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mercredi, 01 janvier 2014 08:45

Téhéran et Riyad : Pourquoi pas la réconciliation ?

IRIB- Depuis le début de la crise en Syrie,.....

les dirigeants saoudiens ont réalisé que l’Iran est parfaitement capable de relever des défis que l’on lui avait créés en Syrie et au Liban. 

Il paraît que l’Arabie saoudite se sent inquiète de la propagation de la Révolution islamique d’Iran dans toute la région. Après l’établissement de la République islamique en Iran, il y a 34 ans, l’Arabie saoudite et ses dirigeants ont toujours ressenti cette inquiétude. Quand l’ex-dictateur de Bagdad, Saddam Hussein a déclenché la guerre contre l’Iran en 1980, Riyad a soutenu l’ancien président irakien pendant les huit ans d’une guerre qu’il a imposée à la République islamique d’Iran. Plus tard, les dirigeants saoudiens n’ont jamais cessé de servir de différents moyens pour défier l’Iran.

Pourtant cette rivalité ne s’est jamais transformée en un affrontement frontal et violent. Plusieurs facteurs expliquent cette attitude de l’Arabie saoudite : primo, les dirigeants saoudiens sont conservateurs par nature ; secundo une sorte de stabilité relative a toujours régné sur la région surtout depuis la fin de la guerre civile qui avait duré quinze ans au Liban ; tertio, après la fin de la guerre entre l’Iran et l’Irak, l’Iran a adopté une sorte de politique de neutralité par rapport aux évolutions de la région afin de pouvoir consacrer son temps et son énergie à la reconstruction d’après-guerre pour renforcer sa position politique, militaire, économique et sécuritaire.

En enfin, pendant tout ce temps, les Etats-Unis ont toujours soutenu leurs alliés saoudiens, d’autant plus que depuis la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’Union soviétique, aucune puissance n’a défié sérieusement les intérêts des Etats-Unis dans la région du Moyen-Orient. En outre, Riyad avait établi des relations spéciales avec le gouvernement du président Bachar al-Assad à Damas, ce qui permettait aux dirigeants de l’Arabie saoudite d’envisager certains changements dans leur relations tant avec la République islamique d’Iran que les Etats-Unis.  

Etant donné les facteurs que nous avons énumérés plus haut, qu’est-ce qui a amené donc les dirigeants de l’Arabie saoudite de changer brutalement leur politique vis-à-vis de l’Iran pour défier directement les Iraniens et entrer dans une sorte de guerre de pouvoir contre l’Iran ? Selon certains analystes, les raisons de ce changement stratégique de la part de Riyad sont évidentes : pendant ces dernières années la République islamique d’Iran s’est transformée en une véritable puissance régionale, tant sur le plan militaire et économique, que le développement considérable de son programme nucléaire civil.

En outre, l’Iran a réussi à étendre de plus en plus son influence régionale surtout en ce qui concerne les événements et les évolutions des pays comme l’Irak, la Syrie, le Liban, la Palestine, l’Afghanistan ou le Pakistan. Le pays est très populaire parmi les populations chiites des pays musulmans. Par ailleurs, l’Iran a réussi aussi à imposer sa supériorité à ses voisins dans la région du golfe Persique.

Depuis le début de la crise en Syrie, les dirigeants saoudiens ont réalisé que l’Iran est parfaitement capable de relever des défis que l’on lui avait créés en Syrie et au Liban. Les dirigeants saoudiens ont vite compris que l’Iran a la puissance militaire de se défendre face aux menaces extérieures. En outre, la conclusion d’un accord nucléaire entre l’Iran et les 5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) le 24 novembre 2013 à Genève a fait comprendre aux dirigeants de l’Arabie saoudite que le processus de la reconnaissance de la puissance régionale de l’Iran par les pays occidentaux a bel et bien commencé.

Ils sentent que ce sont les pays arabes de la région, notamment l’Arabie saoudite, qui doivent en payer l’addition. Entre-temps, ce qui inquiète des dirigeants de Riyad c’est le début d’une nouvelle compréhension mutuelle entre la république islamique d’Iran et les Etats-Unis. Dans ce contexte, comment l’Arabie saoudite peut-il continuer sa rivalité et ou son affrontement contre l’Iran ?

1) Il paraît que les dirigeants saoudiens cherchent à se servir des groupes opposants au gouvernement du président Bachar al-Assad en Syrie pour affaiblir la position régionale de l’Iran et du Hezbollah libanais. Cependant, il semble que les Saoudiens ont eu un retard considérable dans la réalisation d’un tel projet et qu’ils n’en ont pas non plus un plan détaillé et précis.

2) les dirigeants de l’Arabie saoudite souhaitent améliorer aussi leurs relations avec leurs partenaires arabes membres du Conseil de coopération du golfe Persique, afin de former une sorte de bloc régional pour empêcher le développement de l’influence iranienne au moins dans la région du golfe Persique.     

3) L’Arabie saoudite tente de changer la position de la Russie vis-à-vis des évolutions en Syrie. Cependant, les dirigeants n’ont réussi, jusqu’à présent, à réaliser aucun de ces objectifs. Quant à la Russie, il paraît que Moscou souhaiterait bénéficier d’une coopération saoudienne pour maîtriser les activités des groupes extrémistes islamistes qui, à l’intérieur de la Russie, voudraient défier le gouvernement de Moscou par la menace des attentats terroristes pendant les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi. Mais en ce qui concerne les évolutions de la Syrie, les dirigeants russes préfèrent négocier plutôt avec les Etats-Unis que leurs alliés régionaux dont l’Arabie saoudite.

4) Au Liban, les dirigeants saoudiens veulent renforcer la position de leurs alliés pour affaiblir celle du Hezbollah et de la république islamique d’Iran. Ils croient que la montée des tensions au Liban pourrait également changer la donne à l’intérieur de la Syrie en faveur des groupes de l’opposition au gouvernement du président Bachar al-Assad. Dans ce cadre, l’Arabie saoudite a offert trois millions de dollars pour la reconstruction et la modernisation de l’armée nationale libanaise. Pourtant cette aide ne sera pas livrée au gouvernement du Premier ministre, Najib Mikati, mais au président Michel Sleimane, à condition qu’il rassure les Saoudiens de l’absence des représentants du Hezbollah et de la Résistance dans la composition du futur gouvernement du Liban. 

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