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dimanche, 04 janvier 2015 15:46

Comment sauver l'Algérie de la crise pétrolière ?

IRIB-Alger doit faire face à la chute vertigineuse du prix du pétrole. Avec la hantise de revivre le scénario du choc pétrolier
de 1986. En six mois, le prix du baril d'or noir est tombé de 115 dollars à moins de 55 dollars. Comment contrecarrer cette chute vertigineuse du prix du pétrole - aubaine des non-producteurs de pétrole et cauchemar des producteurs encore en voie de développement ? La question hante les responsables du tiers-monde dont les pays cumulent plusieurs inconvénients : une importante population (Nigeria, 174 millions d'habitants, Russie, 140 millions, Iran, 79 millions) et une économie déséquilibrée axée exclusivement sur les hydrocarbures (Venezuela, Algérie). Tous se sentent fragilisés. Ainsi de l'Algérie qui veut réagir. Les hydrocarbures assurent 95 % de ses rentrées en devises et la fiscalité pétrolière, 60 % du budget de l'État. Depuis des années, Alger bâtit son budget sur la base de 37 dollars le prix du baril. Un jackpot très confortable quand le baril dépasse les 100 dollars, le surplus allant à un fonds de régulation des recettes chargé de financer le déficit budgétaire et les programmes de développement. Avec le retournement de la tendance, le fonds de régulation a diminué, passant de 70 milliards de dollars en 2013 à moins de 55 milliards aujourd'hui. Concrètement, le budget algérien a besoin d'un baril aux environs de 100 dollars pour trouver son point d'équilibre.Les responsables ont la hantise de revivre le scénario du choc pétrolier de 1986. Le baril d'or noir était tombé, en termes réels, au niveau de prix qui était le sien avant le premier choc de 1973. Alger avait mis une bonne décennie à se remettre de cette crise qui avait accru son endettement, l'avait obligé à recourir au FMI et n'avait pas été totalement étrangère à l'explosion de colère des jeunes, en octobre 1988, même si le chômage et la "mal-vie", comme l'on dit à Alger, n'étaient pas les seules raisons des manifestations. Il ne peut être question pour Alger de revivre ce cauchemar, même si les circonstances sont différentes. L'Algérie dispose aujourd'hui d'importantes réserves de change : 193 milliards de dollars en juin 2014, soit trois ans d'importations. Dans un premier temps, l'Algérie aurait souhaité que les gros producteurs de l'Opep, au premier chef l'Arabie saoudite, consentent à réduire leur production. "L'Opep doit intervenir pour corriger les déséquilibres du marché", déclarait, le 28 décembre, le ministre algérien de l'Énergie, Youcef Yousfi. Il suggérait de réduire l'excédent pétrolier de deux millions de barils par jour, alors que l'actuel niveau de production globale de l'Opep est de 30 millions de barils par jour. "Il n'en est pas question", a répliqué le ministre saoudien du Pétrole, "même si le prix du baril doit tomber à 20 dollars". Riyad ne voit pas, non plus, la nécessité d'organiser un sommet extraordinaire de l'Opep (la prochaine conférence doit se tenir en juin), comme l'a suggéré Youcef Yousfi.

 

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