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lundi, 15 septembre 2014 07:59

Daech: pourquoi Téhéran refuse de coopérer avec Washington?

IRIB- Les Etats-Uins annoncent qu’ils n’inviteront pas l’Iran à participer à la coalition internationale contre Daesh. 

Tandis que de nombreux analystes croyaient que l’Iran deviendrait un élément principal de la coalition internationale pour combattre les terroristes de l’Etat islamique (Daesh), les Etats-Unis ont annoncé officiellement que l’Iran ne sera pas invité à prendre place dans cette coalition, en soulignant que les raids contre les positions des terroristes de Daesh en Irak n’avaient aucun lien avec l’Iran. De leur côté, les autorités iraniennes ont annoncé qu’elles n’ont pas coopéré avec les Etats-Unis pour combattre les terroristes de Daesh et qu’une telle coopération ne sera pas établie non plus entre Washington et Téhéran. D’ailleurs, les responsables iraniens se disent dubitatifs en ce qui concerne les vraies intentions des Etats-Unis de former une coalition internationale pour lutter contre les terroristes de l’Etat islamique (Daesh).

Ils estiment que la création de cette coalition serait un instrument au service d’un nouvel aventurisme des dirigeants américains dans la région du Moyen-Orient. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry a voyagé à Bagdad pour dire aux responsables irakiens que les Etats-Unis préféraient que l’Iran n’entre pas dans la coalition que Washington souhaite former pour lutter contre les terroristes de Daesh. Lors de sa visite en Turquie, il a également dit aux autorités d’Ankara que les Etats-Unis s’opposaient à la participation de la République islamique d’Iran à la coalition internationale contre les terroristes de Daesh. Mais pourquoi les autorités de la Maison Blanche ont-elles changé d’avis tandis que tout le monde croyaient que le combat contre Daesh pourrait renforcer le processus du rapprochement politique entre les Etats-Unis et Téhéran ?

Selon Ali Moussavi Khalkhali qui a publié un article dans le quotidien iranien Etemad, les experts croient que les efforts de l’administration Obama pour former une coalition internationale contre les terroristes de l’Etat islamique (Daesh), quelques jours seulement avant la tenue de la réunion annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU à New York montrent que les dirigeants de la Maison Blanche chercher à réaliser des objectifs plus ou moins douteux dans la région du Moyen-Orient. En outre, les efforts de Washington pour créer cette coalition coïncident avec le processus du dialogue nucléaire entre l’iran et les six puissances. Les Etats-Unis veulent-ils arracher des concessions à la partie iranienne pour laisser l’Iran d’entrer dans la coalition internationale contre les terroristes de Daesh ?

Pourquoi les Etats-Unis refusent-ils de coopérer avec l’Iran ?

Certains analystes disent que même si les dirigeants américains avaient voulu coopérer avec l’Iran dans le cadre de la lutte contre le terrorisme extrémisme de Daesh, ils auraient eu confrontés à de sérieux obstacles.

1- Il s’agit d’abord de la méfiance que plusieurs pays arabes expriment envers l’avenir des coopérations politiques entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran. Cette méfiance a été exprimée très vite, lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a rencontré pour la première fois le secrétaire d’Etat américain John Kerry en 2013, ou quand le président Barack Obama a parlé au téléphone avec le président iranien Hassan Rohani.

D’après certains dirigeants arabes, les efforts des Etats-Unis pour arriver à un accord avec Téhéran au sujet du programme nucléaire civil des Iraniens n’auraient d’autre résultat que la reconnaissance internationale de tous les droits nucléaires de l’Iran. Les Arabes le considèrent donc comme une trahison de la part du président Barack Obama envers les alliés arabes des Etats-Unis. Cette méfiance a conduit les Américains à croire que leur coopération avec l’Iran pour combattre les terroristes de Daesh serait contraire aux intérêts de Washington et de ses alliés, étant donné l’influence de l’Iran dans les pays comme l’Irak et la Syrie ; d’autant plus que les Etats-Unis craignent aussi que l’Iran ne renforce sa position au Liban ou au Yémen.

2- Le caractère confessionnel des activités des terroristes de Daesh est un autre obstacle devant la coopération anti-terroriste entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran. Daesh est un courant extrémiste sunnite. Les pays arabes de la région sont majoritairement sunnites. Dans un contexte où le climat politique de la région est fortement marqué par les tensions confessionnelles, Les dirigeants des pays arabes estiment que la coopération des Etats-Unis avec l’Iran chiite pour lutter contre un courant terroriste sunnite pourrait renforcer la position de l’Iran et des autres forces chiites dans la région du Moyen-Orient. Cette coopération irano-américaine pourrait devenir un obstacle sérieux devant la coopération des pays arabes sunnites dans le cadre de la lutte contre le terrorisme de Daesh. C’est la raison pour laquelle les dirigeants américains préfèrent coopérer avec les Arabes sunnites pour se battre contre un courant extrémiste sunnite.  

3- D’après les analystes, les dirigeants des Etats-Unis souhaitent se mettre à l’écart des rivalités entre les Chiites et les Sunnites dans la région. Certes, il y a des observateurs qui estiment que la politique des Etats-Unis a intensifié jusqu’à présent la rivalité entre les Chiites et les Sunnites, pourtant il faut savoir que les Américains ne veulent pas du tout s’impliquer directement dans ce type de conflits confessionnels dans la région du Moyen-Orient. Tandis que les dirigeants des pays arabes accusent la République islamique d’Iran de soutenir les courants chiites et de vouloir propager le chiisme dans les pays musulmans, une coopération irano-américaine pour lutter contre le terrorisme de Daesh pourrait être évaluée dans les capitales arabes comme le soutien de la Maison Blanche aux Chiites au détriment des Sunnites.

