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mercredi, 23 mai 2012 18:09

Le pari "iranien" de Hollande.....

Le pari "iranien" de Hollande.....
IRIB-C'était le vendredi 11 mai, quatre jours avant l'investiture de François Hollande.

L'équipe internationale du président élu reçoit discrètement des émissaires de Barack Obama venus s'enquérir des intentions du successeur de Nicolas Sarkozy. Deux sujets les préoccupent particulièrement : le retrait anticipé des troupes françaises d'Afghanistan et l'Iran.

Ils viennent d'apprendre que Michel Rocard s'apprête à se rendre à Téhéran. Deux semaines avant une rencontre décisive à Bagdad entre les Six et le négociateur iranien, l'ancien Premier ministre socialiste serait-il mandaté par le nouveau pouvoir français ? François Hollande aurait-il décidé d'opérer un revirement à 180 degrés sur le nucléaire iranien ?

Réponse cinglante de l'équipe du président élu : "Non, Rocard à Téhéran, c'est comme Jimmy Carter en Corée du Nord, une aventure solitaire de vieillard naïf." Sous la présidence Hollande, il n'y aura donc pas de rupture sur ce dossier crucial de la diplomatie internationale – mais une inflexion d'importance. A la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, "la France était isolée parmi les "six grands", dit un membre de l'équipe entrante. Paris bloquait toute ouverture envers Téhéran. Nous étions totalement alignés sur la position d'Israël. François Hollande a décidé que cette attitude n'était plus productive, que nous devions lâcher un peu de lest".

Autrement dit, le négociateur français, Jacques Audibert, qui conserve son poste, ne s'opposera plus, comme par le passé, aux initiatives diplomatiques de Washington sur le sujet. "Nous resterons fermes sur les principes, ajoute un autre officiel français, mais nous n'emmerderons plus les Américains."

Il y a plusieurs raisons à ce choix stratégique. en effet un accord même partiel avec Téhéran peut éloigner le risque d'une frappe israélienne contre l'Iran.et puis François Hollande a besoin du soutien – ou de la bienveillance - de Barack Obama sur d'autres sujets, en particulier sur l'Afghanistan. Son homologue pourrait dénoncer publiquement le retrait anticipé des forces françaises. Si, à quelques semaines des élections législatives, le président américain, si populaire en France, présentait le nouvel élu comme un mauvais allié, lançait une campagne contre lui, l'effet en politique intérieure pourrait être désastreux. Ce sera donc donnant-donnant.

Selon plusieurs sources, la décision finale a été prise le lendemain de la visite des émissaires de la Maison-Blanche, le samedi 12 mai. François Hollande décide alors que désormais la France "se joint à l'offre" préparée par le Département d'Etat, offre dont Nicolas Sarkozy ne voulait pas entendre parler. C'est la signification de la déclaration sibylline du nouveau président, le 18 mai, devant la presse à Washington : "Depuis mon élection, la France fait tout pour que nous arrivions en cohérence à cette négociation [de Bagdad, NDLR]."

Et, le lendemain, à Camp David, sur l'Iran : "J'ai voulu donner une chance à la négociation." Sur quoi a-t-il "lâché du lest" ? Jusqu'à présent l'Elysée refusait toute offre qui ne prévoyait pas une suspension par l'Iran de l'ensemble de ses activités d'enrichissement d'uranium, même à un taux faible. "Les Américains et les autres estimaient que cette position française était trop dure, trop humiliante pour les Iraniens qui ne pouvaient l'accepter, explique un autre officiel français. Selon eux, nous devions avancer pas à pas, en accordant quelques récompenses à chaque étape."

Le blocage français levé, les Six vont, à Bagdad, proposer aux Iraniens le deal suivant : si vous arrêtez d'enrichir de l'uranium à 20%, et si vous sortez du pays les centaines de kilos déjà enrichis de la sorte, l'ONU ne prendra pas de nouvelles sanctions contre vous, nous vous fournirons des pièces détachées pour vos avions et nous autoriserons nos compagnies à assurer vos tankers.

L'administration Obama espère parvenir durant l'été à un tel accord intermédiaire, qui pourrait être présenté comme un succès diplomatique du président américain, en campagne pour sa réélection, et un frein à des frappes israéliennes. "Pour l'arrêt total de l'enrichissement, explique un responsable français, les Américains veulent ne reprendre la discussion qu'après le scrutin de novembre." mais certains analystes redoutent que les Iraniens ne trouvent ce calendrier bien loin de leurs intérêts nationaux, plus près de ceux du camps adverse...

Nouvelobs

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