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mardi, 10 février 2015 17:26

Gaz de schiste, dialogue politique, chute des prix du pétrole : le statu quo, face à une cascade de défis

IRIB- La crise annoncée, en plus de sa dimension politique, prend des contours, disons-le, sociétaux,
avec le réveil de la société civile du Sud du pays. Chute des prix du pétrole, gaz de schiste, nouveau gouvernement, dialogue politique, grève dans l'Education nationale, flambée des prix de produits agricoles, la scène nationale est soumise, ces dernières semaines, à des tensions, tant sociales, politiques, qu'économiques. En effet, si les membres du gouvernement soufflent, à la vue de la remontée des prix de l'or noir et une stabilisation autour de 50 dollars, le baril, cela ne constitue pas, pour autant, la fin de leurs angoisses. Et pour cause, même à 50 dollars, il sera très difficile, voire, impossible de maintenir un équilibre budgétaire, pour 2015. Cela dit, la baisse des investissements, dans le schiste, à l'échelle mondiale, apporte quelques satisfactions aux décideurs, qui rêvent, bien entendu, de voir les cours remonter, sur les marchés internationaux, et partant, fermés pas mal de foyers de tension.

Cette inquiétude, que la population partage avec le gouvernement, vient se greffer sur un état des lieux traduisant une situation de statu quo, qui fait dire aux observateurs de la scène nationale, que le pays vit dans «une bulle protectrice», qui peut éclater, à tout moment, pas seulement, en raison de la baisse des prix des hydrocarbures.
Ainsi, au plan politique, le foisonnement d'initiatives partisanes a fini par montrer ses limites, dans un contexte social, particulièrement, agacé, par une inflation soudaine, qui a frappé les produits agricoles de large consommation. De fait, le débat politique prend des allures politiciennes, qui n'intéressent pas grand monde, accentuant, ainsi, le sentiment de statu quo. Lequel semble avoir gagné les esprits de tous les Algériens, face à une donne jusque- là inédite, où l'on sent venir la crise, mais l'on ne fait pas grand-chose, pour la contrer.
Cette crise annoncée, en plus de sa dimension politique, prend des contours, disons-le sociétaux, avec le réveil de la société civile du Sud du pays, sur la question du gaz de schiste. Pour l'heure, le mouvement de protestation est, certes, limité aux régions d'exploration, mais la gestion quelque peu hasardeuse du sujet, par les pouvoirs publics, risque de donner de la «profondeur» aux revendications citoyennes et créer une autre situation, actuellement, encore insoupçonnée. La réaction ferme du P-DG de la Sonatrach et les propos parfois contradictoires des acteurs politiques représentant le pouvoir politique, plaident, au mieux, pour un statu quo, et, au pire, pour un pourrissement de la situation.
Les Algériens, qui suivent, avec une oreille discrète, les tractations entre le pouvoir central et les habitants de In Salah, de Ouargla et Tamanrasset ne sont pas à l'abri d'une manipulation, sachant les quelques propos malheureux, heureusement, étouffés, qui ont failli jeter l'huile sur le feu, par rapport à la question du gaz de schiste. Cette «métastase» évolue, pour preuve, une grève de la faim est au programme, avec, en prime, un sit-in permanent, sur le site d'Ahnet, à In Salah. La persistance de la protestation contre le gaz de schiste a constitué une aubaine, pour les partis de l'opposition, dont pas mal ont voulu saisir la balle au vol, en s'alignant sur les thèses des antigaz de schiste.
La question est, donc, devenue politique, au moment où la scène nationale traverse un «no man's land», en termes d'idée, pour redonner sa raison d'être au débat sur la gestion de la transition démocratique. Ainsi, au moment où le FLN et ses alliés au gouvernement défendent un état normal des choses, les partis de la Cnltd crient à qui veut les entendre que l'Algérie est au bord de la falaise. Les initiatives de dialogue et de consensus national lancées par les acteurs politiques de l'opposition reposent sur leur propre analyse de la situation.
Les dernières sorties partisanes ont montré que toutes ces «gesticulations» n'ont rien fait d'autre que ramener la scène politique à son point de départ, à savoir, une situation de statu quo, avec à l'horizon une grande incertitude sur comment évolueront les choses. Si pour certains, la mécanique démocratique fera en sorte de maintenir les institutions en place, qui, dit-on, survivront aux hommes, pour d'autres, l'avenir est très sombre, en raison, notamment, de l'éloignement de la société de la chose politique, mais aussi, de la nature même du système politique, en place.

Saïd BOUCETTA

 

 

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