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lundi, 03 août 2015 13:02

Syrie: Riyad va-t-il changer de cap? par Abdel B. Atwan

Syrie: Riyad va-t-il changer de cap? par Abdel B. Atwan
IRIB- L'Arabie, se verra-t-elle obligée à changer ....
...ses politiques envers la Syrie? C'est une question sur laquelle Abdel Bari Atwan s'est penché, analysant le déplacement, à Riyad, du chef des services de renseignements syrien.Nombreuses étaient, ces derniers jours, les informations et analyses, se concentrant sur la rencontre du Chef des services de renseignements de la Syrie, Ali Mamlouk, et du ministre saoudien de la Défense, Mohammad Ben Salman, fils du roi de l’Arabie, effectuée, avec la médiation de la Russie. "L'Arabie doit changer ses politiques envers la Syrie", estime le célèbre journaliste palestinien, Abdel Bari Atwan, rédacteur en chef du journal "Rai al-Youm", selon lequel la Russie et les Etats-Unis semblent envisager de nouveaux plans, pour le dossier syrien, plans, qui pourraient influer sur toute la région. Dans son analyse, Abdel Bari Atwan s’est attardé sur cet éventuel, plan qui, selon ce dernier, a été, notamment, marqué par la rencontre, le 29 juin dernier, du ministre saoudien de la Défense et le Président russe, Vladimir Poutine, et qui pourrait se traduire par un accord entre les pays de la région, sur la survie de l’Ordre au pouvoir, en Syrie, voire, du maintien au pouvoir de Bachar al-Assad, lui-même. «L’initiative du président russe envisageant la formation d’une coalition quadripartite, regroupant la Turquie, l’Arabie, la Syrie et la Jordanie, pour la lutte contre le terrorisme, dans la région, et, surtout, la lutte contre Daech, a été confirmée par Riyad, acceptée, par Damas, accueillie, favorablement, par Amman, et refusée, par Ankara», a rappelé Abdel Bari Atwan, sans oublier de noter l’amitié, apparue entre la Russie et l’Arabie, qui a convaincu la Russie de ne pas apposer son veto à la résolution 2.216 du Conseil de sécurité, qui a permis l’intervention militaire saoudienne, au Yémen, grande grâce, qui n’est, certaiement, pas restée sans récompense : les Saoud ont accepté la médiation russe, dans l’affaire syrienne, ce qui s’est traduit par la récente rencontre syro-saoudienne!
Le journal libanais, "Al-Akhbar", a expliqué, au sujet de cette rencontre, auss importante qu’imprévisible : «Mamlouk est apparu, en toute intelligence. Il a commencé à parler du triangle Egypte/Arabie/Syrie, soulignant que les trois côtés de ce triangle régnaient, depuis une quarantaine d’années, sur la région, et que la politique de l’Arabie était, toujours, rationnelle et sage. «Comment se fait-il, alors, que vous, avec un tel passé, vous suiviez, aujourd’hui, les Cheïkh qataris ?!» C’est ainsi que le chef des services de renseignements syrien a poursuivi son discours, comme l’a indiqué le journal "Al-Akhbar". C’est, peut-être, ce reproche ou bien ce rappel du triangle puissant arabe et les relations étroites des deux pays, qui ont conduit Mohammad Ben Salman à se rendre, inopinément, en Egypte, s’entretenir avec le Président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, visite, après laquelle les relations saoudo-égyptiennes se sont, presque, améliorées. Abdel Bari Atwan poursuit son analyse, traitant des relations irano-syriennes: «La Syrie ne s’éloignera jamais de l’Iran, qui, lui, non plus, ne laissera jamais seule, cette dernière. Damas ne s'est pas laissé avoir par les propositions séduisantes des étrangers, ce que Téhéran sait parfaitement…
