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dimanche, 24 août 2014 08:20

Pourquoi l’Arabie saoudite ne peut-elle plus intervenir militairement au Yémen ?

IRIB- Depuis longtemps, Riyad poursuit une position ambiguë vis-à-vis du Yémen, en menaçant les protestataires et en soutenant le gouvernement de Sanaa, mais l’Arabie s’avère incapable d’y intervenir militairement. 

Tout le monde sait que depuis des années, l’armée saoudienne est à l’origine de l répression des Houthis chiites et des autres opposants au gouvernement du Yémen. A présent, tandis qu’un nouveau tour de protestations populaire prend forme au Yémen contre le gouvernement de Sanaa, l’Arabie saoudite menace de nouveau les opposants yéménites d’intervenir militairement dans ce pays. Dans ce sens, le gouvernement saoudien se sert des médias pour renouveler ses menaces d’intervention militaire pour réprimer le mouvement populaire dirigé par le groupe Ansarullah. En effet, l’Arabie saoudite a menacé qu’elle se servirait de la force pour empêcher ce que Riyad appelle « les efforts des rebelles Houthis pour s’emparer de la capitale yéménite». Or, le mouvement Ansarullah a annoncé officiellement que contrairement aux prétentions des médias locaux, les partisans de ce groupe n’ont pas l’intention d’attaquer militairement Sanaa, la capitale. Le groupe a souligné que son objectif est de continuer les protestations pacifiques pour obliger le gouvernement à réaliser les réformes politiques au Yémen.

Pourtant, tous les indices laisse prévoir que cette fois-ci, l’Arabie saoudite ne pourra pas intervenir militairement dans les affaires intérieures du Yémen, bien que le roi d’Arabie a décidé d’intervenir financièrement pour soutenir le gouvernement de Sanaa en donnant l’ordre de l’octroi d’aides économiques gratuites et de la livraison du pétrole au gouvernement yéménite. Dans ce nouveau tour de protestations populaire contre le gouvernement de Sanaa, le mouvement Ansarullah demande au gouvernement de Sanaa de démissionner, d’annuler sa décision de libéraliser le secteur d’énergie, de réviser le plan des divisions administratives du pays, et de réformer la structure du conseil qui est chargé de surveiller l’application des décisions de la conférence du dialogue national yéménite. D’après les analystes, le président Abdo Rabu Mansour Hadi qui a des liens très étroits avec l’Arabie saoudite, a décidé récemment –sous les pressions de Riyad– de modifier les divisions administratives du Yémen, en y créant six régions autonomes, afin de diminuer l’influence et le pouvoir des chiites Houthis. Il veut tracer les frontières parmi ces nouvelles régions autonomes, de sorte que la population chiite des Houthis soit répartie parmi plusieurs régions à majorité sunnites. Ainsi, les Houthis seraient pratiquement privés de tout rôle politique et social dans les régions comme Saada, Sanaa, Omran ou al-Jouf.

Suite à l’annonce de ce plan, les Houthis du Yémen ont présenté la liste de leurs demandes au président Abdo Rabu Mansour Hadi qui a répondu que ces demandes serait étudiées par le Congrès national yéménite. Le Congrès national yéménite qui est le parti au pouvoir à Sanaa n’a donné aucune réponse aux demandes des Houthis depuis huit mois. Pendant ce temps, les divergences de vue deviennent de plus en plus profondes entre les Houthis et le gouvernement de Sanaa. Le secrétaire général du Conseil de coopération du golfe Persique (CCGP) a publié un communiqué à Riyad pour demander à toutes les parties yéménites de respecter la loi et de formuler leurs demandes par les moyens démocratiques. Le secrétaire général du CCGP, Abdel-Latif al-Ziyani estime que les demandes des Houthis sont trop « provocatrices ». Il a dit : « Le Conseil de coopération du golfe Persique s’oppose à toute action qui pourrait empêcher la poursuite du processus politique au Yémen, et condamne les actions provocatrices des Houthis ». Le secrétaire général du CCGP a demandé à toutes les parties yéménites de respecter les décisions de la conférence du dialogue nationale. Depuis longtemps, Riyad poursuit une position ambiguë vis-à-vis du Yémen, en menaçant les protestataires et en soutenant le gouvernement de Sanaa, mais l’Arabie s’avère incapable d’y intervenir militairement. Ceci dit, cette fois-ci, Riyad devrait se contenter des mécanismes politiques et diplomatiques. Cette incapacité d’intervention militaire au Yémen, pour l’Arabie saoudite, est due à plusieurs facteurs :

1- Le sud du Yémen est devenu malheureusement le deuxième grand lieu de rassemblement des groupes terroristes liés à al-Qaïda. L’incompétence du gouvernement de Sanaa dans la lutte contre les terroristes d’al-Qaïda, a obligé les Houthis à se charger eux-mêmes de la lutte contre les terroristes. Par conséquent, depuis longtemps d’âpres affrontements armés s’éclatent de temps en temps entre les terroristes d’al-Qaïda et les forces des Houthis. Etant donné le développement des activités des groupes liés à al-Qaïda en Syrie, en Irak et même au Liban, l’intervention militaire de l’Arabie saoudite au Yémen pourrait créer un espace plus favorable au renforcement de la position des groupes liés à al-Qaïda au Yémen. En effet, l’expérience amère de la Syrie et de l’Irak a montré que ce type d’intervention militaire rend le terrain très favorable aux activités des groupes terroristes extrémistes, au-delà de tout contrôle par les services de renseignements des puissances étrangères dont les Etats-Unis.

2- Au Yémen, la grande majorité de la population est représentée par les Chaféites (sunnites)  et les Zaydites (chiites). Lors de la dernière vague des protestations populaires contre le gouvernement de Sanaa, des centaines de milliers de Yéménites chaféites rejoignent les rangs des Zaydites pour exiger les réformes politiques. Cela montre que les revendications populaires vont au-delà des considérations d’ordre confessionnel ou ethniques. Autrement dit, la majorité des Yéménites, toutes religions confondues, semble s’opposer au gouvernement de Sanaa.

3- L’Arabie saoudite a déployé ses milliers de soldats le long de ses frontières avec l’Irak pour empêcher l’infiltration des terroristes de Daesh (Etat islamique, EI) à l’intérieur du royaume. Etant donné la fragilité de l’Arabie saoudite devant une éventuelle infiltration des terroristes de Daesh, il serait très difficile pour les dirigeants de l’Arabie saoudite d’ouvrir un nouveau front de guerre au sud, à proximité de ses frontières avec le Yémen où les terroristes d’al-Qaïda pourraient profiter de la guerre entre les Saoudiens et les Houthis pour s’infiltrer à l’intérieur du royaume saoudien. Ce qui pourrait compliquer davantage la situation, c’est que dans la zone frontière du Yémen, près de l’Arabie saoudite, il y a une autre population chiite (Ismaélite).

4- La situation sécuritaire de l’Arabie saoudite est assez fragile, étant donné l’éventualité des opérations de sabotage ou des attentats organisés par Daesh ou al-Qaïda. Cela peut obliger les dirigeants saoudiens d’ouvrir également un front intérieur contre les terroristes, d’autant plus que l’entrée de l’Arabie saoudite dans une guerre au Yémen, pourrait préparer le terrain aux actes provocateurs à l’intérieur du royaume pour attiser un conflit interne entre les Sunnites majoritaires et la minorité chiite. 

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