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mercredi, 07 janvier 2015 14:38

Crise libyenne: l'Algérie isolée malgré les apparences par Kharroubi Habib

IRIB- En écartant lundi l'idée d'une intervention militaire française en Libye,
François Hollande s'est quelque peu démarqué de son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian qui a défendu ces dernières semaines avec une instance remarquée cette option auprès des Etats subsahariens voisins de l'ex-Jamahiria. Dans l'esprit de Le Drian, la France pouvait rééditer une opération militaire en Libye n'encourant pas les critiques qu'a suscités celle menée sous l'autorité de Nicolas Sarkozy, en bâtissant pour ce faire un semblant de coalition régionale sinon internationale. Ce à quoi il était parvenu à rallier la plupart des pays de la région subsaharienne, à raison, fortement inquiets des conséquences induites pour leur stabilité et sécurité nationale par le chaos régnant en Libye devenue sanctuaire et arsenal pour tous les groupes armés voulant faire du Sahel leur territoire de conquête.

Mais François Hollande qui a un moment laissé dire et faire dans ce sens son ministre de la Défense s'est ravisé au constat apparemment que la caution d'une telle coalition n'est pas suffisante car manquant dans celle-ci les deux puissances régionales voisines elles aussi de la Libye que sont l'Algérie et l'Egypte. Il est en effet clair qu'une coalition ne regroupant que la France et des Etats perçus comme faisant partie de son « pré carré » africain n'évitera nullement à Paris l'accusation de transgression de la légalité internationale.

Hollande n'a pas pour autant renoncé à prôner l'intervention militaire en Libye. Il semble manœuvrer pour que le principe de celle-ci soit prôné par un ou des Etats du monde arabe qui solliciteraient en même temps une participation française à l'opération. L'Egypte apparaît le pays indiqué pour l'Elysée. Il est vrai en effet que contrairement à l'Algérie qui est totalement opposée à une opération du genre en Libye, l'Egypte a une position pour le moins ambiguë. Elle a certes exprimé son opposition à l'option militaire prônée par la France, mais uniquement par refus du rôle principal que celle-ci entendait jouer dans sa conduite.

En fait, Le Caire n'exclut pas comme l'Algérie le principe même d'une intervention militaire dans l'ex-Jamahiria mais cherche seulement à en prendre le contrôle pour s'assurer que ce pays voisin n'échappe pas à son influence. L'Egypte est d'ailleurs souterrainement engagée dans le soutien actif à un camp protagoniste de la crise libyenne. Ce qui montre qu'elle ne prône nullement le dialogue et la négociation inter-libyens que l'Algérie tente d'organiser. Paris et Le Caire pourraient constituer un axe sur la crise libyenne pour peu que chacun admette les motivations de l'autre qui le poussent à intervenir en Libye. La France ayant entre autres celle de protéger de la contagion du chaos les Etats subsahariens étant dans son orbe et l'Egypte celle de ne pas voir supplantée son influence dans ce pays qui est sa profondeur stratégique.

L'Algérie qui poursuit contre vent et marée ses efforts pour réunir les belligérants libyens, se retrouverait dans ce cas bien esseulée dans l'exercice. Ce qui se dessine au vu des développements de la crise libyenne rendant bien aléatoire sa démarche et dont il n'échappe à personne qu'ils sont favorisés en sous-main par toutes les parties ayant intérêt au recours à l'intervention militaire.

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