4- Des analystes disent que la participation de l’Iran à la coalition internationale contre les terroristes de l’Etat islamique (Daesh) pourrait renforcer la position de Téhéran dans les négociations nucléaires avec les six puissances sur l’avenir de son programme nucléaire civil. Il est possible qu’un jour les Etats-Unis décident enfin de travailler avec les Iraniens pour lutter contre le terrorisme, mais la Maison Blanche ne souhaite pas que cela devienne un avantage pour les Iraniens en ce qui concerne le programme nucléaire de leur pays.    

5- La puissance régionale de l’Iran est un autre élément qui fait les Etats-Unis hésiter dans l’idée d’une coopération anti-terroriste avec Téhéran. L’Iran est devenu une grande puissance régionale sans jamais se comporter selon le souhait des Américains. Sarkis Naom, célèbre journaliste libanais dit que l’Iran est le seul pays du Moyen-Orient qui ne dépend en rien à aucune grande puissance mondiale, et qui a su forger sa puissance et son influence régionale dans le cadre d’une politique d’indépendance. Dans ce contexte, si la Maison Blanche accepte l’entrée de l’Iran dans la coalition internationale pour lutter contre le terrorisme de Daesh, elle reconnaît la puissance régionale de l’Iran. Dans ce cas, les Etats-Unis devraient faire appel à l’Iran dans tous les dossiers de la région. En tout état de cause, il y a de nombreux analystes arabes qui croient que tôt ou tard les Etats-Unis finiront pas accepter la puissance régionale de l’Iran au prix même de perdre leurs alliés arabes dans la région du Moyen-Orient.

6- La question de la Syrie est très importante. Si les Etats-Uins acceptent la présence de l’Iran dans la coalition internationale contre Daesh, cela signifierait aussi que la Maison Blanche devrait prendre en compte les conditions et les points de vue des responsables iraniens pour mener la guerre contre les terroristes en Irak et en Syrie. L’une de ces conditions iraniennes c’est que la guerre contre les éléments de Daesh en Syrie doit obéir à une coopération avec le gouvernement légale de damas dirigé par le président Bachar al-Assad. D’ailleurs, le gouvernement syrien a annoncé que les raids aériens contre les positions des terroristes de Daesh doivent être coordonnés avec les autorités politiques et militaires de Damas. L’Iran et la Russie sont d’accord avec la position du président Bachar al-Assad. Si les Etats-Unis acceptent cette condition, ils devront réactiver leurs relations avec le gouvernement syrien. Cela signifiera la reconnaissance de la légitimité du gouvernement de Damas aux yeux des dirigeants américains. Les analystes disent que cela dissuaderaient les alliés arabes et sunnites des Etats-Unis de coopérer avec la coalition internationale contre le terrorisme extrémisme sunnite.

7- L’inquiétude de l’Iran est un autre obstacle devant la coopération anti-terroriste entre Téhéran et Washington. Les autorités iraniennes disent qu’ils se méfient des vraies intentions des Etats-Unis de créer une coalition internationale contre les terroristes de Daesh, car ils estiment que cette coalition pourraient se transformer vite en une coalition contre le gouvernement légal du président Bachar al-Assad à Damas. A ce propos, le journal libanais Al-Hayat a écrit que lors de la réunion de Djedda, le gouvernement saoudien a proposé aux Etats-Unis que la coalition internationale se charge aussi du règlement définitif de la crise syrienne. Cela veut dire que les Saoudiens souhaitent que les Etats-Unis et leurs alliés entre en guerre contre les éléments terroristes de Daesh sur le territoire syrien, et qu’après la défaite de Daesh, les forces de cette coalition internationale renversent le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad, afin que le pouvoir soit donné en Syrie aux opposant que les Américains considèrent comme « modérés ». Il est évident que l’Iran n’entrera jamais dans une telle coalition pour renverser le gouvernement de son allié syrien.

8-la dernière raison est à chercher dans la politique et les points de vue des dirigeants du régime sioniste. Tel-Aviv craint que la participation de l’Iran à la coalition internationale contre les terroristes de Daesh ne renforce la position de Téhéran dans les négociations nucléaires avec les grandes puissances. Cela explique les pressions du régime sioniste sur Washington pour dissuader les dirigeants de la Maison Blanche de coopérer avec les Iraniens dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. La semaine dernière, les autorités israéliennes ont voyagé plusieurs fois aux Etats-Unis pour rencontrer les responsables américains. Leur objectif est d’empêcher une coopération irano-américaine au nom de la lutte contre le terrorisme de Daesh. C’est juste après ces rencontres à Washington que le secrétaire d’Etat américain John Kerry a déclaré que l’Iran ne sera pas inviter à la coalition internationale contre Daesh.

En tout état de cause, il faut rappeler que l’Iran et les Etats-Uins ont déjà coopéré plusieurs fois contre le terrorisme soit en Afghanistan soit en Irak. Il est donc possible qu’une coopération indirecte soit établie entre les deux pays en dehors de la coalition internationale.

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