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dimanche, 27 octobre 2013 14:00

Détente Iran/USA inquiète tout le monde même les Russes ?!!

IRIB – Selon l'analyste et expert des questions liées à la Russie, Jahanguir Karami, ce serait difficile de détacher les Etats arabes et la Turquie,

de l'Occident, dans les processus géopolitiques anti-iraniens qui se poursuivent dans la région. Téhéran aura, donc, besoin de beaucoup de temps et d'efforts pour créer le fossé dans le camp anti-iranien.

Et la Russie, en est-elle contente ou plutôt inquiète ? La Russie qui, durant les années d'éloignement entre l'Iran et l'Occident, a parfois essayé d'écarter les obstacles voire les sanctions anti-iraniennes et parfois, adhéré aux Occidentaux, se trouve, ces jours-ci, face à un dilemme. Les Russes se demanderaient maintenant s'ils devraient se réjouir de l'éventuel dégel entre Téhéran et Washington, avec notamment l'éventuel règlement de l'affaire nucléaire, ou entraver plutôt cette voie. A ce propos, le site irdiplomacy.ir a interviewé Jahanguir Karami et pour commencer, une allusion à une récente prise de position de Moscou : ''Après les négociations Iran-5+1 à Genève, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov a affirmé qu'on ne devrait guère être optimiste, sur les résultats des pourparlers. Comment évaluez-vous cette prise de position assez différente de celles des autres participants aux négociations ? ''

Voici, dans les lignes qui suivent, l'analyse établie par Jahanguir Karami. ''Effectivement, les Russes ne sont pas inquiets des négociations ; les relations Téhéran-Moscou dans les circonstances actuelles n'ont pas grande chose à voir avec l'affaire nucléaire. Mais cette affaire et les sanctions appliquées contre l'Iran ont imposé des restrictions aux liens Téhéran-Moscou. Les Russes préféreraient donc qu'on règle cette question, et cela, pour plusieurs raisons :

-L'Iran offre un très vaste marché aux Russes.

-Moscou et Téhéran ont des intérêts partagées très importants, liés aux différents dossiers régionaux en Asie centrale, en Afghanistan, dans le champ de la Caspienne et surtout, au Moyen-Orient et en Syrie.

-Par ailleurs, il y a une convergence de points de vue, entre l'Iran et la Russie, au sujet des questions liées à l'ordre mondial qui est en pleine évolution y compris l'extension de l'Otan, le plan de bouclier balistique et l'unilatéralisme américain, la délimitation des souverainetés nationales et l'ingérence des Occidentaux dans les affaires intérieures des pays souverains.

Certains pourraient pourtant établir une analyse différente et particulière, sur fond d'une hypothèse, d'ailleurs, improbable, en ce sens que l'Iran et l'Occident vont si loin dans leur politique de détente, qu'ils deviennent des alliés stratégiques, l'un pour l'autre. Premièrement, un si fort optimisme n'aurait pour l'instant aucune justification et deuxièmement, en raison de sa politique étrangère marquée par l'indépendance, la RII ne pourrait pas être, de fait, l'allié stratégique des Occidentaux.''

Irdiplomacy.ir pose ensuite une autre importante question. On a été témoin, ces quelques dernières années, des différends entre la Russie et certains pays européens, au sujet du transfert de l'énergie, tandis que beaucoup de pays européens sont enclins à l'établissement des liens commerciaux, avec l'Iran, dans l'espoir de se débarrasser, un jour, du jeu que jouent les Russes, chaque année, avec l'arrivée de la saison froide. Pourrait-on dire, donc, que l'ouverture des liens avec Téhéran risque d'entrainer le marché énergétique de la Russie à la récession ? La réponse, avec Jahanguir Karami.

''Si l'Iran entre dans les interactions avec l'Occident et surtout dans le projet de gazoduc Nabucco, pour devenir un grand exportateur de gaz à destination de l'Occident, et si l'ensemble des exportations gazières en provenance de l'Iran et l'Irak atteignent un niveau qui donne aux Russe l'impression d'être devancée par des adversaires, OUI. Cela va sans doute influer sur le marché russe. Une telle situation, si elle se produit et s'opérationnalise d'ici 4-5 ans, le marché énergétique de la Russie se trouvera face à une rivalité politico-économique, en ce sens que cette nouvelle situation  sortira le marché européen de l'état d'indépendance envers la Russie, ce qui réduira les pressions politiques exercées par Moscou sur les Occidentaux.

