Au sujet de la crise iranienne, Rogozine affirme :
«Pour les Américains, [l’Iran] est très éloigné, complètement de l’autre côté de la Terre, de la planète, du globe. Mais pour nous, il est juste au Sud de notre Caucase. Par conséquent, si quelque chose a lieu avec l’Iran, s’il est impliqué, dans un genre d’initiative militaire, alors, cela constitue une menace directe à notre sécurité». Pour Rogozine, la Russie, en tant que grande puissance «responsable» de la paix mondiale, partage les intérêts des Etats-Unis d’Amérique et d’autres nations, quant à la non-prolifération d’armes de destruction massive. «De plus, en tant que vice-président de notre gouvernement en charge de l’industrie nucléaire, pour "Rosatom", je peux vous dire, en des termes dénués d’ambiguïté, que nous mènerons une politique très dure, destinée à empêcher des pays, tandis que nous les aidons à développer des sources modernes d’énergie, d’acquérir des technologies pour utiliser l’atome, à des fins militaires. Cela n’arrivera pas. Je vous le garantie». Précisant que la surveillance du processus d’exportation est en cours de resserrement, il a ajouté : «Nous remplirons, strictement, nos obligations internationales dans ce domaine».
"Dans le même temps, a-t-il ajouté, c’est un droit, pour chaque pays, «de disposer de tout ce dont il a besoin, de se sentir à l’aise et solide. L’Iran, aussi, a ce droit. En conséquence, nous voudrions dire à tous ceux qui prennent part à ce jeu agité autour de l’Iran : "Calmez-vous. Baissez vos débats et vos déclarations publiques d’un ton. Gardez en tête que toute déclaration publique a des conséquences matérielles". (…) Nous espérons que la crise actuelle autour de l’Iran s’apaisera par le fait de chacun d’entre nous. Si la tension continue de croître autour de l’Iran, et qu’elle se combine à la situation en Syrie, aux suites de la guerre civile, en Libye, et au "printemps arabe", à venir en Afrique du Nord, personne ne dira qu’il s’agit là de quelque chose d’insignifiant. Nous le répétons donc, "prenez un verre d’eau minérale fraîche et calmez-vous"».
Les préoccupations de Rogozine, quant aux sanctions contre l’Iran, ont été soulignées, dans une déclaration faite à Moscou, ce 13 janvier, par le vice-ministre aux Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, qui a identifié la politique de sanctions, présentée, en Occident, comme une alternative à la guerre, comme étant une politique de guerre : «Des sanctions supplémentaires contre l’Iran, ou une possible frappe militaire contre la République islamique d’Iran, seront, incontestablement, perçues, par la communauté internationale, comme poursuivant un objectif de ’changement de régime’ à Téhéran».
Il a, aussi, été interrogé, sur la déclaration de Susan Rice, l’ambassadrice américaine, aux Nations unies, affirmant qu’une nouvelle ébauche de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, au sujet de la Syrie, est attendue, de la part de la Russie. Là, encore, il a, clairement, refusé de cautionner toute politique visant à renverser le régime : «Malheureusement, l’approche de l’Occident est, fondamentalement, différente de la nôtre, et, à en juger par les amendements avancés, [elle] vise, essentiellement, à défaire le régime Assad, à Damas».




