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lundi, 30 mars 2015 09:17

De quelle solidarité ont besoin les Tunisiens ?, par Kharroubi Habib

De quelle solidarité ont besoin les Tunisiens ?, par Kharroubi Habib
IRIB- Une grandiose marche populaire contre le terrorisme s'est déroulée, hier, dimanche, à Tunis.
Des dizaines de milliers de citoyennes et citoyens tunisiens y ont pris part, en signe de protestation contre le tragique attentat du musée du Bardo, qui a coûté la vie à 22 personnes, Tunisiens et touristes étrangers. Pour y clamer, également, leur détermination à ne pas céder à la peur et à opposer un front uni au fléau terroriste, qui cherche à faire avorter leur fragile démocratie, qui se met en place.

Les marcheurs tunisiens se sont, à coup sûr, réjouis de la participation à leur manifestation de nombreuses hautes personnalités étrangères, venues témoigner, par leur présence, de la solidarité de leurs pays respectifs, à l'endroit de leur combat. La symbolique de la présence de ces hautes personnalités est, incontestablement, parlante de la sympathie internationale que suscite la Tunisie, engagée dans un processus de démocratisation prometteur et par sa résistance aux extrémistes terroristes, qui veulent le faire échouer. Il n'en reste pas moins que cette étape cruciale et décisive, pour elle, la Tunisie est en droit d'attendre que la solidarité internationale, dont elle a besoin, s'exprime autrement que par des gestes symboliques.

Le front intérieur uni que les Tunisiens opposent aux menées des jihado-terroristes, dans leur pays, a, en effet, besoin d'être conforté par l'action d'une armée nationale et de forces de sécurité, disposant de moyens matériels performants, pour assumer leur mission sécuritaire, et que l'économie nationale tunisienne renoue avec la croissance barrage aux frustrations susceptibles d'alimenter le recrutement, par les courants extrémistes et terroristes. Sur ces deux volets, la solidarité internationale tarde à s'exprimer, de façon conséquente.

Les quelques aides, dont a, jusqu'à maintenant, bénéficié la Tunisie, ne sont pas à hauteur des enjeux des défis auxquels elle est confrontée. Certains partenaires de ce pays, tout en «s'extasiant» sur les avancées positives qu'il réalise, sur la voie de la démocratie et d'un projet de société moderniste, hésitent ou traînent le pas à lui fournir les aides, dont il a besoin, pour que sa démarche soit irréversible. Comme s'ils nourrissent le doute, sur les capacités du peuple tunisien et de ses dirigeants, à assumer ce pari.

Quand on compare les aides internationales, qui se sont déversées sur l'Ukraine, pour, prétendument, lui permettre de faire face aux menaces, que font planer sur elle la Russie et les séparatistes pro-russes, et, surtout, la célérité, avec laquelle elles lui sont octroyées, avec celles que la Tunisie a reçues, il n'y a, incontestablement, pas «photo». Beaucoup de promesses sont prodiguées à la Tunisie qui ne se concrétisent pas, malgré l'urgence qu'il y a à les mettre à disposition des nouvelles autorités tunisiennes, qui, de ce fait, peinent à réunir les moyens, pour entreprendre un plan de redressement du pays, couplé à une efficace guerre contre le fléau du terrorisme. Cela, au risque de provoquer désillusion et colère, au sein d'une population, dont la satisfaction des attentes et espérances sociales est sans cesse différée, faute de moyens, dont l'Etat dispose. Se proclamer «amis» de la Tunisie et de son combat pour la démocratie et la modernité implique de lui manifester une solidarité pratique, allant au-delà des gestes symboliques.

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