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dimanche, 18 janvier 2015 01:58

"Charlie Hebdo" et le spectre de Vichy, par Alexandre Lantier

IRIB- Les événements de la semaine passée, en France,
– l’encouragement de la propagande raciste, par l’Etat, l’invitation de la dirigeante du Front national, (FN), Marine Le Pen, à l’Elysée, par Hollande, et la montée du FN, depuis l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo – produisent un écho troublant d’une période antérieure de l’histoire française : celle du régime de Vichy.

En juin 1940, moins de deux mois après avoir lancé son invasion de la France, l’Allemagne nazie battait l’armée française et entrait, dans Paris, non défendu. Le 22 juin, la France et l’Allemagne signaient un armistice, qui divisait la France en deux. La Zone occupée, avec, comme centre Paris, comprenait le Nord et l’Ouest du pays ; une Zone dite libre, officiellement, non occupée, et couvrant le Sud du pays, était dirigée par un régime collaborationniste.

La capitulation très rapide des industriels français et de l’armée, devant l’attaque nazie, résultait d’une décision – identique à celle prise, 70 ans plus tôt, durant la guerre franco-prussienne – que l’occupation de la France était le meilleur moyen de venir à bout de l’opposition sociale, à l’intérieur du pays. Les occupants nazis et leurs collaborateurs français ont mené une guerre brutale contre les travailleurs. Outre une campagne violente visant, surtout, les adversaires socialistes de la réaction sociale et de la guerre impérialiste, le régime de Vichy a, pleinement, participé à la propagande raciste et anti-sémite des fascistes allemands, aidant à la déportation de dizaines de milliers de Juifs vers les camps de concentration.

Les deux principales figures du régime de Vichy furent le maréchal Philippe Pétain, «chef de l’Etat français», et Pierre Laval, qui servit comme vice-Président du Conseil des ministres, et plus tard, comme chef du gouvernement. Pétain incarnait les traditions réactionnaires et anti-républicaines de la classe dirigeante et de l’armée françaises. Célèbre, pour avoir dirigé les troupes françaises, à Verdun, et écrasé les mutineries, pendant la Première Guerre mondiale, c’était un anti-sémite fervent lié au régime du dictateur fasciste espagnol, Francisco Franco.

Laval symbolisait la corruption de la «gauche» française, c’était un homme, dont la carrière a, facilement, évolué, depuis la social-démocratie, jusqu’à la collaboration. Il avait rejoint le Cartel des Gauches, dans les années 1920, puis, participé à des gouvernements conservateurs, durant la Grande Dépression, dans la décennie suivante. Il quitta le parlement, pour virer à l’extrême droite, alors que montaient les luttes ouvrières, assumant, pour finir, le rôle de grand collaborateur fasciste. On disait de lui, à l’époque, que son nom s’épelait de la même façon, qu’on le lise à l’endroit ou à l’envers – une allusion appropriée à son opportunisme veule.

Après la guerre, Laval fut condamné et fusillé. Pétain échappa à la peine de mort, en raison de son grand âge. En fait, seul, un petit nombre de collaborateurs des nazis, eurent à rendre des comptes, pour leur rôle, pour la bonne et simple raison que la majeure partie de l’appareil politique français y avait été impliquée.

L’exemple de Laval met en lumière les manœuvres réactionnaires de Hollande, un autre manipulateur sans principes, formé après la grève générale de 1968, par un ancien responsable du régime de Vichy, François Mitterrand. Le PS avait été reconstruit, dans les années 1970, pour donner une machine électorale à Mitterrand et en faire le candidat de la gauche.

Depuis 35 ans, ce qui s’appelle, faussement, la gauche française s’est déplacé le long d’une spirale descendante conduisant à l’actuel Président François Hollande et à son Premier ministre Manuel Valls, connu, surtout, pour sa campagne de déportation en masse des Roms. La politique droitière de Hollande en a fait, à juste titre, le président le plus haï de l’histoire française d’après-guerre. La popularité de Hollande a plongé à 12 pour cent, dans les sondages de novembre dernier – moins que la cote de popularité de 16 pour cent, obtenus, en France, par un Etat islamique, en Irak et au Levant, (EI), lié à al Qaïda.

Beaucoup de questions sur l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo restent sans réponse, mais il est, déjà, clair que le gouvernement français exploitera, résolument, cette atrocité, pour accélérer le virage à droite, en France, et saboter les droits démocratiques, tout en garantissant à la classe dirigeante française sa part, dans une nouvelle division impérialiste du monde.

Même si l’attaque contre les Musulmans a remplacé, du moins, pour le moment, la propagande anti-sémite de Vichy, les éléments sociaux les plus réactionnaires se mobilisent, à nouveau, pour créer le cadre politique nécessaire à ce virage. Charlie Hebdo est l’un des instruments, dans ce projet. Les caricatures, publiées par l’hebdomadaire, parues, à nouveau, dans un numéro, diffusé mercredi, et financé par l’Etat, font partie d’une décision délibérée d’attiser le racisme anti-musulman.

Parmi les participants à cette opération politique pourrie, il y a cet agglomérat, particulièrement, sordide, (qui inclut le Nouveau Parti anti-capitaliste) de philistins petit-bourgeois et d’opportunistes suffisants, passant, actuellement, pour être la «gauche», en France. Il a longtemps servi de caution au PS, promu Hollande et même entretenu des liens étroits avec Charlie Hebdo.

Le bénéficiaire le plus direct de tout cela est le Front national, (FN), néo-fasciste de Marine Le Pen, qui, au nom de l’«unité nationale», a été reçue par Hollande, à l’Elysée, la semaine passée. Le père de Le Pen et le fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, a, de façon répétée, salué l’occupation nazie de la France, et a qualifié l’Holocauste, de simple «détail de l’histoire».

En changeant ce qui doit être changé, l’union entre Hollande et Le Pen reproduit celle de Laval et Pétain. Il s’agit, dans cette nouvelle alliance, de bien plus que d’opportunisme politique. Le véritable caractère de la bourgeoisie française revient à la surface. Alors que s’aggrave la crise politique, elle recrée, sous des formes nouvelles, toutes les sales pratiques de la collaboration avec l’Allemagne nazie. Les relents nauséabonds de Vichy flottent au-dessus de l’Elysée.

Joseph Kishore et Alexandre Lantier

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