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mercredi, 23 mai 2012 08:53

Le dîner "sans tabous" de Hollande à Bruxelles

IRIB-Chercher "sans tabous" les moyens de relancer l'économie dans une Europe à la croissance atone :

c'est l'objectif du dîner convoqué mercredi soir par le président du Conseil Herman Van Rompuy, soit quelques jours à peine après l'entrée en fonction de François Hollande. Mais à la Commission européenne et dans les ambassades à Bruxelles, on craint que la discussion sur la relance soit éclipsée par un dossier qui n'est pas directement évoqué dans la lettre d'invitation du Belge Van Rompuy mais qui est dans tous les esprits : la Grèce, encore et toujours.

En l'absence de gouvernement élu, c'est le Premier ministre par intérim d'un pays englué dans une crise politique, économique, sociale et financière qui quittera Athènes pour Bruxelles. "Nous attendons une analyse détaillée de la situation", explique-t-on dans l'entourage du président de la Commission José Manuel Barroso. "Les nouvelles élections sont le 17 juin. C'est loin...", s'inquiète un diplomate communautaire. D'ici là, la situation peut empirer, des banques pourraient tomber sous l'accélération du mouvement déjà entamé de retraits massifs de l'argent des épargnants qui craignent de voir leurs euros transformés en une nuit en drachmes dévaluées.

"Nous tiendrons aux Grecs un langage en trois points, indique une source communautaire : on veut vous aider à rester dans la zone euro, nous allons travailler à des mesures pour créer de la croissance et nous sommes prêts à revoir à la marge quelques points de nos accords signés en échange de notre aide financière, comme par exemple les taux ou le calendrier de remboursement des prêts." Mais la voie est très étroite. "Berlin et La Haye ont l'impression de s'être fait avoir par Athènes et ne veulent pas lâcher grand-chose." Confirmation dans l'entourage de la chancelière : "Le destin de la Grèce est entre les mains des Grecs et de personne d'autre."

Ferme sur la Grèce, l'Allemagne l'est aussi sur les euro-obligations. "C'est contraire aux traités européens et ce n'est pas une bonne solution", affirme-t-on dans l'entourage d'Angela Merkel. "Il est hors de question que nous payions deux fois plus d'intérêts pour nous financer sur les marchés qu'en y allant tout seul", renchérit la ministre autrichienne des Finances Maria Fekter. Or, même si la position française n'est pas encore totalement calée, François Hollande a bien l'intention de pousser ce dossier, au risque de braquer la chancelière alors que le nouveau couple franco-allemand se connaît encore bien peu. "C'est la méthode Hollande : on met tout sur la table et après on voit comment on formalise", commente un diplomate communautaire.

À Bruxelles, on n'ignore pas les profondes réticences des pays vertueux. Mais on fait l'analyse que la situation dans la zone euro est en train de se dégrader, et qu'une sortie de la Grèce de l'euro est possible, surtout en cas de victoire le 17 juin des partis anti-plan européen de redressement. Dans ce cas, la mise en place d'euro-obligations serait un des éléments-phares pour contrer les risques de contagion et de dislocation de la zone euro. Angela Merkel aura face à elle un front de plusieurs États, dont la France, l'Italie, L'Espagne et la Belgique. "De toute façon, c'est un dîner préparatoire. Le sommet des décisions sera celui du 28 juin", tempère une source communautaire.

Reste qu'en théorie, le dîner devrait être l'occasion de parler de croissance. Les Vingt-Sept devraient acter quelques mesures pour la relance, dont le lancement de "project-bonds" pour financer des grands projets européens. Proposé par la Banque européenne d'investissement et par la Commission européenne, cet outil fait partie des mesures réclamées par François Hollande pour son pacte de croissance, en échange de son accord pour ratifier le traité européen de discipline budgétaire voulu par Angela Merkel.

Mais la discussion sur les moyens de créer de la croissance et de l'emploi ne se terminera pas avec le dessert. "On n'y arrivera qu'en additionnant les mesures qui vont des grands projets à des réformes de fond", affirme un financier au coeur du système. "Tout le monde veut de la croissance, de la même façon que tout le monde veut la paix et l'amour", ironise un ambassadeur d'un État-membre de l'Union européenne. Pour y parvenir, les avis divergent...

 Source: lepoint.fr

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