons against Libya? "Global Research", avril 2011). Les armes nucléaires tactiques ont été, spécialement, conçues, pour être utilisées, dans des «conflits conventionnels avec des pays du Tiers-Monde», pendant la période de l’après-guerre froide. En octobre 2001, soit juste après le 11 septembre, le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a envisagé d’utiliser la bombe B61-11, en Afghanistan. Les cibles étaient les bunkers souterrains d’Al-Qaïda, dans les montagnes de Tora Bora. Rumsfeld a affirmé, à l’époque, que les bombes anti-bunker «conventionnelles seraient en mesure “de faire le travail”, mais il n’a pas écarté la possibilité de recourir, éventuellement, à des armes nucléaires». (citation dans le "Houston Chronicle", 20 octobre 2001, caractères gras ajoutés.) L’utilisation de la bombe B61-11 a été, également, évoquée, durant le bombardement et l’invasion de l’Irak, en 2003, tout comme lors des bombardements de la Libye, par l’OTAN, en 2011. La bombe B61-11 était, alors, décrite comme «une arme nucléaire, à petit rayon d’action précise, qui pénètre dans le sol, capable de frapper des cibles souterraines de haute valeur», ce qui comprenait les bunkers souterrains de Saddam Hussein : «Si Saddam était, à la rigueur, la cible ayant la plus haute valeur, en Irak, il était, alors, fondé de défendre l’utilisation d’une arme nucléaire, comme la bombe B61-11, pour s’assurer de son élimination et de la décapitation du régime». (Defense News, 8 décembre 2003). Il n’existe, toutefois, aucune preuve documentaire, que la bombe B61-11 a été utilisée contre l’Irak. L’utilisation de bombes nucléaires miniaturisées contre des États du Moyen-Orient, non dotés d’armes nucléaires, comme l’indique le «bilan de posture nucléaire de 2001», demeure sur la table à dessin du Pentagone. En outre, l’arme nucléaire tactique qu’est la bombe B61-11, (Made in America), ainsi que sa version mise à jour B61 12, ont été déployées, en vue de leur utilisation contre des cibles, au Moyen-Orient, notamment, en Iran, en Syrie et en Libye, par plusieurs pays européens, y compris, cinq États, non dotés d’armes nucléaires, (Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Turquie). La nouvelle bombe B61 12 est une arme d’une puissance de 50 kilotonnes, pouvant être larguée d’un avion de combat F‑35. Selon des rapports, Israël, aussi, possède un arsenal d’armes nucléaires tactiques. Source : Federation of American Scientists. La nature de l’explosion, au Yémen. Bien que l’explosion, au Yémen, que l’on voit, dans la vidéo (ci‑dessus), semble similaire à celle d’une bombe nucléaire tactique B61-11, avec son champignon caractéristique, il convient de noter que la bombe conventionnelle, appelée Massive Ordnance Penetrator, (MOP), déclenche une explosion similaire. Qualifiée, aussi, de «mère de toutes les bombes», la bombe, appelée Massive Ordnance Penetrator, (MOP), est la plus grosse bombe conventionnelle de l’arsenal des USA, (voir les images ci-dessous). L’explosion de cette bombe conventionnelle est, (d’après la preuve photographique), similaire à ce que la vidéo du Yémen nous montre. De plus, selon des rapports non confirmés, la MOP a été utilisée, lors de la guerre, en Irak. Autrement dit, la nature de l’explosion, au Yémen, ne prouve pas en soi qu’il s’agit du résultat d’une frappe nucléaire (tactique). Il pourrait s’agir de l’explosion d’une MOP ou d’une bombe anti-bunker. Mais la preuve demeure bien maigre, dans tous les cas. La MOP et la «mini-nuke» sont toutes les deux des bombes anti-bunker, capables de pénétrer dans le sol. La MOP est, toutefois, une arme conventionnelle. Elle n’est pas équipée d’une ogive nucléaire. Il convient de noter qu’à la mi-janvier 2015, soit deux mois avant l’assaut, ayant déclenché la campagne de bombardement saoudienne contre le Yémen, «le Pentagone procédait à la mise à l’essai de la plus grosse bombe de son arsenal», soit une version améliorée de la Massive Ordnance Penetrator (MOP), sa bombe anti-bunker, fabriquée par Boeing. (Photo d’archive d’une explosion de la «Mère de toutes les bombes»). Selon des rapports, la Massive Ordnance Penetrator, ou MOP GBU-57, serait livrée avec un bombardier B-52 ou B-2, en raison de son poids. La décision d’effectuer une frappe, au moyen d’une MOP, proviendrait du «Global Strike Command», (commandement majeur de la US Air Force). Mass Ordnance Penetrator MOP GBU-57A/B. Il y a, cependant, des indications, selon lesquelles une version plus légère de la MOP serait mise au point. D’après le "Air Force Magazine", le lieutenant-général des Forces aériennes des USA, Phillip Breedlove, (actuel commandant en chef de l’OTAN), a affirmé, en juin 2010, que «la prochaine génération d’armes de pénétration devrait équivaloir au tiers de la grosseur de la MOP, de façon à pouvoir être transportée par un avion plus économique». L’image ci-dessous montre un bombardier B52 larguant une MOP, escorté par un F-16. La MOP est, en fait, un missile téléguidé.B-52, larguant une MOP, escorté par un F-16, pendant une mise à l’essai Bombardier B-2, sur une base de la US Air force, au Missouri. En le ravitaillant en vol, il peut être déployé, partout, dans le monde. Le B2 peut être utilisé, pour larguer une MOP ou une bombe nucléaire tactique. «Mother of All Bombs», (MOAB).
Michel Chossudovsky
 
 

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