C'est un fait. Bien que l'Iran et la Russie aient des intérêts régionaux communs et coopèrent sur le plan énergétique, la Russie sentira être tombée dans une rivalité, au cas où l'Iran s'impose au marché européen. Et ce n'est qu'un seul des différents aspects des interactions internationales qui pourraient avoir lieu, à long terme, entre l'Iran et la Russie. Une telle situation existe déjà entre la Russie et les pays centre-asiatiques, en ce qui concerne l'exportation de l'énergie, mais aussi, entre l'Iran et les pays du golfe Persique, s'agissant de fournir l'énergie à l'Inde ; or, les champs d'intérêts communs objectifs, axiaux et immédiats, sont encore très vastes, d'autant plus qu'avec les évolutions en Afghanistan dont devront sortir les forces de l'Otan avant la fin de 2014, la Russie et l'Iran auront sérieusement besoin de travailler ensemble, dans différents domaines. On pourrait peut-être croire que la Russie n'aura pas intérêt à voir l'Iran résoudre tous les problèmes avec l'Europe, faisant son entrée dans les marchés européens de l'Energie et cela d'ailleurs, sur un fond des relations tendues russo-européennes ; mais n'est-ce pas que l'Azerbaïdjan, le Turkménistan et l'Irak, aussi, vont devoir participer au projet Nabucco ? En tout cas, non seulement les Russes ne s'inquiètent pas d'un règlement de l'affaire nucléaire iranienne, mais encore, (et la donne actuelle le prouve), ils se réjouiraient de la voir résoudre, espérant que cela éliminera une partie des restrictions et obstacles aux coopérations avec l'Iran.''

''Parlant des affaires comme l'affaire syrienne, nous sommes été témoin du rapprochement stratégique des positions de Téhéran et Moscou, Mais quel est l'enjeu de cette convergence  et à quel point les Russes se soucient de la détente sur la donne Téhéran-Washington ?''  En réponse à cette importante question, Jahanguir Karami établit son analyse, à lui, dans son interview avec irdiplomacy.ir.

''La première importante affaire partagée entre l'Iran et la Russie, c'est que l'Iran offre un marché s'estimant à 4 milliards de dollars aux Russes, une somme qui pourrait atteindre les 10 milliards de dollars, dans une durée de 2 ou 3 ans. D'autre part, une fois que les forces otaniennes seront sorties du sol afghan, le seul pays apte à contribuer au maintien de la stabilité en Afghanistan voisine c'est l'Iran. Cette réalité compte beaucoup aux Russes d'ailleurs très inquiets au sujet des impacts des évolutions survenues en Afghanistan, sur les pays de l'Asie centrale. L'Iran et la Russie ont déjà l'expérience de travailler ensemble en rapport avec l'affaire afghane, les deux pays ont fait preuve des positions semblables envers différents dossiers dont la crise au Tadjikistan. De même, les soucis liés à la  sécurité et la stabilité pour endiguer l'indépendantisme, l'extrémisme, le trafic de drogue et l'expansion des crimes internationaux, dans la région, fait rapprocher encore plus les deux pays. En outre, la formation d'un ordre de sécurité collectif, dans le champ de la mer Caspienne, profitera à tous les deux pays qui souhaitent empêcher l'influence étrangère et gérer les problèmes sécuritaires, les questions liées aux immigrations illégitimes et aux crimes régionaux et beaucoup d'autres problèmes, dans cette région. Une note d'entente a déjà été signée entre les pays riverains de la Caspienne, il y a 3 ans. Il ne faut pas, non plus, oublier que tout événement qui se produit au Caucase, et qui nuit à la stabilité de cette région, se révèlera au détriment des deux pays. Le Caucase est exposé aux forces centrifuges et des courants divergents venant des Républiques d'Azerbaïdjan, d'Arménie et de Géorgie. Une stabilité durable dans cette région apportera des intérêts particuliers à Téhéran et Moscou.

Au Moyen-Orient, aussi, les deux pays auront des soucis communs, au cas où les courants radicaux extrémistes ne veulent pas se fondre dans une vaste mouvance internationale. Le danger qui, après la Syrie, menace l'Irak et le Liban pourrait affecter, dans un deuxième temps, le Caucase du Nord et du Sud et le champ caspien, car, il est probable que ces courants se transforment en une véritable force destructive régionale, incontrôlable pour les Etats.

C'est, en fait, les Occidentaux qui, aux antipodes de la Russie, souhaiteraient que les tensions persistent au Moyen-Orient. Dans un climat de tensions persistant, ils seraient capables de contrôler leurs adversaires et empêcher, à la fois, la conception des puissances régionales enclines à saper leurs intérêts ou ceux d'Israël. L'appui occidental au radicalisme en Syrie est donc bien calculé. Ils en abusent afin de porter atteinte à la situation géopolitique de l'Iran et de la Russie, et à termes, pour empêcher tout ordre puissant régional de s'y concevoir. Malheureusement, ils sont épaulés sur ce chemin par le gouvernement turc, ce dernier se faisant illusion qu'il profitera à l'avenir de cette situation. Ce qui, hélas, n'est pas le cas ; une fois le radicalisme aura embrasé la région, la Turquie, non plus, n'en restera pas à l'abri...''

 

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