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dimanche, 26 juillet 2015 16:52

Nucléaire iranien : l'Iran persiste et signe, par Sayed Hasan

Nucléaire iranien : l'Iran persiste et signe, par Sayed Hasan
IRIB- Le 18 juillet 2015, dans son premier discours consécutif
à l’accord sur le nucléaire iranien, conclu quatre jours auparavant, Sayed Ali Khamenei, le Guide suprême de la Révolution islamique, a adressé un message retentissant à l’Occident, et en particulier, aux Etats-Unis et à Israël, démentant la propagande, qui transforme une victoire éclatante de l’Iran en victoire de la diplomatie occidentale. Et afin de mieux souligner la détermination de la République islamique d'Iran et son hostilité fondamentale à l'impérialisme américain, qui restera, toujours, pour elle, le «Grand Satan», (de même qu’Israël restera la «tumeur cancéreuse, qui doit disparaître de l’existence»), Sayed Khamenei a prononcé son discours, en tenant à la main, rien moins qu’un fusil d’assaut: c’est là un fait exceptionnel, surtout, pour une telle autorité religieuse, dans une mosquée, et à l’occasion du discours commémorant la fin du mois de Ramadan et l’Aïd-al-Fitr, un jour de fête, dans tout le monde musulman. 
 
Bien entendu, afin de ne pas contrevenir à l’euphorie impériale, qui se vante d’avoir fait plier l’Iran, les médias dominants n’y ont pas fait la moindre référence. L’Associated Press a même pu faire un compte rendu de ce discours, avec une photo assez claire, sans faire le moindre commentaire, à ce sujet, tandis que Reuters a fait le choix de publier une photo de Sayed Khamenei, datant de 2012. Pourtant, ce fait, absolument, unique méritait d'être mentionné, selon les standards occidentaux, et aurait même pu aller dans le sens de la diabolisation du régime iranien et de ses supposées velléités agressives et expansionnistes. Mais l'heure est à l’autosatisfaction et à l’auto-congratulation, et les presstituées, comme leurs maîtres, n'ont que faire de la réalité des faits ou de l'exigence de cohérence.
 
Plusieurs points de ce discours sont à retenir. En premier lieu, Sayed Khamenei ne fait preuve d'aucun triomphalisme, suite à cet accord. Il reste très circonspect, et rappelle que cet accord doit, encore, être scruté et validé par les plus hautes autorités de l'Iran – aucune référence, en revanche, à son approbation inévitable, par le Conseil de sécurité des Nations Unies, instance nulle et non avenue, aux yeux du Guide suprême. Dès le lendemain de la conclusion de l’accord, Sayed Ali Khamenei avait adressé un message, en ce sens, au Président Hassan Rohani, dans lequel, après avoir félicité l'équipe des négociateurs iraniens, il soulignait : 
 
«Cependant, il est nécessaire d'étudier, très soigneusement, le texte qui a été préparé, de sorte qu'il puisse, ensuite, suivre le processus légal, qui a été déterminé, pour qu'il soit accepté. Ensuite, en cas de ratification, il est nécessaire d'être à l'affût des éventuelles violations des accords, par la partie adverse, et de veiller à ce qu'ils ne soient pas bloqués. Vous savez très bien que certains des six gouvernements participants ne sont fiables en aucune façon. Je m'attends, également, à ce que notre cher peuple continue à préserver son unité et sa quiétude, afin que nous puissions assurer les intérêts nationaux, dans un environnement calme et raisonnable».
 
La méfiance, et même la défiance vis-à-vis des Etats-Unis et de leurs alliés, (notamment, la France, qui s'est distinguée par son hostilité à l'Iran, due à sa servilité pro-Israël ; il y a fort à parier que l'Iran s'en souviendra, et que les entreprises françaises auront plus de mal à participer à la ruée vers l'or perse, qui s'annonce), reste, donc, maximale, à juste titre. Fort de son expérience, l’Iran, loin de fonder de quelconques espoirs, sur des accords conclus avec les Etats-Unis, ne compte – après Dieu – que sur lui-même, sur l’unité, l’éveil, la résistance et les facultés d'innovation de son propre peuple, et la sagesse de ses dirigeants. Une guerre ouverte reste un horizon possible, bien que non souhaité, et l’Iran continue à s’y préparer avec une grande confiance en ses capacités.
 
