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vendredi, 05 juin 2015 01:51

La victoire diplomatique de Vladimir Poutine

La victoire diplomatique de Vladimir Poutine
IRIB- «Qui trop embrasse mal étreint», dit-on.
À vouloir, à la fois, négocier avec l’Iran, détruire le «Moyen-Orient élargi» et l’Ukraine, ruiner la Russie, encercler et menacer la Chine, tout en préparant de nouvelles guerres, en Amérique latine, les États-Unis ont dû se résoudre à faire quelques pas en arrière. Pour calmer ses vassaux européens, l’Empereur Obama a dépêché son fidèle Kerry, à Sotchi, reprendre langue avec le Chef rebelle, Poutine, auquel il refusait d’adresser un regard, depuis un an. Il fut convenu de reprendre les affaires, (et d’abroger les sanctions européennes, lorsque les multinationales US auront été servies), de laisser la Novorossia tranquille, et de former un gouvernement de transition, en Syrie. "The New York Times" est le seul média docile à la férule israélo-anglo saxonne à avoir osé rendre compte de la victoire diplomatique de la Russie [1], quatre jours après la visite inopinée de John Kerry, à Sotchi, la ville chère à Poutine, Sotchi, la base touristique, sur la mer Noire, où le tsar Poutine a investi plus de 50 milliards de dollars, pour les Jeux olympiques. Tout un symbole. D’après David Herszenhorn, la visite de Kerry a été interprétée, partout, comme le signe de la reddition des États-Unis. Je m’étais exprimé, dans le même sens, quatre jours plus tôt, [2]. Impossible d’ignorer quelque chose d’aussi grandiose ! On est loin de l’apothéose d’Obama, quand il se vantait d’avoir fait plier l’économie russe et son «dirigeant vaniteux» (sic), en faisant chuter le prix du pétrole, entraînant la fuite des capitaux, la dévaluation du rouble et les sanctions européennes [3]. Blabla et compagnie, aujourd’hui, Poutine n’est plus le Hitler d’Hillary, et dans les termes d’Obama, le troisième danger, pour l’humanité, après Ebola et les Jihadistes. Kerry n’a pas osé aborder le contentieux de la presqu’île, éminemment, stratégique de Crimée, qui a tout l’air d’avoir été, bel et bien, cédée à son propriétaire historique. Va-t-on vers l’abandon de la partie occidentale de l’Ukraine, usurpée par le coup d’État de Victoria Nuland, la belliqueuse sous-secrétaire d’État israélo-américaine ? Obama, qui voulait isoler tout le monde, s’est retrouvé bien isolé, avec la parade militaire somptueuse, qui a mis en scène l’association stratégique, (à distinguer d’une alliance militaire), entre la Chine et la Russie, sans perdre de vue l’Inde et deux puissances moyennes, qui comptent dans la géostratégie : le Khazakstan et l’Égypte. Selon David Herszenhorn, Obama avait pris la tête de la charge occidentale, pour punir Poutine de son intervention, en Ukraine, et avait expulsé la Russie du G-8. Dans son meilleur style de judoka ceinture noire, et de grand joueur d’échecs, on a vu Vlady déjouer, olympiquement, les attaques des USA et de leurs alliés européens, et prouver qu’il comptait, vraiment, sur la scène globale. À la mi-décembre, les États-Unis ont lancé leur machine financiériste, pour mettre à genoux la Russie et sa devise, le rouble, mais sous la table, ce sont les finances colossales de la Chine, qui ont rattrapé le coup, d’après ce qu’a laissé fuiter le Britannique, Alastair Crooke, membre du think tank Conflicts Forum [4]. La Russie a suggéré de faire plier le dollar, de le replonger, dans la grave crise de 2008, mais la Chine n’a pas donné suite. Ce qui indique que Pékin ne souhaite pas se mettre à dos Washington, dans cette étape tripolaire, et alors que les Chinois se posent en émergents triomphants. Toujours, selon David Herszenhorn, le «dirigeant suprême» (sic) Poutine, a confondu, constamment, ses adversaires, étrangers ou internes, et, une fois de plus, il semble se dresser, dans sa dernière confrontation avec l’Occident, au moins, comme un héros national, droit dans ses bottes, aux commandes, et sans avoir cédé d’un pouce, surtout, en Crimée, le joyau de la couronne. Et il n’est pas loin d’être le champion gagnant, aussi, dans la confrontation avec l’Occident. Notre journaliste cite le russophobe, Mathew Rojansky, directeur de l’Institut Kennan – lequel, à mon avis, n’a hérité en rien de la légendaire sagesse de de George Kennan [5] – à Washington, qui insiste, pour souligner que le renforcement de Poutine peut être illusoire, parce que l’économie russe est en récession et reste, dangereusement, dépendante de son approvisionnement en énergie, au moment même où la plupart des analystes considèrent que les perspectives, à long terme, pour les prix du gaz et du pétrole, sont désastreuses. Wishful thinking, vulgaire réductionnisme financiériste d’économistes prenant leurs désirs pour des réalités…À