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samedi, 25 juillet 2015 16:43

Pourquoi Poutine a-t-il dit "oui" à l'accord nucléaire?

Pourquoi Poutine a-t-il dit "oui" à l'accord nucléaire?
IRIB- Pour arriver à un accord nucléaire avec l'Iran,
les Etats Unis avaient besoin du soutien de la Russie. Obama l'a dit, très clairement : "Si les Russes n'avaient pas choisi de rester à nos côtés, l'accord n'aurait pas été obtenu avec les Iraniens". Cet aveu ne peut qu'étonner, dans la mesure où la Russie et les Etats unis se trouvent, dans l'une des périodes les plus noires de leurs relations bilatérales, depuis la fin de la guerre froide. Et ce, d'autant plus que les médias russes, trop anti-américains, dans leurs prises de position, ont qualifié cet accord de victoire, pour Barack Obama! La réponse n'est pas si simple et nous renvoie droit à la complexité qu'est celle de l'esprit de l'homme fort du Kremlin.        
     
 Le soutien de Poutine aux pourparlers nucléaires iraniens a connu des hauts et des bas et n'a jamais suivi une ligne droite. Placé du côté russe, cet accord s'avèrerait une nouvelle menace, puisqu'il ramène avec lui un flux ininterrompu de gaz et de pétrole, d'origine iranienne, sur fond de baisse continue des cours du pétrole et du gaz. Cet accord irait, donc, en défaveur des intérêts russes. Sur cette base, on pourrait conclure à l'aspect déterminant de la politique chinoise, dans le dossier nucléaire. La Chine voulait, pour maintes raisons, la levée des sanctions, et Poutine, en dépit de tous ses coups de bluff, n'a pu que la suivre. Son ministre des A.E, Lavrov, l'a reconnu, d'ailleurs, en affirmant que l'accord n'aurait pas pu aboutir, sans l'aval de Moscou
. Et pourtant, il n'existe aucune preuve plaidant en faveur d'un bon accompagnement russe, tout au long des pourparlers Iran/5+1. Ni à Genève, ni à Lausanne, encore, moins, à Vienne, la Russie n'a pas cherché à faire aboutir les pourparlers; au contraire, à plus d'une reprise, Moscou à tenté de complexifier les négociations : au milieu de 2014, la Russie a annoncé la conclusion d'un mega-contrat avec l'Iran, en vertu duquel huit nouveaux réacteurs auraient dû être construits à Bouchehr. L'annonce a fait voler en éclat l'ultimatum de 24 heures de novembre 2014. Au milieu de 2015, la Russie a annoncé La livraison des batteries de missiles S-300 à l'Iran
. Cette annonce a affaibli le cadre de l'accord à venir avec l'Iran, tout en donnant aux Iraniens les coudées franches et une position de force, au cours des négociations. Début juin 2015, Moscou a annoncé la conclusion réussie des négociations avec l'Iran, autour de la question du Swap pétrolier.

Cette annonce a fait pulvériser l'ultimatum du 30 juin, fixé par les négociateurs pour l'Iran. S
ur fond de ces réticences, Obama a tout fait, pour éviter des bâtons russes, dans les roues de la négociation. Ramant à contre-courant des généraux du Pentagone, Obama s'est refusé à qualifier Moscou de menace existentielle, et a fait profile bas, face au Kremlin. Cependant, l'arsenal nucléaire russe est l'un des plus grands au monde, et représente, effectivement, une menace, pour les États Unis et l'Europe. En effet, le souci de Moscou est moins la transparence, dans les termes de l'accord, que des considérations énergétiques. "Gazprom" n'aimerait pas voir le pétrole et le gaz iranien saturer les marchés mondiaux, surtout, que l'Iran cherchait, sans aucun doute, à diversifier ses partenaires. Certains analystes évoquent, aussi, le syndrome chinois et son influence sur la position russe.

La Chine dont dépend de plus en plus la Russie, voulait une levée des sanctions, pour investir, largement, dans le secteur énergétique iranien. Toujours est-il que le "oui" de Poutine devrait être considéré comme ce qu'il est réellement. Un "oui" conditionné et intéressé, pour éviter un affaiblissement du triangle Iran/Russie/Chine.

 

 

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