Sayed Khamenei a, également, tenu à réaffirmer les principes intangibles de la République islamique et de sa politique extérieure, pour lesquels aucune compromission, aucune négociation même ne sont envisagées. Le dialogue Iran/Etats-Unis s’arrête à la question nucléaire et n’a pas vocation à s’étendre à d’autres questions. L’hostilité de l’Iran au gouvernement américain, considéré comme «le cœur de l’Arrogance mondiale», est inconditionnelle, de même que son hostilité à l’Etat d’Israël : «Mort à l’Amérique» et «Mort à Israël» resteront les slogans fondamentaux, constitutifs de l’identité même de la République islamique et du peuple iranien – et John Kerry devrait savoir qu’il s’agit de bien plus qu'une simple rhétorique. Dans ce sens et de manière prévisible, Sayed Khamenei a réaffirmé le soutien indéfectible de la République islamique aux peuples opprimés de la région, qu'il s'agisse du soutien humanitaire, diplomatique et moral, pour Bahreïn et le Yémen, ou du soutien total, (économique, financier, militaire, etc.), pour les pays et mouvements de l'Axe de la Résistance – Irak, Syrie, Hezbollah, Hamas, Jihad Islamique et autres factions de la Résistance palestinienne. Du reste, Sayed Khamenei n'a même pas fait cette distinction, parlant, simplement, de soutien continu aux uns et aux autres.
 
Enfin, Sayed Khamenei a fait référence à la marche de l’histoire, en soulignant les multiples errements et revers des Etats-Unis, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, appelés à se répéter. Le Guide suprême de la Révolution Islamique, qui est, également, l’autorité ultime à laquelle se réfèrent des dizaines de millions de Musulmans chiites du monde entier, tant en Orient qu’en Occident – dont le Hezbollah, qui le considère comme rien moins que le dirigeant de la Communauté islamique, dans son ensemble –, confirme que loin d'être un archi-conservateur, comme le prétend la propagande occidentale, il reste à l’avant-garde des luttes politiques et sociétales internationales, à l’exemple d’un pays, comme Cuba. Cela peut être difficile à concevoir, en Occident, historiquement, habitué à voir des autorités religieuses «traditionnelles», comme le pape, pour l’Eglise catholique, avoir des positions conservatrices, voire, réactionnaires, sur nombre de questions de politique internationale et être attachés à maintenir l'ordre établi et à enseigner la résignation aux peuples. Pourtant, c'est, bien sûr, l'Islam, et en son nom, que la République islamique fonde sa politique, et l'Iran est voué à jouer un rôle de premier plan, dans le monde de demain.
 
Les nations et forces chiites sont, aujourd'hui, par leurs actions, les plus représentatives de l'opinion publique des pays musulmans et des intérêts authentiques de leurs peuples, et on peut s'attendre à ce que, grâce à l'aide internationaliste de l'Iran, (et non pas, sous sa tutelle intéressée), leur aura grandisse, au sein du monde islamique, de manière, inversement, proportionnelle à celle de l'Arabie saoudite, qui se révèle, aux yeux de tous, comme un outil israélien, tandis que Téhéran apparaît comme le seul espoir de la Palestine. Par ailleurs, on voit se forger et se renforcer une alliance objective entre l'Iran et ses alliés des BRICS et de l'OCS, en particulier, avec la Russie, traditionnellement, orthodoxe, qui est, aujourd'hui, le principal adversaire de l'impérialisme américain, à l'échelle mondiale, et le champion de la défense du droit international. On peut, aujourd'hui, distinguer, avec de plus en plus de clarté, un avenir ou les équilibres des puissances classiques seront rétablis, ainsi que les forces et les valeurs traditionnelles, pour le meilleur intérêt des peuples et de la paix entre les Nations.
 
Sayed Hasan
 
 

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