mon avis, les géostratèges US, fort novices, ont bien trop misé sur la guerre financiériste, qui aurait pu pulvériser une république bananière, mais non, la Russie, superpuissance nucléaire. Comment se fait-il que le "New York Times" admette que les sanctions occidentales semblent avoir échoué ? Serait-ce que Kerry a devancé une fronde de l’Union européenne, pressée d’en finir avec des sanctions contreproductives ? Chronos et Icare, celui qui défiait les lois de la gravité, depuis la Crète, ont fait alliance, en Ukraine occidentale, et ont mis au bord de la débâcle le régime putschiste néonazi de Kiev, incarné par le duo, Petro Poroshenko, le marchand de chocolat, (ça ne s’invente pas), installé dans la place, par l’Allemagne, et son Premier ministre puéril, Arseni Iatseniouk, pantin manipulé par l’amazone, Victoria Nuland, qui s’était quelque peu trompée, dans ses calculs, puisque la guerre financière contre la Russie a commencé par ruiner l’Ukraine. Du point de vue de David Herszenhorn, le virage subtil d’Obama vaut reconnaissance pragmatique, du fait que la politique consistant à isoler la Russie, économiquement et diplomatiquement, est un échec. Il cite Viktor A. Kremenyuk, vice-Directeur du think tank Institut US-Canada, lié à la prestigieuse Académie des sciences de Russie, qui admet que le Kremlin a résisté aux sanctions et introduit des contre-sanctions. Tout cela, alors que Poutine n’a jamais cessé de coopérer avec les USA, dans les contentieux pressants concernant la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord et le Yémen, se bornant à quelques menaces de se retirer des négociations sur l’armement nucléaire ou conventionnel, que Kerry utilise, comme feuille de vigne, pour justifier sa visite, à Sotchi. Paul Craig Roberts, assistant, jadis, au secrétariat au Trésor, sous Ronald Reagan, dit que les États-Unis ont envoyé John Kerry, en Russie, en position de suppliant [6]. Or, donc, si Obama a lâché l’Ukraine, c’est en échange de quoi ? Qu’en est-il de la France et de l’Allemagne, reléguées, par les États-Unis, de Minsk II, à Sotchi ? David Herszenhorn ne lit même pas son propre journal ; il n’est pas au courant de l’avertissement donné par Vlady, lors de sa conférence historique, à Munich, il y a huit ans [7]. Il avait annoncé l’échec de toute la politique d’amateurs de l’administration Obama, alors que le meilleur géostratège de tous les temps, pour les US, Georges Kennan, avait prévenu que c’était une grave erreur d’asphyxier la Russie, super puissance nucléaire [8]. À mon avis, le problème des USA vient de ce que leur politique étrangère est entre les mains de néophytes portés sur les bravades de bistrot, parce que la génération précédente est en voie de disparition : Kissinger a 91 ans, Brent Scowcroft, 90, Brzezinski, 87, et le Texan James Baker III, 86. Et le plus imprudent, parmi eux, est le russophobe Brzezinski. Aujourd’hui, la politique étrangère des USA se trouve prise en otage par les multimédias israélo-anglosaxons et leurs clowns nocturnes et bavards, qui sévissent, dans les talk shows, et ne savent même pas ce qu’est une multi ogive nucléaire placée dans un missile intercontinental russe, Topol M, qui couperait toute envie de rire à l’humanité. À Moscou, on ne doit pas être rassuré par la retraite tactique des États-Unis d’Ukraine, alors que les alliés de Vicky Nuland, dans les Balkans, avec, à leur tête, le méga-spéculateur, George Soros – pantin présumé des banquiers esclavagistes Rothschild, poussent à la révolte islamique, en Macédoine : c’est le nouveau front israélo-anglo-saxon contre la Russie.    
Voltairenet
 
Notes
 
[1] "A Diplomatic Victory, and Affirmation, for Putin", David M. Herszenhorn, "The New York Times", May 15, 2015.[2] "Parada militar geoestratégica en Moscú : China e India, presentes ; "Occidente", ausente", Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 13 de Mayo de 2015.[3] "¿Obama, detrás de la caída del precio del petróleo ? ", Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 7 de Mayo de 2015.[4] "Comment les États-Unis ont substitué Wall Street aux Nations unies", par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Maria Poumier, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 4 mars 2015.[5] George Kennan est le théoricien de la Guerre froide.[6] Paul Craig Roberts : "EE.UU. envió a John Kerry a Rusia como un suplicante", Russia Today, 16 de Mayo de 2015.[7] "La gouvernance unipolaire est illégitime et immorale", par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 11 février 2007.[8] "Filípica de Putin contra Obama : el oso ruso maestro de la taiga euroasiática”, Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 2/11/2014.Voir aussi, sur E&R :

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