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jeudi, 24 mai 2012 09:25

Bouteflika devant un dilemme!

IRIB-Le locataire du palais d'El Mouradia est devant un dilemme : faire adopter le projet de révision constitutionnelle par un Parlement mal élu ..

...ou choisir la voie d'un référendum.

Douze jours après les dernières législatives, on ne mesure pas encore ou on feint d'ignorer dans quelle impasse pourrait conduire le pays une telle manière de faire. Plus qu'une élection, le 10 mai a été une sorte de verdict impitoyable sur un bilan, celui de l'Exécutif, à sa tête le président Abdelaziz Bouteflika. Près de 60% d'abstention, une majorité élue avec seulement 1,3 million de voix sur 9 millions de suffrages exprimés et 21 millions d'électeurs si l'on compte le nombre des non-votants. Première remarque : l'Assemblée populaire nationale qui sera installée samedi prochain est une institution mal élue. Elle part en effet avec un sérieux handicap pour une institution censée, en théorie, jouer un rôle de premier ordre dans les prochains mois. C'est-à-dire dans la révision constitutionnelle programmée par le chef de l'Etat dans le cadre «des réformes politiques» – s'apparentant plus à des liftings passe-temps qu'à un vrai engagement pour sortir le pays du sous-développement qui le bloque – lancées le 15 avril 2011.

Il est vrai que l'APN a toujours été une institution alibi, pour donner un caractère légal aux lois et une façade démocratique à un système qui s'en soucie peu, mais elle s'apprête tout de même à remodeler encore une fois la loi fondamentale du pays. Même si, légalement, l'institution législative peut fonctionner, a-t-elle cependant la force politique et morale pour se l'autoriser ? Evidemment non, sauf si on lui forçait la main. Bien qu'on ne connaisse pas encore la teneur du projet du président Bouteflika, va-t-il toucher aux grands équilibres ou se contentera-t-il de réformettes sans grande incidence sur le jeu institutionnel ? Il sera, en tout cas, difficile pour lui d'argumenter pareille démarche avec une majorité FLN assise sur des sables mouvants. Fonder l'entreprise de réviser la Constitution sur si peu de légitimité est politiquement incorrect.

Plus que cela, c'est une énorme prise de risque pour un Président qui a jeté toutes ses forces dans la campagne des législatives en faisant au moins cinq appels insistants au vote, dont deux discours prononcés le premier à Arzew (Oran), le second à Sétif. Le chef de l'Etat semble même piégé par ses interventions qui escomptaient un raz-de-marée alors qu'au final, le taux de participation aux législations a été maigre et sans consistance. Ses appels n'ont pas eu l'écho souhaité. Abdelaziz Bouteflika avait certainement perdu de vue l'après-élection pour se consacrer principalement à l'urgence de la participation. Pensait-il que, par la magie d'un discours, les Algériens allaient voter en masse !

Le résultat, tout le monde le sait et met à présent le locataire du palais d'El Mouradia devant un dilemme : faire adopter le projet de révision constitutionnelle par un Parlement mal élu ou choisir la voie d'un référendum au risque de se voir confronté encore une fois au cauchemar de l'abstention. Que faire ? Dans un pays où la lisibilité politique est au degré zéro et le manque de vision érigé en mode de gouvernance, on ne peut que continuer à lister des interrogations sans trouver les réponses. Douze jours après les élections législatives, on ne voit même pas l'ombre d'un gouvernement se dessiner !

 Source : El Watan

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