Il est vrai que l’hostilité de l’Arabie envers l’Iran n’est pas aussi grande que celle qu’éprouvent les Etats-Unis vis-à-vis de l’Iran, un dialogue irano-saoudien est, donc, plus probable qu’un conflit entre les deux pays, estime Atwan, soulignant que, chez les Arabes, les prises de position sont plus émotionnelles que rationnelles. «Les politiques entreprises par les pays arabes, qu’elles soient positives ou négatives, sont plus émotionnelles que rationnelles», ajoute Atwan, rappelant que la visite, en Arabie, du chef des services de Renseignements syriens, Ali Mamlouk, qui n’a pas été d’ailleurs, démentie, jusqu’à présent, pourrait améliorer les relations syro-saoudiennes, pour plusieurs raisons, dont la première est, selon Atwan, le simple fait que les deux principaux obstacles devant ce rapprochement ont été levés : Bandar Ben Sultan, l’ex-chef des services de Rrenseignements saoudien, et le prince Saoud al-Fayçal, le chef de la diplomatie saoudienne, les deux hommes, qui exigeaient le renversement de l’Ordre syrien, n’ont plus aucun pouvoir, en Arabie. Bandar a été destitué de son poste, tandis que le ministre des Affaires étrangères est décédé, après avoir été, rappelons-le, destitué, lui aussi, de son poste. Quant à la deuxième raison, Atwan l'explique ainsi : «La plupart des stratégies, pour ne pas dire, toutes, des Etats-Unis envers la Syrie, ont échoué. La dernière en date, peut-être, rappelle Abdel Bari Atwan, l’enlèvement et l’assassinat des 60 effectifs de la division 30 de l’opposition, par les terroristes du Front Al-Nosra, les mêmes effectifs, qui avaient été entraînés, par les commandants militaires américains, et qui auraient dû former, plus tard, une force de 5.000 hommes, pour lutter contre Daech. La troisième raison, évoquée par le rédacteur en chef de "Rai al-Youm", concerne l’affaire du Yémen, avec laquelle l'Arabie est, sérieusement, aux prises. Malgré ses quelques avancées et victoires, à Aden, l’Arabie ne semble pas pouvoir se sortir aussi tôt de cette impasse. La guerre, au Yémen, peut durer, encore, des années ou des décennies, estime Atwan. Or, les Saoud ont besoin d’atténuer la tension politique avec la Syrie et de renforcer, en même temps, les relations avec la Russie, pour parvenir, dans les prochaines étapes, à des accords avec l’Iran, aussi bien, sur le dossier syrien que sur les autres dossiers de la région. Il y a, par ailleurs, la réalité évidente qu’est Daech, qui est sorti du contrôle, et qui menace, actuellement, la plupart des pays de la région, dont l’Arabie, elle-même. La mise en état d’alerte total, sur les frontières saoudo-irakiennes, le confirmei, conclut Atwan, évoquant la reprise du dialogue stratégique Egypte/Etats-Unis, après la visite, au Caire, du secrétaire d’Etat américain, John Kerry. S’agissant de cette dernière évolution, il faut noter que le Caire agit, très prudemment, envers l’affaire syrienne, tandis qu’il se rapproche de Téhéran, avec une approche positive. A ne pas oublier, entre temps, l’affaiblissement du rôle de la Turquie, dans la région, l’alliée turque de l’Arabie, qui risque de s’enliser, dans une guerre sanglante avec les Kurdes et le PKK, (Parti des travailleurs du Kurdistan), ce qui pourrait conduire les responsables d’Ankara à se retirer de leurs positions envers la Syrie et à abandonner leurs efforts, dans le sens du renversement de Bachar al-Assad, écrit Atwan, concluant qu’il est de notoriété publique que la rencontre du chef des services de renseignements syrien et du ministre saoudien de la Défense a préparé le terrain à la rencontre tripartite Arabie/Russie/Etats-Unis, qui s’est déroulée, le lundi 3 août, à Doha, celle qui devait, en fait, se tenir, avant la réunion du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, avec les autres ministres des Affaires étrangères du Conseil de Coopération du golfe Persique, afin de les rassurer? au sujet du dossier nucléaire de l’Iran.


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