Le New York Times indique que «de hauts responsables israéliens, y compris, le ministre des Affaires étrangères et le chef du Mossad, se sont rendus, à Washington, ces dernières semaines, pour défendre leur point de vue» : l’Iran atteindrait, très bientôt, le point où des bombardements ne pourraient plus détruire son programme nucléaire. L’argument est qu’une fois que l’Iran aura transféré, suffisamment, d’équipements et de matériaux, dans des installations souterraines inexpugnables, ceux-ci ne pourraient plus être détruits, même en employant les bombes les plus puissantes. De sorte qu’Israël doit attaquer, rapidement, ne disposant, peut-être, que d’un délai de quelques mois, ont affirmé ces officiels israéliens.
Une campagne massive de propagande est en cours, sur les grands médias, à destination de ceux qui ne suivent pas de près cette question. L’Iran, dont même le secrétaire à la Défense des États-Unis, Leon Panetta, a reconnu qu’il ne construisait pas une arme nucléaire, est dépeint comme la désirant ardemment. Pourquoi donc ? Ils pourraient, ainsi, atomiser Israël, devenant, alors, la première nation sur Terre à se suicider, en masse, puisqu’Israël dispose de suffisamment d’armes nucléaires, pour tuer plusieurs fois tous les Iraniens. Cela prend, donc, tout son sens, si l’on suppose que le suicide de masse est, en Iran, l’aspiration nationale la plus profonde.
Cependant, la plupart des experts estiment que l’Iran ne cherche pas à construire des armes nucléaires, mais, seulement, à obtenir la capacité à les produire. C’est là une capacité que partagent le Brésil, l’Argentine, le Japon, et d’autres pays disposant de réacteurs nucléaires civils - et qui sont à même de produire des armes nucléaires, dans un délai de quelques mois. L’Iran, comme ces autres pays - et contrairement à Israël - est en conformité avec le Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires, et le resterait, même s’il acquérait une telle capacité.
Revenons-en aux États-Unis : La bonne nouvelle, c’est qu’Israël n’attaquera pas l’Iran, avant l’élection présidentielle américaine. Beaucoup de gens voient en Obama un faible - il a été dépassé par ses généraux, en Afghanistan, par Wall Street, sur la réforme de la finance, etc. Mais malheur à ceux qui essaieraient d’interférer avec sa réélection. Il les écraserait. Et une guerre avec l’Iran - peu importe qui la commencerait - serait bien trop risquée, en année électorale. Il y a fort à parier que Barack Obama a rappelé aux Israéliens qui est le patron, et qui verse des milliards de dollars, chaque année.
Pour faire passer le message, deux fonctionnaires de l’administration Obama, restés anonymes, ont déclaré à la presse, la semaine dernière, qu’Israël finançait et formait des terroristes iraniens, pour tuer des scientifiques du nucléaire, dont cinq ont été assassinés, depuis 2007. Cette «fuite» était une autre façon de montrer aux Israéliens qu’Obama est résolu, et, peut-être, aussi, qu’il ne veut pas d’assassinats, en ce moment, ce qui pourrait augmenter les risques d’une escalade et d’une guerre.
La mauvaise nouvelle, c’est que l’administration Obama, avec l’aide des grands médias, prépare toujours le terrain, pour une éventuelle guerre avec l’Iran, dans le futur - tout comme le Président Bill Clinton avait ouvert la voie à l’invasion de l’Irak, par son successeur. Les membres du Congrès, poussés, fortement, par le lobby de l’AIPAC et les néo-conservateurs, tentent, également, de rendre la guerre inévitable, en rendant impossible la diplomatie. C’est là une guerre que le monde se doit de prévenir.




